Le blog de vetetix

F&BG, comme toujours

Je me suis toujours demandé comment fonctionnaient les numéros d’urgence, qui sont le 15, le 17, le 18 et le 112 pour les plus important dans l’hexagone. J’ai remarqué, à force de répondre au téléphone, et en parlant à mes collègues, que le fonctionnement du numéro qui me concerne, le 17, est plutôt méconnu. Comme tout ce qui est mal compris est en général mal utilisé, voyons cela de plus près.

Vous pouvez lire la page Wikipedia concernant le 17 pour connaître certains détails, mais comme tout ne me satisfait pas je vais y aller de ma petite explication.

Chaque brigade de gendarmerie possède un numéro d’appel à dix chiffre, comme tout le monde. Celui-ci se trouve dans l’annuaire, comme ceci :

Brigade de Gendarmerie de Falaise (14)

Vous pouvez joindre votre gendarmerie en trouvant son numéro dans l’annuaire, ou sur le site de votre mairie s’il est bien réalisé. Lorsque vous faites le 17 depuis votre téléphone fixe, le central de France Télécom traduit le numéro automatiquement pour vous rediriger vers la brigade dont vous dépendez. Ainsi, de jour comme de nuit, depuis votre téléphone fixe, faire le 17 ou le numéro à dix chiffres revient au même.

Depuis un téléphone portable, il est bien plus complexe de savoir exactement où se trouve la personne qui appelle, surtout si elle est entre deux circonscriptions, ou à la limite d’une zone Police. Si vous appelez le 17 depuis un portable, vous ne tomberez jamais directement sur la brigade du coin, mais sur le central  départemental de la gendarmerie (appelé CORG, situé à Grenoble pour l’Isère).

La nuit (de 19h à 8h), chaque brigade peut dévier l’ensemble des appels vers le CORG, histoire d’être un peu tranquille la nuit. À partir de ce moment là, que vous appeliez depuis un fixe ou un portable, vers le 17 ou le numéro direct, vous serez mis en relation avec le centre départemental. Un gendarme reste toutefois présent dans chaque brigade la nuit (dans son appartement, ou à la brigade même :-( ), pour diverses raisons, entre autres pour pouvoir être appelé par le CORG, ou recevoir les appels que le CORG lui transmet.

L’interphone qui se trouve au portillon des brigades subit le même sort. En journée il sonne dans la brigade, et la nuit il est dévié vers le CORG.

C’est simple, non ? Compliquons un peu les choses en précisant que les brigades peuvent dévier leurs appels vers d’autres brigades lorsque, pour des raisons de service, aucun gendarme n’y est présent. La musique d’accueil de la ligne doit théoriquement vous indiquer le nom de la brigade qui vous répond : « Brigade de gendarmerie de Mouscron le Bas, veuillez patienter, nous allons prendre votre appel » (ou quelque chose dans le genre).

En zone police, je pense que tous les appels du 17 sont systématiquement gérés par leur central, mais ce ne sont que des suppositions. Je vais me renseigner un peu (ainsi que sur le fonctionnement des autres numéros d’urgence), et je complèterai mon billet.

Ça y est, après beaucoup d’hésitations (et de procrastination), je viens de passer mon blog de la plateforme GandiBlog vers mon propre serveur. J’en ai d’ailleurs profité pour passer de Dotclear à WordPress.

Je reviendrai sur les détails de la migration dans un billet, parce que tout ne s’est pas passé très facilement. En particulier, j’ai un peu de mal à gérer les redirections dans lighttpd pour que certains flux rss soient toujours disponibles.

"Rho ! mais l’auto-hébergement c’est un truc de fou, il de faut une grosse sale ventilée pour y mettre un serveur énorme ! Ça chauffe et ça fait plein de bruit !"

Mais non, jeunes padawans, redescendez sur terre et regardez plutôt ces photos :

Serveur d'auto-hebergement

L’auto-hébergement, c’est ça : un modem pour se connecter à internet, et un mini-micro-serveur, sans ventilateur pour éviter le bruit et avec un radiateur pour le refroidir un peu.

Pour info, j’ai choisi de m’abonner chez Free parce qu’il me semble que c’est le FAI le plus adapté pour l’auto hébergement. Il fournit une adresse IP fixe, il ne bloque pas obligatoirement le port 25 en sortie, il propose des adresse IPv6, etc.

Pour ce qui est du serveur en lui-même, j’ai choisi d’acheter un Fit-PC2i, avec un atom 1.6GHz, 1 Go de ram, et un disque dur 250 Go en 7200tpm, le tout ne consommant pas plus de 10W en fonctionnement. Un câble ethernet pour le relier à la freebox, une prise électrique, et c’est parti. Je reviendrai plus en détail sur le choix de ce serveur dans un autre billet.

P.S. : pour ceux qui se demanderaient pourquoi j’ai deux téléphones au même endroit, c’est parce que j’ai un téléphone interne à la brigade, pour pouvoir me faire réveiller à 4h du matin. C’est utile quand on s’ennuie pendant son sommeil, ça nous permet d’avoir une occupation durant la nuit ;-) .

Auto-hébergement, me voici

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Cela faisait longtemps que je songeais à m’auto-héberger. Ce "rêve" de geek est est en train de se réaliser, car j’ai fait l’acquisition d’un petit serveur à mettre chez moi il y a quelques jours.

Je vais écrire une série de billets concernant diverses facette de l’auto-hébergement dans les semaines à venir, histoire de présenter le concept, de partager mes réflexions à ce sujet, d’expliquer mes choix techniques et de détailler ma configuration.

Qu’est-ce que l’auto-hébergement ?

L’auto-hébergement, c’est tout simplement le fait d’héberger soi-même les services web que l’on utilise. On installe sur un ordinateur personnel, placé chez soi, un blog, un site web, un serveur de courrier électronique ou de messagerie instantanée, un calendrier en ligne ou un service de partage d’images ou de vidéos.

Pourquoi s’auto-héberger ?

Le but est simple : retrouver son indépendance et le contrôle de ses données. Lorsqu’on utilise les services "gratuits" proposés par des fournisseurs tels que Yahoo!, Google ou MSN, on accepte une licence d’utilisation plus ou moins contraignante, on confie ses données personnelles à un acteur extérieur le plus souvent situé dans un pays étranger et soumis à des lois différentes de celles que l’on connaît en France concernant le respect de la vie privée, on accepte que les gens consultant notre contenu soient assaillis de publicités, et parfois, si ce n’est souvent, une partie des données générées pendant des années sur ces services est difficile, voire impossible, à récupérer.

En s’auto-hébergeant, on retrouve sa liberté car on n’est plus dépendant des décisions d’un fournisseur de services extérieur. On retrouve le contrôle de ses données, car elles se trouvent tout simplement dans des fichiers ou bases de données sur un ordinateur chez soi. Enfin, on retrouve la maîtrise de sa vie privée, car on décide de manière précise de ce qui sort de chez soi et à qui on le donne.

Comment s’auto-héberger ?

Il y a plusieurs étapes à valider avant de s’auto-héberger. Il faut bien réfléchir à ses besoins, à ses envies, et surtout à ses moyens et aux contraintes existantes.

Il faut choisir un fournisseur d’accès internet "compatible" avec l’auto-hébergement, puis il faut trouver ou acheter un ordinateur qui hébergera les services. Il faut pour finir faire le choix des services souhaités, puis des programmes qui fourniront ceux-ci sur l’ordinateur.

Quelles en sont les limites ?

J’ai identifié plusieurs problèmes qui devraient se poser à tout geek souhaitant s’auto-héberger.

Le premier problème est d’ordre financier. En effet, un ordinateur ça coûte cher et ça consomme de l’électricité. Les sommes ne sont pas forcément insurmontables, mais c’est de toute façon plus cher qu’un compte gmail (gratuit), avec du chat sur gtalk (gratuit), des photos sur picasa (gratuit) et des vidéos sur youtube (gratuit).

Le deuxième problème concerne la fiabilité du service. Un service auto-hébergé sera probablement plus souvent "hors-service" que son équivalent géré par Google ou Yahoo. L’accès internet peut sauter, le courant être coupé, le serveur piraté, etc. Ce n’est pas forcément grave dans tous les cas, et quelques solutions de prévoyance existent, mais ça peut parfois être gênant.

Le troisième et dernier problème que j’ai identifié concerne le temps à consacrer au maintient du service et les compétences requises. Je pense qu’il n’est pas nécessaires de s’étendre sur les détails pour comprendre que tout est plus simple et plus rapide à gérer sur Gmail ou MSN que sur son propre ordinateur.

Je sais, vous allez m’accuser d’être encore une fois un ennemi de Apple, de passer mon temps à critiquer la multinationale et son pdg charismatique, mais c’est plus fort que moi. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas exprimé à ce sujet sur ce blog, parce que les critiques à faire étaient toujours les mêmes. Cette fois-ci, parlons un peu de choses nouvelles : le nouveau Safari 5.

Safari 5 est sorti il y a quelques jours, apportant son lot de nouveautés classiques, principalement des nouvelles fonctionnalités liées à html5, mais l’élément nouveau nous intéressant ici est la possibilité de "supprimer" le contenu des pages web qui entoure les articles et billets. En gros, ça a l’avantage de permettre aux utilisateurs de se concentrer sur la lecture du contenu sans être dérangé par les menus, le widgets et… les pubs. Je vous laisse voir les nouveautés sur cette page.

Safari Reader, la nouveauté en question, fait l’objet d’un article très critique à son sujet, article qui fait à son tour l’objet d’autres critiques, comme par exemple sur embruns.net (ou sur Google Reader par l’illustrissime Pathfinder ;-) EDIT: en fait, non, il s’en moque complètement de Safari Reader).

Commençons par défendre la stratégie d’Apple, les critiques ultérieures n’en seront que plus crédibles. Cette fonctionnalité existe déjà sur Firefox, via l’extension Readability, donc Apple n’a rien inventé et n’a fait que l’implémenter par défaut. De plus, il existe pour Firefox des extensions bien pires que cela, comme AdBlock, dont le but est ouvertement de supprimer les pubs. Safari Reader ne bloque pas spécifiquement les pubs, mais tout ce qui ne constitue pas une partie du contenu intéressant de la page.

Maintenant que j’ai démontré mon statut de quasi fan-boy Apple en prenant leur défense, voici venir les critiques. L’extension AdBlock je ne l’utilise pas, parce que je considère que ne pas afficher les pubs c’est vouer les sites à une mort certaine. Apple n’a certes que 5% de parts de marché dans les navigateurs web, mais devrait prendre ses responsabilités en ce qui concerne le gagne pain des autres sociétés.

Si Apple s’engage dans cette voie là, la seule manière de gagner sa vie avec les clients de produits Apple, ça sera bientôt d’être forcé de passer par des applications dans l’AppStore, qu’elles soient payantes ou financées par des pubs iAd. Je comprends parfaitement que certaines personnes s’en agacent. De nombreuses personnes soupçonnent d’ailleurs Apple d’appliquer volontairement cette stratégie dans le but de nuire à son concurrent principal : Google.

Newton et Google ont donc un point en commun : une pomme leur fait des misères.

Tout cela mis à part, on retrouve ici les problèmes de piratage auquel font face les producteurs de musique ou de film, mais dans le domaine de la publication de contenus web. On s’attaque à leur modèle économique, je comprends qu’ils n’apprécient pas. Malgré tout, ces contenus là ne méritent pas un traitement différent de celui que je réserve aux films et musiques. Tant qu’un contrat acceptable me permet d’y accéder, c’est avec joie que je respecte les engagements, mais si aucun moyen raisonnable n’est mis en place pour permettre l’accès aux contenus, leur modèle économique passe à la trappe. D’ailleurs, les sites se basant sur la technologie Flash pour diffuser des pubs ne gagnent pas d’argent avec moi.

Il serait toutefois intéressant que cette histoire permette à l’industrie d’embrasser de nouveaux modèles économiques en plus des premiers. Je pense en particulier à ce que propose le service Flattr, qui se base sur de micro-dons pour rémunérer les sites, blogs et autres producteurs de contenus que l’on apprécie.

C’est assez rare pour le mentionner, je viens de lire un article sur numérama avec lequel je ne suis pas d’accord. J’aime bien ce site parce qu’en général leurs journalistes m’informent des sujets qui m’intéressent en les traitant d’un point de vue similaire au mien. Il en est ici différemment, leur point de vue concernant le sujet abordé dans l’article ne me semble pas suffisamment réfléchi.

On traite ici de déclarations de NKM, justifiant des inégalités dans le traitement des données pour certaines applications, tout en respectant les principes de la neutralité du Net, puis avançant la possibilité pour les opérateurs de fournir des abonnements variables aux internautes, que ce soit en limitant le débit ou en facturant à la consommation réelle, le tout dans le but de limiter l’engorgement des réseaux.

Des compromis sur la neutralité du net

Pour ce qui est du traitement inégal des flux en fonction de leur type, on est totalement en contradiction avec la neutralité du net, même si c’est pour favoriser la "télé-chirurgie". En soit ce n’est pas problématique, on peut comprendre que les applications qui mettent des vies humaines en jeu soient favorisée. Mais qu’est-ce qui sera considéré comme prioritaire, au final ? Si le gouvernement décide de rendre prioritaire la télé chirurgie, une fois le système en place rien ne l’empêchera de favoriser d’autres types de contenus, et là ça devient dangereux. On revient en fait à mettre en place un outil dangereux, qui n’est pas forcément indispensable (la télé chirurgie peut passer par des satellites, par exemple), et qui va ouvrir la voie à des dérives. Quoi qu’il en soit, bien que ce soit envisageable, le sujet reste sensible.

Du net pour riches et du net pour pauvres

Passons au deuxième sujet abordé, sur lequel je ne rejoins absolument pas le point de vue de Numérama : des abonnements internet à débit limité. On se croirait revenu dix ans en arrière, au début de l’adsl, lorsqu’il fallait payer plus cher pour avoir accès à plus de bande passante. Cela me semble ridicule, surtout quand on sait que ce n’est pas la bande passante qui coûte le plus cher de nos jours, mais la mise en place des infrastructures (dixit Benjamin Bayard de chez FDN). Au lieu de payer 30€ par mois pour un service de TV + TPH + internet 28M, les gens paieraient 20 ou 25€ pour du TPH + internet 512k. En effet, l’infrastructure qu’a payé le FAI permet de donner le maximum, donc le petit internaute qui ne consomme pas trop devra quand même l’amortir.

L’internaute faisant ce choix aura une expérience de seconde zone et ne sera pas autant attiré par les nouveaux usages du net (visoconférence, etc.). C’est une perte et un retard pour le développement de l’industrie des services sur internet. Malgré tout, c’est effectivement un abonnement que certaines personnes à très faible revenus choisiront. Au final, ça ne va pas pousser les FAI à optimiser leur infrastructure, uniquement à baisser les coûts liés à la consommation des abonnés, et ça va créer des internautes de seconde zone tout en n’étant pas si intéressant que ça financièrement. Il ne me semble pas judicieux de partir dans cette direction.

La facturation proportionnelle à la consommation

Troisième solution envisagée pour "désengorger le net" : faire payer les gens proportionnellement à leur consommation. On aurait donc un forfait fixe comprenant l’abonnement, l’amortissement de l’infrastructure, etc. et en plus une somme à payer en fonction de la consommation en quantité de données. À mes yeux c’est encore une mauvaise idée. Si on regarde ce qui est payé dans un abonnement, on y trouve 6 ou 7€ de dégroupage qui vont directement dans la poche de France Télécom, quelques euros (disons 5€) qui reviennent aux chaines de télévision diffusées, 3€ qui remboursent le modem et le boitier TV. Il reste moins de 15€ pour rembourser les investissements, payer les employés, investir à nouveau ou faire des bénéfices, et enfin, payer la bande passante. Si je ne me trompe pas dans mon calcul, cela ne laisse pas beaucoup de marge pour la bande passante, donc ce n’est pas ce qui coûte cher dans l’affaire. Si tout le monde doublait sa consommation, ça augmenterait le forfait de quelques euros tout au plus.

On rencontre d’ailleurs un autre problème : quelle type de bande passante coûte cher ? Est-ce que la vidéo de 100Mo que je regarde sur Youtube en provenance des USA coûte autant à mon FAI français que 100Mo de télévision via son boitier TV, ou que 100Mo de données échangées en p2p à mon voisin qui est chez le même FAI ? Tout cela n’a évidemment pas le même coût pour l’opérateur. Ce que j’échange avec mon voisin ne coûte rien à personne (les infrastructures locales suffisent), je ne devrais pas être facturé pour ça. La TV est mutualisée, optimisée, donc ça n’engorge que peu le réseau du FAI. Par contre, la vidéo Youtube pose problème, elle n’est pas en local, il faut des accords avec de nombreux intermédiaires pour la faire parvenir, ce n’est pas mutualisable, donc ça coûte cher.

En supposant que l’on paye à la consommation, si je télécharge comme un porc les films que partagent mes potes de lycée, qui habitent tous dans mon quartier, il n’est pas normal que je sois facturé autant que l’autre neuneu qui ne fait que consommer du Youtube, et du Hulu en HD provenant des USA. Si le concept de facturation à la consommation réelle est tentant, il ne me semble finalement pas applicable en raison de l’impossibilité d’estimer le coût d’un Mo transféré car trop de facteurs entrent en jeu.

Conclusions et solutions

Si j’ai bien saisi les enjeux et si je les ai bien expliqués, on peut voir que le désengorgement des réseaux ne passera pas par la création de nouvelles offres ou de nouveaux types de facturation. C’est ce que voudraient Orange et Bouygues (selon l’AFP) afin de faire de plus gros profits, mais ça n’est pas la solution adéquate.

La solution passe par une rationalisation de l’usage du réseau, en mettant à profit certains concepts comme la symétrie des connexions ou une répartition géographique intelligent des fournisseurs de contenus. Des nombreux travaux ont été menés afin de promouvoir de la diffusion de contenus par p2p, ce qui permet d’être moins dépendant des tuyaux saturés menant aux USA. Ce type d’usage couplé aux algorithmes d’optimisation géographique des échanges dans les réseaux p2p permettrait de minimiser les flux internationaux, inter-régionaux voire inter-quartier. Avec un tel système, plus de problème de saturation des réseaux, plus de dépendance à un fournisseur unique situé à l’étranger ou mutualisé chez son FAI, on prend juste les contenus chez nos voisins qui regardent les mêmes vidéos que nous. Le principal problème restant concerne l’asymétrie des lignes actuelles, mais il devrait se régler avec l’apparition des accès fibre.

Après la diffusion du reportage diffusé mardi soir à propos de la gendarmerie, je suis resté avec un arrière-goût amer. J’en ai d’ailleurs discuté avec plusieurs collègues, qui m’ont tous dit qu’ils en gardaient un sentiment mitigé.

Certes, on y a vu de beaux uniformes de gardes républicains, ainsi que des témoignages de gendarmes qui ont aidé les pompiers à compter les morts durant les inondations de cette année, et on a eu – immanquablement – droit à un reportage sur le GIGN, unité qui fait rêver beaucoup de monde, mais c’est à peu près tout.

La soirée entière était superficielle et destinée au divertissement du peuple. Les reportages étaient pour la plupart dénués de fond, comme par exemple celui montrant Corinne Touzet montant à cheval dans Paris, au côté de deux vrais gendarmes (et suivie d’une moto pour les protéger des voitures). De qui se moque-t-on, qui a décidé que cette émission contiendrait cette séquence digne de "30 millions d’amis" ?

De qui se moque-t-on, encore, lorsque seules trente secondes sont accordées à une séquence rendant hommage aux gendarmes morts en service, alors que quelques minutes plus tôt, la troupe de "Mozart l’opéra rock" a dansé et chanté pendant trois à quatre longues minutes ? Corine Touzet participait au moins à une séquence en rapport avec la gendarmerie, alors que la troupe en question semblait n’être là que pour son auto-promotion…

Bref, tout ça pour dire que je suis déçu. J’aurais aimé voir une émission parlant de "ma" gendarmerie. Certes, la gendarmerie est une, et tous les gendarmes ont une mission commune, mais quelque part je ne me reconnais pas personnellement dans le prestige de la cavalerie de la Garde Républicaine ou dans les actes héroïques du GIGN. Le travail des gendarmes de brigade n’est que rarement constitué de prestige et d’héroïsme, mais il n’en est pas forcément moins admirable ou difficile. Je ne dirai pas qu’il est facile d’être beau sur un cheval quand on passe ses journées à s’entraîner, mais ce sont les paillettes qui cachent la réalité. Le terrain, c’est des gendarmes pas toujours préparés à toutes les situations, manquant parfois d’entraînement ou de formation, à qui on demande d’être disponible, polyvalent et efficace, souvent avec des moyens limités.

C’est cela que je trouve beau en gendarmerie. C’est cette implication personnelle dans le métier, que l’on ne trouve que dans peu de professions. C’est le fait de devoir faire face à des situations imprévues, inédites, difficiles, parfois au milieu de la nuit avec un manque flagrant de sommeil. C’est le fait de se relever à 8h, après deux ou trois heures de sommeil, pour terminer cette garde à vue commencée à 4h du matin, parce que 24h c’est parfois court pour mener à bien tous les interrogatoires. Je suis conscient que mon statut de gendarme adjoint me protège encore partiellement de tout cela, mais je vois la charge de travail que supportent mes camarades officier de police judiciaire, et j’aspire à les rejoindre dès que possible.

Sans parler des horaires parfois exigeants, le métier en lui-même n’est pas enviable tous les jours. On ne côtoie quasiment que des gens ayant des problèmes, qu’elles soient victimes, auteurs, crapules, cas sociaux se faisant des crasses entre voisins depuis des mois, etc. On a vite tendance à généraliser et à croire que tout le monde est potentiellement un "client", ou que les gens "normaux" n’existent pas. En entrant en gendarmerie, je suis passé d’un état d’insouciance à un monde qui ne me montre que ses côtés les moins agréables.

En parlant d’expérience désagréable, je peux vous assurer qu’il n’y a rien de jouissif à dresser un PV qui va coûter 90€ à une personne qui visiblement a des problèmes financiers, qui est au chômage et a des enfants à nourrir. Mais bien qu’humain et sensible à la misère qui touchent les autres, le gendarme doit parfois composer avec son désir de participer à l’élaboration d’un monde plus juste et plus sûr, et l’absence de règles ne le permet pas. C’est un dilemme qui m’anime à chaque fois que je colle une amende à quelqu’un. On aimerait ne verbaliser que les "gros riches qui roulent en 4×4 avec un cigare" qui n’ont pas de problème pour payer. Malheureusement, non seulement ça ne serait pas efficace, mais surtout ça ne serait pas réaliste, les conducteurs les plus dangereux étant plutôt les jeunes de 20 ans, qui aiment la vitesse, et ont une vieille voiture sans contrôle technique et munie de pneus lisses. Contrairement à ce que disent les gens de mauvaise foi sur le bord de la route, notre rôle n’est pas de remplir les caisses de l’Etat, mais de dissuader les gens de commettre des infractions.

C’est cette facette là de l’institution que l’émission aurait dû, à mes yeux, montrer au grand public. Tout simplement parce que c’est par là que devront passer la majorité des nouveaux gendarmes. C’est bien beau de s’engager pour être membre du GIGN ou enquêteur en Section de Recherche (à la CSI/NCIS) mais la brigade territoriale (ou l’escadron mobile) est le passage obligatoire pour presque tous les gendarmes sortant d’école. C’est moins glamour, ça ressemble moins à un film d’action hollywoodien, mais c’est tout aussi admirable et ça demande autant d’engagement et de compétences pour être bien réalisé.

Je crains le pire

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France 2 diffuse mardi 4 mai au soir une émission sur la Gendarmerie, et au vu de la liste des invités, je crains le pire :

EmissionFR2Gend

La troupe de Mozart, l’opéra Rock nous aidera probablement à démêler le vrai du faux dans l’affaire Mathely…

J’ai commencé à m’intéresser au projet Open Street Map, un concurrent libre de Google Maps. En regardant la ville de Grenoble, quelque chose m’a sauté aux yeux : la différence de niveau de détails entre les deux services. Je vous laisse comparer.

D’abord la version Google Maps (cliquez pour voir la taille originale) : google_maps_grenoble.png

Maintenant la version OSM (cliquez pour voir la taille originale) : osm_grenoble.png

Notre cher Tristan Nitot national, dont la pugnacité dans la défense de l’interopérabilité et des standards du web n’ont d’égal que son absence de crédibilité dans celle des logiciels libres, partage de temps en temps des liens qui me font réfléchir.

Un grand attachement à l’information

Le lien en question a été partagé sur son compte identi.ca. Pour résumer : une boite de production crée un reportage sur les problèmes sanitaires dans la restauration, et fait en particulier deux séquences sur un McDonald et un KFC. Les reportages sont vendus à M6. Problème : McDonald est un gros annonceur sur cette chaine, qui est financée par la pub.

Le reportage est donc passé à la trappe, M6 fait passer ses intérêts financiers avant le devoir d’information qui serait censé animer tout journaliste. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi c’est de deux choses l’une : soit M6 n’a pas pour mission d’informer, mais de faire de l’argent, soit il y a un problème avec le modèle actuel de financement de l’information. C’est probablement un mélange des deux, mais les deux me semblent aussi graves l’un que l’autre.

Ce scandale impliquant M6 me rappelle pourquoi j’étais plutôt content de l’annonce de la disparition de la publicité sur les chaines publiques. Les récentes annonces de Jean-François Copé envisageant de maintenir la situation actuelle ne me plaisent pas.

Information ou divertissement ?

Toujours dans le domaine de l’information, je me rends compte que je consomme les contenus non pas pour m’informer mais pour me divertir, et ça ne me plait pas. Alors qu’on s’émeut du passage au mode payant du site du Monde, peut-être devrait-on s’intéresser à la crédibilité et à l’utilité de journaux comme 20 minutes. Les histoires de chiens crevés dont sont emplies les pages des quotidiens gratuits n’améliorent pas la société, tout au plus elles divertissent le peuple. Les véritables analyses et le journalisme d’investigation me semblent plus importants que cela, et il faut prendre garde à ce que notre paresse ne nous en privent pas, en préférant lire des articles courts et dénués de réel contenu. Je songed’ailleurs à me mettre à payer pour avoir de vraies articles, la stratégie du Monde ne me semble pas si mauvaise que cela.

C’est dans cette optique que je me suis récemment fixé quelques objectifs en terme de consommation de contenus. Je ne me prive pas de divertissements, mais je fais en sorte de consulter régulièrement des sites "plus utiles", et je me suis désabonné de tous les web comics (je songe tout de même à reprendre xkcd et boulet, parce qu’ils me manquent trop…). Moins de temps perdu sur des lolcats, plus de temps consacré à Terra Nova et Alliance Géostratégique. Dans le même genre, adieu le "zapping du net" de LCI, gardons du temps pour visionner les conférence TED (si on prend en compte la résolution pourrie du premier et qu’on la compare à la magnifique HD du deuxième, le choix est de toute façon vite fait).

Conclusion

À partir d’aujourd’hui, ma vie numérique sera faite d’un peu de divertissement pur (parce que des chats qui jouent avec une balle, c’est marrant), mais aussi et surtout de beaucoup de lectures et de visionnages intelligents, qui élèvent l’esprit au moins autant qu’ils divertissent. Commence aussi une période où il va falloir que je détermine quelle importance j’accorde à certaines choses et combien je suis prêt à investir financièrement pour tenter d’en assurer la pérennité. Un journaliste ou un programmeur ont probablement autant besoin que moi d’être payés pour vivre…