Le blog de vetetix

F&BG, comme toujours

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Cela fait extrêmement longtemps que je cherche à faire un billet sur ce que je pense de la viabilité économique des logiciels libres, de leur financement, et du rapport entre ce financement et les performances de ceux-ci ou de la qualité de leur développement. Je vais finalement faire une série de billets, pour essayer de mettre au clair mes pensées. Je le fais autant pour expliquer ma position à « mes » lecteurs que pour savoir moi-même exactement ce que je pense.

Je ne suis pas un économiste, je ne suis pas un vrai développeur, je suis encore moins un développeur professionnel. Je ne suis qu’un étudiant qui n’a pas encore de réels impératifs financiers, j’ai donc du mal à faire le tri entre tous les sentiments qui m’animent. Avant de mettre mes pensées sur papier, il faut que j’arrive à séparer celles qui sont la conséquence d’un extrémisme libriste, dans le style révolutionnaire communiste, et celles qui sont réfléchies, posées, découlant d’une analyse d’un maximum de facettes de la situation actuelle.

Une partie de moi a tendance à dire « Tout logiciel doit être libre et gratuit, et un développeur ne peut pas demander de rémunération. Ce serait contraire à l’esprit du logiciel Libre ». Ce n’est évidemment pas un discours constructif, il faut prendre en compte les nécessités financières du développement d’un logiciel de taille respectable et de qualité.

Un petit projet codé par une seule personne ou un petit groupe de développeurs, sur leur temps libre, peut se permettre d’être complètement gratuit. C’est l’équivalent d’un particulier qui décide de se porter volontaire pour une association caritative (croix rouge, wwf, resto du cœur…), ou bien pour un club sportif d’un de ses gamins. Un investissement désintéressé de son temps libre, pour faire vivre un projet, une cause, un idéal.

Le problème est tout autre pour des projets plus gros. Si un projet ne peut pas être mené à bien en ne mettant à profit que le temps libre d’un généreux codeur, aussi génial soit-il, s’il faut une équipe de codeurs à plein temps, il faut bien trouver une source de financement. Il faut payer les développeurs, leur permettre de manger et de payer leur loyer, etc. On trouve, dans cette catégories de projets, le noyau Linux, OpenOffice.org, Firefox, et bien d’autres. On ne peut dans ce cas plus considérer, bien que le projet soit sous GPL, que le logiciel doit forcément être gratuit.

Un autre problème survient quand un développeur bénévole, bien que très efficace et productif, n’est pas en mesure de faire progresser son projet chéri autant qu’il le devrait car il aurait besoin de plus de temps libre, mais qu’il doit bien garder son boulot. Il serait intéressant de pouvoir lui trouver une source de financement pour qu’il n’ai plus besoin que d’un boulot à mi-temps pour vivre, ou bien, dans le cas d’un projet en groupe, pour financer un des développeurs à temps plein, les autres développeurs gardant leur statut de généreux contributeurs bénévoles sur leur temps libre.

Je suis un grand amoureux du logiciel Libre et de sa philosophie, autant en tant que développeur/bidouilleur qu’en tant que simple utilisateur, et j’aimerais que les gens qui lisent mon blog comprennent pourquoi je m’accroche à une Ubuntu imparfaite, pourquoi je ne retourne pas sous le XP que j’ai acheté avec mon ordinateur, pourquoi je crois que le libre est un écosystème viable et qu’il ne faut pas être défaitiste dans le style « Bah, Linux c’est bien pour les geeks et pour bidouiller, mais quand il s’agit de faire des vrais trucs un MacOS c’est tellement plus confortable, osef du libre, le principal c’est d’avoir des vraies fonctionnalités ». Dans les prochains billets, je vais essayer d’expliquer quelles sont les sources de financement auxquelles je pense et que je considère comme sensées, viables, et permettant de faire avancer le logiciel libre.

Le site Rue89 vient de sortir un petit dossier en quatre parties traitant du MIDEM, un salon de l’industrie musicale :

En le lisant, certains éléments m’ont semblé intéressants.

Il s’est vendu plus de 66 millions d’albums en France l’année dernière. Cela représente donc à peu près un album par personne. Comme j’en ai acheté entre dix et quinze, je suis un très mauvais pirate… Ce n’est pas avec moi qu’ils arriveront à représenter une caricature de pirate qui fait du mal au monde de la musique.

Le reste de la première partie confirme ce que je pensais. Tout d’abord, les maisons de disque s’en mettent plein les poches grâce aux produits dérivés et aux concerts. Ensuite, les disques qui perdent le plus de revenus sont les singles ou CD deux titres, vendus principalement en grande surface, et comme en général c’est plutôt de la très mauvaise musique (illona mitrecey, pinochio, crazy frog et autres), ce n’est pas très grave. Ensuite, ils sortent deux ou trois généralités pour dire que le CD suit la même voie que le vinyle et pour basher sur les DRM (comme s’ils avaient toujours été contre et qu’ils nous délivraient courageusement).

La deuxième partie nous rappelle qu’il y a des procès, et qu’il va devenir nécessaire pour les internautes de télécharger illégalement leur musique sur rapidshare (de toute façon, quelqu’un ne voulant pas payer sa musique ne la paiera pas, il faut juste qu’il trouve un moyen de le faire sans être attrapé). Ensuite, on voit d’autres exemples de produits dérivés que l’industrie musicale est en train de monétiser (comme vendre des clips musicaux… mmmmh… il y a des gens qui achètent des clips musicaux ?). Qui a dit que c’était la crise ?

La troisième partie parle des nouveaux acteurs, maisons de production innovantes, diffuseurs, etc. Visiblement, ce n’est pas la crise pour eux, puisqu’il en pousse comme des champignons. On remarquera tout de même que tous ces nouveaux venus tournent autour de l’internet et ou du portable, preuve que les reproches faits à l’industrie du disque ces dernières années portent peu à peu leurs fruits. Internet est un potentiel, pas un problème, ils commencent seulement à s’en rendre compte (enfin, c’est plutôt d’autres personnes qui s’en sont rendu compte, et qui en profitent au dépend des anciens acteurs).

La quatrième et dernière partie du dossier, traitant de la gratuité et du financement par la publicité, est celle qui me semble la plus problématique. Ils donnent l’exemple de deux des plus gros acteurs qui se financent par la pub : Deezer et Airtist. Deezer génère moins de 150.000€ par an de revenus pour la SACEM, et Airtist, bien que plus rentable par titre, n’a généré en 2008 que 50.000€. C’est vraiment très peu, et jamais les producteurs ne s’en accommoderont. Ce n’est pas plus mal d’ailleurs, car je n’aime pas le financement « par la pub », d’une manière générale. Ça augmente le prix d’autres produits, en générale des produits alimentaires, et ça insère des intermédiaires dans les chaines de financement des artistes.

Et pour finir en beauté, voici une super citation intelligente :

tant que le téléchargement illégal existera, faussant les mécanismes du marché, il sera difficile de trouver le juste prix de la musique en ligne.

On prend le téléchargement illégal comme la cause de tous les maux de cette industries, et non comme la conséquence inévitable de ses faiblesses et de l’avidité de ses acteurs, comme ça on a un coupable facilement identifiable… Bordel de merde, vendez de la musique digitale à 50ct le morceau, sans DRM, sans faire de pub et en supprimant les intermédiaires et les coûts inutiles (distributeurs et autres), ça fera masse d’argent pour les artistes/techniciens/producteurs. Ça cassera les habitudes de piratage des gens, et ils iront toujours aux concerts pour vous faire gagner encore plus d’argent si vous êtes bons.

Il faut arrêter de prendre les gens pour des débiles, à leur vendre des morceaux à 1€30 dont le tiers ou la moitié va au distributeur final, alors que l’artiste lui-même serait presque capable de louer une dédibox et de récupérer plus d’argent en vendant ses morceaux lui-même à 30ct…

Je me pose quelques questions à propos de ce qu’on doit penser de Mono, l’implémentation libre de .NET. En effet, si on suit la logique de la FSF, on devrait éviter d’utiliser ce genre de technologies plus ou moins « fermés », plus ou moins « propriétaires » et contrôlées par Microsoft (c’est pas moi qui le dit, c’est RMS lui-même).

Le problème, c’est que à propos d’une technologie un tantinet plus fermée que Mono, j’ai nommé Flash, la FSF et Stallman militent pour le développement et l’utilisation de son implémentation libre Gnash.

Y aurait-il là un double discours, avec d’un côté un refus d’utiliser une technologie parce que ses spécifications, bien que publiques, ne sont pas « Libres », et de l’autre, une incitation à utiliser une technologie à peu près équivalente mais dans son implémetation libre ?

Je dois avouer que je m’y perds un peu et je ne sais que penser, ni comment interpréter ces deux discours. Peut-être RMS tient-il un tel discours à propos de Flash parce qu’il sait qu’on ne peut plus l’éviter, alors que pour Mono, on peut toujours…

En ce moment j’ai du temps à perdre, et j’ai décidé de remettre un peu d’ordre dans mes affaires (comprenez « ranger mon ordi, faire mes sauvegardes, lire les pages que j’ai marqué comme “à lire” ». Je me suis donc mis à fouiller dans mes bookmarks read-it-later, dont les éléments s’accumulent depuis plus de neuf mois sans que j’y touche.

Je suis tombé sur un article traitant de la licence globale (je vous conseille vraiment la lecture de l’article wikipedia, j’y a appris un certain nombre de choses), et je me suis aperçu que ma conception d’une économie équitable dans le domaine des œuvres culturelles s’en approchait fortement.

J’ai été agréablement surpris de voir que le problèmes que je me posais dans ma tête est exactement celui qui est exprimé sur la page Wikipedia : « Le problème réside dans le fait que toute donnée numérique peut en principe être copiée à l’infini, sans l’utilisation d’une quelconque matière. La licence globale cherche donc à trouver un compromis entre cette réalité, et la nécessité de rémunérer les ayant droit ».

Ce que veulent les ayant droit

De ce côté-ci, c’est malheureusement assez clair. L’objectif des différents acteurs du marché est très clairement de gagner le maximum d’argent. Ils souhaitent considérer leurs produits non pas comme des œuvres culturelles, mais comme de simples produits commerciaux (d’ailleurs, dans beaucoup de cas on est d’accord avec eux, ce n’est pas de la culture ^^).

Tous les artistes n’ayant pas cette mentalité, mettons de côté cette volonté de gagner le maximum, et accordons leur le droit à vouloir gagner bien leur vie en exerçant leur métier.

Le modèle actuel, malgré tout ce qu’on voudrait nous faire croire, n’est absolument pas en leur défaveur. Il permet aux artistes d’être très bien rémunérés. Je ne crois pas que les revenus des principaux artistes aient sensiblement baissé. Ils vendent peut-être moins de CD, mais gagnent toujours autant grâce aux produits dérivés et aux concerts.

D’ailleurs, la plupart des artistes, du moment qu’ils ont du talent, sont capable de vivre sans vendre de CD, simplement en faisant des représentations en public (concerts, ou musique dans les bars, etc.). C’est peut-être une situation précaire pour certains, mais bon, personne ne les force à être artistes, ils ont le droit d’aller travailler chez macdo s’il le souhaitent.

Et puis, si on regarde les différentes statistiques, ce n’est pas la musique des petits artistes qui est piratée, c’est celle des gros qui sont super riche, donc il ne faut pas essayer de faire culpabiliser les internautes.

Ce que veut le peuple

Le peuple, c’est nous, c’est moi, c’est vous. Ce qu’on veut, c’est avoir accès à la plus grande quantité possible de culture pour le meilleur prix. Je ne crois pas connaître de personne qui annonce clairement qu’il souhaite avoir tout gratuitement, toujours, dans tous les cas.

Notre objectif, du moins le mien, et d’avoir accès à l’ensemble de la culture de manière équitable. Pouvoir écouter toute la musique que je veux, voir tous les films et les séries dont j’ai envie, sans me ruiner, mais en rémunérant tout de même les « artistes » (entre guillemets parce qu’il y a aussi d’autres acteurs à rémunérer, pas uniquement les artistes).

Pourquoi le système actuel n’est pas satisfaisant

Le système actuel est plus ou moins satisfaisant, mais il est bancal.

Du point de vue du consommateur, il faut prendre en compte plusieurs éléments. Tout d’abord, chaque individu a un budget maximal qu’il peut allouer à l’achat de contenu culturel. Certaines personnes (dont moi), essayent d’être équitables (avec plus ou moins de réussite, je vous l’accorde), et achètent un certain nombre de CD, de musique en ligne, de VOD. L’année dernière j’ai dépensé plus de 200€ en CD. Je ne sais pas si c’est beaucoup, mais ça pèse beaucoup sur mon budget, surtout si on ajoute les sorties au cinéma, et le surcoût, réparti sur mes produits alimentaires, engendré par la pub (qui a payé pour les films et les séries que j’ai vu à la télé).

Pour résumer, j’ai payé beaucoup d’argent, mais je n’ai accès légalement qu’à une quantité réduite de contenus. Je suis dans l’incapacité financière de payer plus, je dois donc pirater pour accéder au reste de la « culture ». Certaines personnes ne s’embarrassent pas de ces considérations d’équité ou de justice, et se disent que tant qu’à faire, s’il faut pirater autant le faire dès le début.

Je n’ai que peu de considération pour le point de vue des ayant droit, car je pense vraiment qu’ils gagnent énormément d’argent malgré les faiblesse du système. Ils s’en sortent très bien, ils ne sont pas à plaindre. Ce qui me gêne, c’est qu’ils essayent de nous imposer un système basé sur la rareté de l’offre, à un tarif élevé, au lieu de profiter de l’abondance de l’offre à un coût faible. Dans les deux cas ils peuvent gagner (très confortablement) leur vie, mais comme ils ont moins de contrôle sur le deuxième cas, ils s’en méfient.

Comme ils commencent à se rendre compte qu’il va leur être très difficile de faire appliquer la loi tant qu’ils joueront sur la rareté, et que ça risque de faire complètement vaciller leur système si tout le monde se met à télécharger illégalement, beaucoup d’acteurs du marché semblent prêts à étudier les questions de licence globale et d’abondance pour le consommateur. Profitons-en.

Qui est contre la licence globale ?

Certains acteurs y perdront : Neuf, iTunes, la FNAC, etc. Pour simplifier : tous les intermédiaires. La licence globale fera que les artistes et les maisons d’édition ou de production seront rémunérés, mais elle met de côté les intermédiaires. En effet, puisqu’il n’y aura plus besoin d’acheter de CD, la FNAC ne pourra plus en vendre. Puisqu’il n’y aura plus besoin d’acheter ses mp3 en ligne, iTunes ou Amazon n’en vendront plus. Il est donc logique de voir le patron de la FNAC s’exprimer sur le sujet uniquement pour le critiquer et tenter de faire croire qu’il n’est techniquement pas réalisable.

Le danger des licences « privées »

C’est ce qu’on voit arriver avec certaines offres commerciales. Comme il n’y a pas d’autres moyens légaux d’avoir accès à toute la musique possible de manière légale sans se ruiner, beaucoup de consommateurs sont tentés par des offres payantes, autour de 10 ou 15€/mois, pour avoir accès à tout un catalogue, mais malheureusement souvent uniquement au catalogue de certains majors, rarement à celui des petites maisons de production, et quasiment toujours en devant accepter des DRM.

Cette situation tend à favoriser la création de monopoles, voire de vente liée dans le cas où une offre est liée à la possession d’un matériel unique (musique sur itunes = achat d’un ipod pour pouvoir la lire, musique illimitée sur Neuf = souscription à une offre internet chez Neuf… — itunes vient d’annoncer qu’ils avaient réussi à se débarrasser des DRM, c’est une bonne chose, mais toutes les plateformes de musique illimitée en sont encore munies), et ce n’est absolument pas acceptable, car ce n’est pas dans l’intérêt des consommateurs, ni dans celui de la culture et des artistes indépendants, car cela donne trop de pouvoir à trop peu de distributeurs différents.

On peut comparer ça à ce qu’il se passe actuellement avec les offres UGC Illimité. Pour pas trop cher on a un abonnement illimité chez UGC, donc on peut aller voir toutes les séance à n’importe quel heure. Cela paraît idéal, mais il faut étudier le revers de la médaille : on est obligé d’aller à UGC, donc si on veut voir un film d’un cinéaste alternatif, c’est mort, si on veut uniquement de la VO, c’est mort, etc. À l’heure actuelle, si on veut aller beaucoup au cinéma sans se ruiner (mais en soutenant tout de même la production de films), on est obligé d’accepter les règles du plus gros acteur du marché (UGC), et on condamne les petits cinémas à fermer, avec eux les films d’auteur et les productions indépendantes (si on paye 20€ par mois pour l’UGC Illimité, c’est pas pour accepter de payer 8€ pour une place au petit cinéma du coin).

Le principe des licences privées pour la musique est le même que celui des abonnements UGC Illimité. Accepter l’idée d’une licence globale aurait un effet bénéfique dans ce domaine, en rétablissant un équilibre des forces dans la profession.

Un contrôle centralisé ?

Le gros problème avec la licence globale, que ses détracteurs n’hésitent pas à brandir sous prétexte de protéger les consommateurs, est que si c’est techniquement possible, cela se fait dans un respect approximatif de leur vie privée.

Il y a plusieurs possibilités techniques pour faire payer les gens. Soit une licence vraiment globale (tout le monde paye du moment qu’il a un accès à internet), soit une licence facultative illimitée (les abonnés souscrivent à une option de téléchargement illimité, qui les met à l’abris de toute poursuite judiciaire, soit, pour finir, une licence (facultative ?) au pro rata de l’utilisation.

Dans tous les cas, il doit y avoir une surveillance des réseaux, pour savoir ce qui est téléchargé (pour savoir qui doit être rémunéré, de manière proportionnelle), ou bien pour savoir qui télécharge quoi (dans le dernier cas principalement). Cela peut poser des problèmes de confidentialité des informations, mais est-ce vraiment un problème ? Y a-t-il des cas où ce qu’on écoute ou regarde pourrait être espionné par les services secrets ou une autre branche secrète à la solde du pouvoir ?

Quel prix ?

La question du prix est primordiale. En effet, avant de répartir l’argent récolté entre les différents acteurs, il faut savoir de quelle cagnotte on dispose.

Le modèle économique qui semble être communément accepté est que chaque abonné à internet paye une somme fixe, ce qui remplis une cagnotte, qui est ensuite répartie proportionnellement entre les artistes : beaucoup d’argent pour ceux qui ont été beaucoup téléchargés, et peu d’argent pour ceux qui ne l’ont pas été. Mais qui fixe le tarif ? On parle de 5 ou 7€ par mois et par abonné, mais que se passe-t-il si les grandes maisons de disque s’accordent pour exiger une meilleur rémunération ?

Je pense que le problème peut se régler de lui-même (surtout qu’un tarif de 5€/mois peut facilement créer une cagnotte de près d’un milliard d’euros par an au total, ce qui fait beaucoup d’argent). De plus, à l’heure actuelle, on voit déjà que les maisons de disque sont obligées de se plier aux conditions des radios concernant leur rémunération. Un accord entre les ayants droit, l’état, la SACEM et d’autres acteurs n’est donc pas une utopie.

Quelles œuvres ?

Un élément me fait toutefois peur. Les conditions étant dictées par un organisme central, que se passe-t-il si une maison de production, qu’elle soit grosse ou indépendante, n’en est pas satisfaite ? Assez clairement, si ce système est mis en place, il deviendra incontournable. Un internaute payant la licence globale aura très naturellement tendance à considérer que toutes les musiques, films et séries sont accessibles gratuitement. Il serait illusoire, surtout en connaissant la situation actuelle, de croire que l’internaute moyen, prenant l’habitude de télécharger à tout va gratuitement, fasse la part des chose entre les œuvres auxquelles il a droit et celles dont les auteurs ne participent pas au mouvement car ils n’en ont pas accepté les conditions.

Quand on sait que de nos jours il est déjà impossible de poursuivre les « pirates », imaginez ce que ce sera quand quasiment tous les français téléchargeront quotidiennement, et qu’en plus ils seront réellement de bonne foi. Tous les producteurs d’œuvres culturelles seront donc obligées de participer au mouvement, même si cela ne leur plaît pas.

Du moment que le pouvoir centralisé qui régule tout cela est réellement juste, qu’il agit en prenant en compte les intérêts des gros acteurs autant que ceux des petits, ainsi que l’intérêt commun de la société et de la culture (la vraie, pas celle que voudrait nous vendre NRJ), je pense qu’il n’y a pas de soucis à se faire. Par contre, en ces temps de Sarkozisme il faut être vigilant.

Enfin, un autre problème se pose. Quelle version d’une œuvre tombe sous le coup de la licence globale ? Est-ce que des screeners de films sont autorisés alors que le film vient de sortir au cinéma ? Est-ce qu’on peut diffuser des .wave ou des .flac de œuvres musicales, là où les maisons de productions voudraient qu’on se limite à du mp3 bas débit ? J’imagine qu’une réglementation stricte à ce sujet (sortie des films en DVD/Divx un ou deux mois après la sortie au cinéma, etc.) pourra régler tous les problèmes techniques, mais il faut y penser avant de faire n’importe quoi.

Sous quelle licence d’utilisation des œuvres ?

On pourrait croire que dans le cas d’une licence globale il n’y aurait plus vraiment de problèmes de licences, mais il y en a toujours. Qu’ont le droit de faire les internautes avec les fichiers qu’ils ont téléchargés ? J’imagine que les restrictions existant actuellement s’appliqueront, c’est à dire qu’ils n’auront pas le droit de la rediffuser à des personnes n’y ayant pas droit.

Que se passera-t-il si un internaute « extérieur » vient télécharger une œuvre ? Dans la situation actuelle, cela veut dire que vous avez diffusé (upload) un contenu illégalement, et c’est puni plus sévèrement par la loi que le simple download. Cela voudrait-il dire qu’il faudrait utiliser un réseau de partage séparé, auquel n’auraient accès que les gens payant la licence globale ? Le FAI serait alors responsable du contrôle de qui a accès à quoi, et ça mettrait de côté d’autres réseaux p2p ouverts (torrent, ou edonkey).

Enfin, que pourrait faire un internaute ayant payé la licence globale à une époque, mais ayant résilié son « abonnement » ? On peut se retrouver dans une situation de « all you can eat buffet », où certains internautes prendrait un abonnement pour seulement un temps limité, histoire de télécharger comme des porcs pendant ce temps, puis arrêteraient de payer par la suite. Auraient-ils le droit d’écouter la musique qu’ils ont téléchargé alors qu’ils ne payent plus ? Dans les faits, j’imagine qu’une souscription à l’année, un peu comme la redevance télé, réglerait ce problème.

Les alternatives à la licence globale

Il n’y a que peu d’alternatives viables à cette licence globale. Tous les modèles actuels d’exploitation des œuvres culturelles ont soit montré leurs limites (dans le cas de la distribution classique), soit montré qu’elles sont dangereuses pour le consommateur (avec l’utilisation de DRM ou la liaison forcée à d’autres services/produits).

Les autres alternatives, dont je n’ai pas encore parlé, concernent principalement la musique libre, avec des œuvres gratuites, rémunérées par dons ou par prix « au bon vouloir de l’acheteur ». Ce sont des modèles économiques qui ont leur limitations, mais qui ne sont pas inenvisageables. On fera remarquer qu’un des albums les plus vendus sur Amazon cette année (celui de Nine Inch Nails) était sous licence CC, donc à priori gratuit.

Un avantage tout de même pour la licence globale, c’est que des artistes libres pourraient très bien sortir leurs œuvres sous une licence libre, tout en entrant dans le système. Nous aurions donc des œuvres libres, que nous téléchargerions gratuitement en p2p, et les artistes seraient quand même payés par la cagnotte globale.

Conclusion

Comme vous pouvez le voir, je suis plutôt favorable à l’idée d’une licence globale. Je ne me souviens pas bien de ce que j’en pensais il y a quelques mois, mais voilà mon avis maintenant que je me suis un peu documenté. Je suis prêt à payer 5, 10 ou 15 euros, voire un peu plus, pour avoir le droit d’accéder à toutes les œuvres culturelles existantes, du moment qu’on nous donne des œuvres de qualité (les mp3 en 128kbps ou les Lord of the Ring en trois CD, ça fait pas très sérieux).

Aucune solution n’est parfaite, il y aura toujours des personnes non satisfaites. Il faut trouver un équilibre, et un système de licence globale s’en approche peut-être. Une licence globale aura l’avantage de forcer les producteurs de contenu à diffuser sur les réseau de partage des fichiers de bonne qualité, pour pousser les internautes à les télécharger (sans quoi ils ne seront pas rémunérés).

La culture se diffuse, les internautes ont accès à un buffet « gratuit » de contenu, les artistes et producteurs sont rémunérés (en plus des concerts, des places de cinéma ou des ventes à la télé), et tout le monde est content.

Connards du libre

Pas de commentaires

Cela fait longtemps que je dois faire un petit billet sur le thème « Les connards du Libre ». Je l’avais décidé il y a très longtemps, je me l’étais rappelé il y a longtemps, et je ne m’y mets que maintenant. C’est la lecture d’un article traduit sur le Framablog qui me l’a rappelé.

Rappel des faits

Début novembre, l’APRIL a lancé une campagne d’adhésion et a choisi Tristan Nitot, président de Mozilla Europe pour représenter cette campagne.

Jusque là, on se dit que tout va bien. Une grosse association de défense du libre choisit une des personnalité française les plus connues dans le milieu pour la représenter, rien de plus normal.

Seulement, lors de l’annonce sur LinuxFR, la nouvelle a été assez mal accueillie. Le premier commentaire a d’ailleurs critiqué ce choix de personnalité, estimant que Tristan Nitot ne représentait pas les idéaux de l’APRIL.

A suivi, sur le Standblog, ainsi que sur d’autres blogs, un mouvement de protestation, sur le thème de « Connards du Libre », contre cette catégorie de personnes qui ne viennent commenter sur LinuxFR que pour critiquer, troller, râler.

Analysons un peu la situation

Il est vrai qu’il y a un certain nombre de problèmes dans la communauté du libre. Le premier point traduit dans le Framablog le dit clairement : de nombreux utilisateurs se trompent d’ennemis, et se mettent à critiquer sans réelle justification tous les projets qu’ils n’utilisent pas. Il y a ainsi de très nombreux trolls dans les commentaires de LinuxFR.

Je ne leur jette pas pour autant la pierre. Personne n’est parfait, et la plupart du temps ces personnes ne trollent que parce qu’elles n’ont pas une connaissance assez vaste de l’ensemble des projets dont elles parlent. D’ailleurs le point 6 de l’article mentionne le fait que « il semblerait que ceux qui passent leur temps à cracher sur Microsoft ne contribuent jamais à aucun projet ».

Même si Tristan Nitot mentionne que ces « Connards du Libre » sont une minorité, il y a quelque chose dans sa façon de décrire les choses qui me dérange. On a l’impression, en l’écoutant, qu’il n’y a que dans le libre qu’il y a ce genre de personnes ou ce genre de comportements. Or, ce n’est pas du tout le cas, il y a autant de gros cons dans le monde de Windows ou dans celui de Mac OS.

Les fan-boy Apple sont tout aussi chiants que les trolleurs sur LinuxFR. Si quelqu’un va sur un forum Mac pour dire que « Linux c’est bien, mangez-en », il ne faut pas attendre longtemps pour voir apparaître de nombreux messages de haine envers Linux de la part des Fan-Boy Apple. Si un utilisateur de MacOS vient sur LinuxFR et prétend devenir le représentant national de la cause du Libre en France, il ne faut pas s’étonner d’avoir ce genre de réactions.

Le vrai problème

Le problème est malheureusement bien plus profond qu’un simple troll. Tristan Nitot a beau être un représentant idéal pour Mozilla, il n’en reste pas moins un utilisateur de MacOS, et ça se sait. Son discours est le suivant : « Firefox c’est bien, mangez-en » (jusque là tout va bien, car même si Firefox n’est pas parfait, il pousse quand même tous les navigateurs dans la bonne direction). Si on analyse son discours un peu plus loin, on obtient quelque chose du genre : « Firefox c’est bien, le logiciel libre c’est bien, mais je n’utilise pas Linux parce que c’est pas assez bien. Je préfère utiliser MacOS, car même si je perds ma liberté et si ce faisant je soutiens la mentalité liberticide de Apple, je préfère gagner un peu d’autonomie et de confort sur mon ordi personnel ».

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je ne vois pas comment un utilisateur de logiciel libre, adhérant à l’APRIL, connaissant les problèmes auxquels fait face la philosophie du Logiciel Libre, peut accepter d’être représenté de manière plus ou moins officielle par quelqu’un tenant ce discours. Il est pour moi tout à fait normal que des commentateurs sur LinuxFR critiquent la décision de l’APRIL de choisir Tristan Nitot. C’est d’ailleurs en substance le point 9 de l’article du Framablog dont il est question, sauf qu’au lieu d’accepter d’avoir un peu de logiciel privateur dans un environnement libre, Tristan Nitot affirme qu’il est acceptable d’avoir un environnement privateur, du moment qu’on a un peu de libre par dessus…

Si c’est ça, être un « Connard du Libre », et bien sachez que je serais très fier d’être considéré comme tel. Je n’ai pas participé aux commentaires de l’annonce LinuxFR, mais j’en aurait été capable et mon discours n’aurait pas plu à Tristan Nitot.

Je viens le lire un billet intéressant à propos de la propriété de l’information. L’auteur y explique que de nos jours il n’y a plus de propriétaire des informations qui circulent, que Facebook est tout autant propriétaire de ce qu’on lui donne que nous. Il affirme que de toute façon il n’est pas nécessaire que l’on soit propriétaire de nos informations personnelles, étant donné que de toute façon le service web qui les héberge ne les détient que jusqu’à ce qu’elles soient erronées.

Ce qui me fait peur dans cet article, c’est que l’auteur fait partie du projet Data Portability, qui a pour but d’améliorer la portabilité des informations sur le net, et le contrôle des données par la personne qui les a créées. Pourquoi un site web devrait-il donner le contrôle des données à une personne ne les possédant pas, même si elle en est l’auteur ? L’auteur du billet affirme tout de même qu’il est important que l’utilisateur ait son mot à dire quand à ce que le site web peut faire avec ces données, mais je trouve son discours assez étrange.Comment peut-on d’un côté soutenir un projet visant à redonner à l’utilisateur le contrôle de ses données, et de l’autre penser que l’utilisateur n’est au final pas propriétaire de ces mêmes données.

Il faudrait demander à la CNIL ce qu’elle en pense. J’imagine qu’elle serait horrifiée d’apprendre que certaines personnes pensent que les utilisateurs ne sont pas propriétaires de leurs informations…

Après la lecture d’un intéressant article sur zdnet, je me suis dit que j’avais deux ou trois idées à mettre sur papier (ou devrais-je plutôt dire sur écran ?).

Ainsi donc, l’infâme loi, qui a été taclée par le Parlement Européen semble avoir été notablement modifiée. En tout cas, son élément le plus inacceptable, la suspension de l’abonnement et la mise en place d’une liste noire de personnes interdites d’internet. La modification de la loi, et les débats qui sont en cours me font plutôt plaisir.

On a donc toujours une riposte graduée, ce qui permet de ne pas punir trop vite les petits délinquants du net. Ils ne risqueraient d’ailleurs plus de se faire couper leurs connexions, peut-être juste une amende. Christine Albanel semble par contre s’y opposer (euh… depuis quand on refuserait de mettre en place des amendes parce qu’il y a des riches et des pauvres ? C’est un système qui existe dans les pays nordiques, avec des amendes proportionnelles au revenus du contrevenant, mais c’est un concept dont je ne connaissait pas l’existence en France).

En plus de décriminaliser le piratage, et de le ramener à un niveau de délinquance (j’espère ne pas me tromper dans les termes), les débats portent sur ce que les ayants droits, c’est à dire les producteurs et distributeurs de contenus multimédias, proposent une alternative acceptable à ce piratage. En effet, je crois que je l’ai déjà dit sur ce blog, la plus grosse raison pour laquelle les gens piratent de la musique, des série télé. Après la lecture d’un intéressant article sur zdnet, je me suis dit que j’avais deux ou trois idées à mettre sur papier (ou devrais-je plutôt dire sur écran ?).

Ainsi donc, l’infâme loi, qui a été taclée par le Parlement Européen semble avoir été notablement modifiée. En tout cas, son élément le plus inacceptable, la suspension de l’abonnement et la mise en place d’une liste noire de personnes interdites d’internet. La modification de la loi, et les débats qui sont en cours me font plutôt plaisir.

On a donc toujours une riposte graduée, ce qui permet de ne pas punir trop vite les petits délinquants du net. Ils ne risqueraient d’ailleurs plus de se faire couper leurs connexions, peut-être juste une amende. Christine Albanel semble par contre s’y opposer (euh… depuis quand on refuserait de mettre en place des amendes parce qu’il y a des riches et des pauvres ? C’est un système qui existe dans les pays nordiques, avec des amendes proportionnelles au revenus du contrevenant, mais c’est un concept dont je ne connaissait pas l’existence en France).

En plus de décriminaliser le piratage, et de le ramener à un niveau de délinquance (j’espère ne pas me tromper dans les termes), les débats portent sur ce que les ayants droits, c’est à dire les producteurs et distributeurs de contenus multimédias, proposent une alternative acceptable à ce piratage. En effet, je crois que je l’ai déjà dit sur ce blog, la plus grosse raison pour laquelle les gens piratent de la musique, des série télé ou des films, c’est qu’ils n’ont pas accès à des offres légales acceptables.

Tout cela est, je trouve, une bonne nouvelle, car cela va accélérer l’apparition d’offres de VOD convenable, techniquement acceptables (pas de drm, formats lisibles sur tous les lecteurs), et à un prix abordable (2€ l’épisode de Heroes sur TF1 vod avec des drm, regardable une ou deux fois tout au plus, ça fait à peu près 45€ la saison et c’est tout bonnement inacceptable. Les coffrets DVD sont moins cher que ça avec un visionage illimité, des bonus, une meilleure qualité, etc.).

L’avenir nous dira si j’ai raison d’être optimiste, donc on en reparlera dans quelques mois.

Passage à l’heure d’hiver

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Aujourd’hui, soit avec quatre jours de retard, je me suis décidé remettre à l’heure toutes mes montres/horloges/appareils divers. J’ai découvert dans la douleur qu’on était passé en heure d’hivers en essayant d’aller faire des courses à Carrefour à l’ouverture du magasin…

Autre douleur, celle de remettre à l’heure tous mes appareil. Le temps où dans une maison il n’y avait qu’une seule horloge centrale à mettre à l’heure est révolu, nous avons maintenant de nombreux appareils, parfois plus d’une dizaine, qui possèdent une horloge interne, et qu’il faut donc mettre à l’heure deux fois par an. Si mon ordinateur s’était bien synchronisé avec un serveur ntp, et que mon N810 avait bien pris en compte le changement d’horaire (mais il avait quand même quelques minutes d’erreur, vu qu’il ne se synchronise pas avec un serveur ntp), tous mes autres appareils ont dû être mis y jour manuellement.

Ma première montre (une Festina d’entrée de gamme à aiguille), ma deuxième montre (une Nike digitale, pour faire du sport), mon (un de mes) lecteur(s) MP3, mon radio-réveil (qui perd l’heure à chaque coupure de courant, c’est très pratique et pas chiant du tout), mon appareil photo, ma télévision, ma Wii, ma DS, mon thermomètre/baromètre (qui peut faire réveil et tout). J’ai laissé de côté les appareils que je ne vois jamais, comme ma TI-89, et j’en ai sûrement oublié d’autres. Au final, il m’a bien fallu 10 à 15 minutes pour tous les modifier. Si on prend en compte le fait que j’habite dans une simple chambre, donc que j’ai tous ces appareils à porté de main sans avoir à monter/descendre des étages, ni même à changer de pièce, imaginez la perte de temps que c’est pour la plupart des gens.

Quand est-ce qu’on va enfin arrêter de nous faire changer d’heure inutilement deux fois par an ? C’est une perte de temps, une corvée inutile, ça plombe le moral à tout le monde en hiver (même si on gagne une heure de sommeil, le soleil se couche une heure plus tôt le soir), idem en été (on perd une heure de sommeil un jour), et surtout, problème d’envergure nationale, internationale, même : ça me fait chier (ben oui, déjà que la séparation jour/nuit, j’en ai rien à faire, alors le décalage d’une heure histoire d’économiser des bougies, ça ne m’intéresse guère).

Dans le même domaine, quand est-ce qu’on passera enfin à l’heure solaire ? C’est bien beau de décaler d’une ou deux heures, mais ça ne change pas grand chose, sauf qu’après les gosses (et les gens qui se posent des questions), ne comprennent pas pourquoi en été le soleil est au plus haut dans le ciel à 14h, et non pas à midi. Ce serait bien plus logique. Je me souviens que quand je faisais du scoutisme, pendant le camp scout de deux semaines en juillet, on nous faisait passer nos montres à l’heure solaire, de manière à ne pas perdre de précieuses heures de soleil le matin.

Hallucination

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En effet, j’ai l’impression d’halluciner… Thawte.com, une autorité de certification reconnue, en particulier pour le fait qu’elle propose de créer des certificats S/MIME (pour signer ses mails), ne signe pas ses propres mails…
Je viens de lire un article sur le blog de la FSF et je dois avouer que la politique d’Apple me donne envie de vomir. Ils n’ont aucun respect pour l’utilisateur et prétendent limiter certaines fonctionnalités pour protéger celui-ci des risques qu’apporterait une plus grande liberté d’utilisation. Ce faisant, ils détruisent toute possibilité de diversification, toute possibilité de concurrence. Ils se donnent le droit de choisir qui est autorisé à écrire une application pour leur iphone, c’est n’importe quoi.

Le plus grand problème dans cette situation, c’est que je ne vois pas comment on va pouvoir s’en sortir. Dans le cas d’un constructeur qui se baserait sur du logiciel libre, la GPL v3 a prévu ce genre de pratique et l’interdit (suite aux pratiques de TiVo, dont le firmware est basé sur Linux mais qui utilise un système de DRM qui empêche d’installer ou de modifier des programmes existants), mais on ne peut actuellement rien faire légalement contre des constructeurs comme Apple. De plus, Linus Torvald, développeur principal du noyau Linux refuse de passer son code en GPL v3, donc il va rester en GPL v2 et permettre encore et toujours ce genre de pratiques… Soit les consommateurs vont se rendre compte que Apple se moque d’eux, et refuser ces pratiques en boycottant leurs produits (ce que je fais, mais je doute que la population "normale" ne réagisse avant longtemps), soit une loi sera créée un jour ou l’autre pour interdire les logiciels trop restrictifs. C’est d’ailleurs dans ce dernier point que je vois le plus d’espoir. On a bien des lois sur tout et sur rien, qui ont été créée dans une optique du respect du consommateur, du client, ou du voisin. Je crois qu’il y aurait bien besoin d’une loi soit mise en place pour le domaine du respect de l’utilisateur dans le domaine du logiciel. Ce ne serait bien évidemment pas une loi qui interdirait le logiciel propriétaire (bien que ça me plairait, et que ça me semblerait logique), mais qui rendrait illégal toutes les histoires de DRM, de clauses abusives dans les CLUF, de non respect de la vie privée des utilisateurs, etc. Le tout étant logiquement axé sur la protection contre les monopoles (Microsoft, Apple, etc.) et leurs pratiques destructrices de la concurrence.

Bon, il reste un espoir, je peux encore apprendre à coder, et aller aider la FSF à développer le noyau HURD. Lui, au moins, il sera en GPL v3.

Plus sérieusement, je sais que plusieurs lecteurs de mon blog sont utilisateurs de produits Apple, ou envisagent de le devenir, je leur demande de bien réfléchir avant de rentrer dans ce système, ou bien de penser à en sortir. Quand on est un minimum intelligent, on devrait penser à d’autres critères que uniquement le prix, les fonctionnalités "du point de vue de l’utilisateur de base", ou le design du produit. Certes, ce sont des arguments à prendre en compte, mais ils sont moins importants que le respect de la concurrence ou de l’utilisateur. Il est bien trop facile de se dire "Cool, l’Iphone il a un TouchScreen et une jolie interface" ou "Génial, il y a un terminal en plus de Itunes sur MacOS". Apple est notre ennemi, ainsi que celui de notre liberté, au même titre que l’a toujours été Microsoft (peut-être même plus depuis quelques temps).

Je sais que ce que je viens de dire n’aura aucune influence sur les achats des mes amis, donc j’imagine que j’ai encore écrit un article qui n’a servi à rien