Le blog de vetetix

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lundi 2 février 2009

Le financement des logiciels

Cela fait extrêmement longtemps que je cherche à faire un billet sur ce que je pense de la viabilité économique des logiciels libres, de leur financement, et du rapport entre ce financement et les performances de ceux-ci ou de la qualité de leur développement. Je vais finalement faire une série de billets, pour essayer de mettre au clair mes pensées. Je le fais autant pour expliquer ma position à « mes » lecteurs que pour savoir moi-même exactement ce que je pense.

Je ne suis pas un économiste, je ne suis pas un vrai développeur, je suis encore moins un développeur professionnel. Je ne suis qu'un étudiant qui n'a pas encore de réels impératifs financiers, j'ai donc du mal à faire le tri entre tous les sentiments qui m'animent. Avant de mettre mes pensées sur papier, il faut que j'arrive à séparer celles qui sont la conséquence d'un extrémisme libriste, dans le style révolutionnaire communiste, et celles qui sont réfléchies, posées, découlant d'une analyse d'un maximum de facettes de la situation actuelle.

Une partie de moi a tendance à dire « Tout logiciel doit être libre et gratuit, et un développeur ne peut pas demander de rémunération. Ce serait contraire à l'esprit du logiciel Libre ». Ce n'est évidemment pas un discours constructif, il faut prendre en compte les nécessités financières du développement d'un logiciel de taille respectable et de qualité.

Un petit projet codé par une seule personne ou un petit groupe de développeurs, sur leur temps libre, peut se permettre d'être complètement gratuit. C'est l'équivalent d'un particulier qui décide de se porter volontaire pour une association caritative (croix rouge, wwf, resto du cœur…), ou bien pour un club sportif d'un de ses gamins. Un investissement désintéressé de son temps libre, pour faire vivre un projet, une cause, un idéal.

Le problème est tout autre pour des projets plus gros. Si un projet ne peut pas être mené à bien en ne mettant à profit que le temps libre d'un généreux codeur, aussi génial soit-il, s'il faut une équipe de codeurs à plein temps, il faut bien trouver une source de financement. Il faut payer les développeurs, leur permettre de manger et de payer leur loyer, etc. On trouve, dans cette catégories de projets, le noyau Linux, OpenOffice.org, Firefox, et bien d'autres. On ne peut dans ce cas plus considérer, bien que le projet soit sous GPL, que le logiciel doit forcément être gratuit.

Un autre problème survient quand un développeur bénévole, bien que très efficace et productif, n'est pas en mesure de faire progresser son projet chéri autant qu'il le devrait car il aurait besoin de plus de temps libre, mais qu'il doit bien garder son boulot. Il serait intéressant de pouvoir lui trouver une source de financement pour qu'il n'ai plus besoin que d'un boulot à mi-temps pour vivre, ou bien, dans le cas d'un projet en groupe, pour financer un des développeurs à temps plein, les autres développeurs gardant leur statut de généreux contributeurs bénévoles sur leur temps libre.

Je suis un grand amoureux du logiciel Libre et de sa philosophie, autant en tant que développeur/bidouilleur qu'en tant que simple utilisateur, et j'aimerais que les gens qui lisent mon blog comprennent pourquoi je m'accroche à une Ubuntu imparfaite, pourquoi je ne retourne pas sous le XP que j'ai acheté avec mon ordinateur, pourquoi je crois que le libre est un écosystème viable et qu'il ne faut pas être défaitiste dans le style « Bah, Linux c'est bien pour les geeks et pour bidouiller, mais quand il s'agit de faire des vrais trucs un MacOS c'est tellement plus confortable, osef du libre, le principal c'est d'avoir des vraies fonctionnalités ». Dans les prochains billets, je vais essayer d'expliquer quelles sont les sources de financement auxquelles je pense et que je considère comme sensées, viables, et permettant de faire avancer le logiciel libre.

mardi 20 janvier 2009

Le nouveau visage de l'industrie musicale ?

Le site Rue89 vient de sortir un petit dossier en quatre parties traitant du MIDEM, un salon de l'industrie musicale :

En le lisant, certains éléments m'ont semblé intéressants.

Il s'est vendu plus de 66 millions d'albums en France l'année dernière. Cela représente donc à peu près un album par personne. Comme j'en ai acheté entre dix et quinze, je suis un très mauvais pirate… Ce n'est pas avec moi qu'ils arriveront à représenter une caricature de pirate qui fait du mal au monde de la musique.

Le reste de la première partie confirme ce que je pensais. Tout d'abord, les maisons de disque s'en mettent plein les poches grâce aux produits dérivés et aux concerts. Ensuite, les disques qui perdent le plus de revenus sont les singles ou CD deux titres, vendus principalement en grande surface, et comme en général c'est plutôt de la très mauvaise musique (illona mitrecey, pinochio, crazy frog et autres), ce n'est pas très grave. Ensuite, ils sortent deux ou trois généralités pour dire que le CD suit la même voie que le vinyle et pour basher sur les DRM (comme s'ils avaient toujours été contre et qu'ils nous délivraient courageusement).

La deuxième partie nous rappelle qu'il y a des procès, et qu'il va devenir nécessaire pour les internautes de télécharger illégalement leur musique sur rapidshare (de toute façon, quelqu'un ne voulant pas payer sa musique ne la paiera pas, il faut juste qu'il trouve un moyen de le faire sans être attrapé). Ensuite, on voit d'autres exemples de produits dérivés que l'industrie musicale est en train de monétiser (comme vendre des clips musicaux… mmmmh… il y a des gens qui achètent des clips musicaux ?). Qui a dit que c'était la crise ?

La troisième partie parle des nouveaux acteurs, maisons de production innovantes, diffuseurs, etc. Visiblement, ce n'est pas la crise pour eux, puisqu'il en pousse comme des champignons. On remarquera tout de même que tous ces nouveaux venus tournent autour de l'internet et ou du portable, preuve que les reproches faits à l'industrie du disque ces dernières années portent peu à peu leurs fruits. Internet est un potentiel, pas un problème, ils commencent seulement à s'en rendre compte (enfin, c'est plutôt d'autres personnes qui s'en sont rendu compte, et qui en profitent au dépend des anciens acteurs).

La quatrième et dernière partie du dossier, traitant de la gratuité et du financement par la publicité, est celle qui me semble la plus problématique. Ils donnent l'exemple de deux des plus gros acteurs qui se financent par la pub : Deezer et Airtist. Deezer génère moins de 150.000€ par an de revenus pour la SACEM, et Airtist, bien que plus rentable par titre, n'a généré en 2008 que 50.000€. C'est vraiment très peu, et jamais les producteurs ne s'en accommoderont. Ce n'est pas plus mal d'ailleurs, car je n'aime pas le financement « par la pub », d'une manière générale. Ça augmente le prix d'autres produits, en générale des produits alimentaires, et ça insère des intermédiaires dans les chaines de financement des artistes.

Et pour finir en beauté, voici une super citation intelligente :

tant que le téléchargement illégal existera, faussant les mécanismes du marché, il sera difficile de trouver le juste prix de la musique en ligne.

On prend le téléchargement illégal comme la cause de tous les maux de cette industries, et non comme la conséquence inévitable de ses faiblesses et de l'avidité de ses acteurs, comme ça on a un coupable facilement identifiable… Bordel de merde, vendez de la musique digitale à 50ct le morceau, sans DRM, sans faire de pub et en supprimant les intermédiaires et les coûts inutiles (distributeurs et autres), ça fera masse d'argent pour les artistes/techniciens/producteurs. Ça cassera les habitudes de piratage des gens, et ils iront toujours aux concerts pour vous faire gagner encore plus d'argent si vous êtes bons.

Il faut arrêter de prendre les gens pour des débiles, à leur vendre des morceaux à 1€30 dont le tiers ou la moitié va au distributeur final, alors que l'artiste lui-même serait presque capable de louer une dédibox et de récupérer plus d'argent en vendant ses morceaux lui-même à 30ct…

samedi 17 janvier 2009

Flash et Mono, même combat ?

Je me pose quelques questions à propos de ce qu'on doit penser de Mono, l'implémentation libre de .NET. En effet, si on suit la logique de la FSF, on devrait éviter d'utiliser ce genre de technologies plus ou moins « fermés », plus ou moins « propriétaires » et contrôlées par Microsoft (c'est pas moi qui le dit, c'est RMS lui-même).

Le problème, c'est que à propos d'une technologie un tantinet plus fermée que Mono, j'ai nommé Flash, la FSF et Stallman militent pour le développement et l'utilisation de son implémentation libre Gnash.

Y aurait-il là un double discours, avec d'un côté un refus d'utiliser une technologie parce que ses spécifications, bien que publiques, ne sont pas « Libres », et de l'autre, une incitation à utiliser une technologie à peu près équivalente mais dans son implémetation libre ?

Je dois avouer que je m'y perds un peu et je ne sais que penser, ni comment interpréter ces deux discours. Peut-être RMS tient-il un tel discours à propos de Flash parce qu'il sait qu'on ne peut plus l'éviter, alors que pour Mono, on peut toujours…

mercredi 7 janvier 2009

Réflexions sur la « licence globale »

En ce moment j'ai du temps à perdre, et j'ai décidé de remettre un peu d'ordre dans mes affaires (comprenez « ranger mon ordi, faire mes sauvegardes, lire les pages que j'ai marqué comme “à lire” ». Je me suis donc mis à fouiller dans mes bookmarks read-it-later, dont les éléments s'accumulent depuis plus de neuf mois sans que j'y touche.

Je suis tombé sur un article traitant de la licence globale (je vous conseille vraiment la lecture de l'article wikipedia, j'y a appris un certain nombre de choses), et je me suis aperçu que ma conception d'une économie équitable dans le domaine des œuvres culturelles s'en approchait fortement.

J'ai été agréablement surpris de voir que le problèmes que je me posais dans ma tête est exactement celui qui est exprimé sur la page Wikipedia : « Le problème réside dans le fait que toute donnée numérique peut en principe être copiée à l'infini, sans l'utilisation d'une quelconque matière. La licence globale cherche donc à trouver un compromis entre cette réalité, et la nécessité de rémunérer les ayant droit ».

Ce que veulent les ayant droit

De ce côté-ci, c'est malheureusement assez clair. L'objectif des différents acteurs du marché est très clairement de gagner le maximum d'argent. Ils souhaitent considérer leurs produits non pas comme des œuvres culturelles, mais comme de simples produits commerciaux (d'ailleurs, dans beaucoup de cas on est d'accord avec eux, ce n'est pas de la culture ^^).

Tous les artistes n'ayant pas cette mentalité, mettons de côté cette volonté de gagner le maximum, et accordons leur le droit à vouloir gagner bien leur vie en exerçant leur métier.

Le modèle actuel, malgré tout ce qu'on voudrait nous faire croire, n'est absolument pas en leur défaveur. Il permet aux artistes d'être très bien rémunérés. Je ne crois pas que les revenus des principaux artistes aient sensiblement baissé. Ils vendent peut-être moins de CD, mais gagnent toujours autant grâce aux produits dérivés et aux concerts.

D'ailleurs, la plupart des artistes, du moment qu'ils ont du talent, sont capable de vivre sans vendre de CD, simplement en faisant des représentations en public (concerts, ou musique dans les bars, etc.). C'est peut-être une situation précaire pour certains, mais bon, personne ne les force à être artistes, ils ont le droit d'aller travailler chez macdo s'il le souhaitent.

Et puis, si on regarde les différentes statistiques, ce n'est pas la musique des petits artistes qui est piratée, c'est celle des gros qui sont super riche, donc il ne faut pas essayer de faire culpabiliser les internautes.

Ce que veut le peuple

Le peuple, c'est nous, c'est moi, c'est vous. Ce qu'on veut, c'est avoir accès à la plus grande quantité possible de culture pour le meilleur prix. Je ne crois pas connaître de personne qui annonce clairement qu'il souhaite avoir tout gratuitement, toujours, dans tous les cas.

Notre objectif, du moins le mien, et d'avoir accès à l'ensemble de la culture de manière équitable. Pouvoir écouter toute la musique que je veux, voir tous les films et les séries dont j'ai envie, sans me ruiner, mais en rémunérant tout de même les « artistes » (entre guillemets parce qu'il y a aussi d'autres acteurs à rémunérer, pas uniquement les artistes).

Pourquoi le système actuel n'est pas satisfaisant

Le système actuel est plus ou moins satisfaisant, mais il est bancal.

Du point de vue du consommateur, il faut prendre en compte plusieurs éléments. Tout d'abord, chaque individu a un budget maximal qu'il peut allouer à l'achat de contenu culturel. Certaines personnes (dont moi), essayent d'être équitables (avec plus ou moins de réussite, je vous l'accorde), et achètent un certain nombre de CD, de musique en ligne, de VOD. L'année dernière j'ai dépensé plus de 200€ en CD. Je ne sais pas si c'est beaucoup, mais ça pèse beaucoup sur mon budget, surtout si on ajoute les sorties au cinéma, et le surcoût, réparti sur mes produits alimentaires, engendré par la pub (qui a payé pour les films et les séries que j'ai vu à la télé).

Pour résumer, j'ai payé beaucoup d'argent, mais je n'ai accès légalement qu'à une quantité réduite de contenus. Je suis dans l'incapacité financière de payer plus, je dois donc pirater pour accéder au reste de la « culture ». Certaines personnes ne s'embarrassent pas de ces considérations d'équité ou de justice, et se disent que tant qu'à faire, s'il faut pirater autant le faire dès le début.

Je n'ai que peu de considération pour le point de vue des ayant droit, car je pense vraiment qu'ils gagnent énormément d'argent malgré les faiblesse du système. Ils s'en sortent très bien, ils ne sont pas à plaindre. Ce qui me gêne, c'est qu'ils essayent de nous imposer un système basé sur la rareté de l'offre, à un tarif élevé, au lieu de profiter de l'abondance de l'offre à un coût faible. Dans les deux cas ils peuvent gagner (très confortablement) leur vie, mais comme ils ont moins de contrôle sur le deuxième cas, ils s'en méfient.

Comme ils commencent à se rendre compte qu'il va leur être très difficile de faire appliquer la loi tant qu'ils joueront sur la rareté, et que ça risque de faire complètement vaciller leur système si tout le monde se met à télécharger illégalement, beaucoup d'acteurs du marché semblent prêts à étudier les questions de licence globale et d'abondance pour le consommateur. Profitons-en.

Qui est contre la licence globale ?

Certains acteurs y perdront : Neuf, iTunes, la FNAC, etc. Pour simplifier : tous les intermédiaires. La licence globale fera que les artistes et les maisons d'édition ou de production seront rémunérés, mais elle met de côté les intermédiaires. En effet, puisqu'il n'y aura plus besoin d'acheter de CD, la FNAC ne pourra plus en vendre. Puisqu'il n'y aura plus besoin d'acheter ses mp3 en ligne, iTunes ou Amazon n'en vendront plus. Il est donc logique de voir le patron de la FNAC s'exprimer sur le sujet uniquement pour le critiquer et tenter de faire croire qu'il n'est techniquement pas réalisable.

Le danger des licences « privées »

C'est ce qu'on voit arriver avec certaines offres commerciales. Comme il n'y a pas d'autres moyens légaux d'avoir accès à toute la musique possible de manière légale sans se ruiner, beaucoup de consommateurs sont tentés par des offres payantes, autour de 10 ou 15€/mois, pour avoir accès à tout un catalogue, mais malheureusement souvent uniquement au catalogue de certains majors, rarement à celui des petites maisons de production, et quasiment toujours en devant accepter des DRM.

Cette situation tend à favoriser la création de monopoles, voire de vente liée dans le cas où une offre est liée à la possession d'un matériel unique (musique sur itunes = achat d'un ipod pour pouvoir la lire, musique illimitée sur Neuf = souscription à une offre internet chez Neuf… — itunes vient d'annoncer qu'ils avaient réussi à se débarrasser des DRM, c'est une bonne chose, mais toutes les plateformes de musique illimitée en sont encore munies), et ce n'est absolument pas acceptable, car ce n'est pas dans l'intérêt des consommateurs, ni dans celui de la culture et des artistes indépendants, car cela donne trop de pouvoir à trop peu de distributeurs différents.

On peut comparer ça à ce qu'il se passe actuellement avec les offres UGC Illimité. Pour pas trop cher on a un abonnement illimité chez UGC, donc on peut aller voir toutes les séance à n'importe quel heure. Cela paraît idéal, mais il faut étudier le revers de la médaille : on est obligé d'aller à UGC, donc si on veut voir un film d'un cinéaste alternatif, c'est mort, si on veut uniquement de la VO, c'est mort, etc. À l'heure actuelle, si on veut aller beaucoup au cinéma sans se ruiner (mais en soutenant tout de même la production de films), on est obligé d'accepter les règles du plus gros acteur du marché (UGC), et on condamne les petits cinémas à fermer, avec eux les films d'auteur et les productions indépendantes (si on paye 20€ par mois pour l'UGC Illimité, c'est pas pour accepter de payer 8€ pour une place au petit cinéma du coin).

Le principe des licences privées pour la musique est le même que celui des abonnements UGC Illimité. Accepter l'idée d'une licence globale aurait un effet bénéfique dans ce domaine, en rétablissant un équilibre des forces dans la profession.

Un contrôle centralisé ?

Le gros problème avec la licence globale, que ses détracteurs n'hésitent pas à brandir sous prétexte de protéger les consommateurs, est que si c'est techniquement possible, cela se fait dans un respect approximatif de leur vie privée.

Il y a plusieurs possibilités techniques pour faire payer les gens. Soit une licence vraiment globale (tout le monde paye du moment qu'il a un accès à internet), soit une licence facultative illimitée (les abonnés souscrivent à une option de téléchargement illimité, qui les met à l'abris de toute poursuite judiciaire, soit, pour finir, une licence (facultative ?) au pro rata de l'utilisation.

Dans tous les cas, il doit y avoir une surveillance des réseaux, pour savoir ce qui est téléchargé (pour savoir qui doit être rémunéré, de manière proportionnelle), ou bien pour savoir qui télécharge quoi (dans le dernier cas principalement). Cela peut poser des problèmes de confidentialité des informations, mais est-ce vraiment un problème ? Y a-t-il des cas où ce qu'on écoute ou regarde pourrait être espionné par les services secrets ou une autre branche secrète à la solde du pouvoir ?

Quel prix ?

La question du prix est primordiale. En effet, avant de répartir l'argent récolté entre les différents acteurs, il faut savoir de quelle cagnotte on dispose.

Le modèle économique qui semble être communément accepté est que chaque abonné à internet paye une somme fixe, ce qui remplis une cagnotte, qui est ensuite répartie proportionnellement entre les artistes : beaucoup d'argent pour ceux qui ont été beaucoup téléchargés, et peu d'argent pour ceux qui ne l'ont pas été. Mais qui fixe le tarif ? On parle de 5 ou 7€ par mois et par abonné, mais que se passe-t-il si les grandes maisons de disque s'accordent pour exiger une meilleur rémunération ?

Je pense que le problème peut se régler de lui-même (surtout qu'un tarif de 5€/mois peut facilement créer une cagnotte de près d'un milliard d'euros par an au total, ce qui fait beaucoup d'argent). De plus, à l'heure actuelle, on voit déjà que les maisons de disque sont obligées de se plier aux conditions des radios concernant leur rémunération. Un accord entre les ayants droit, l'état, la SACEM et d'autres acteurs n'est donc pas une utopie.

Quelles œuvres ?

Un élément me fait toutefois peur. Les conditions étant dictées par un organisme central, que se passe-t-il si une maison de production, qu'elle soit grosse ou indépendante, n'en est pas satisfaite ? Assez clairement, si ce système est mis en place, il deviendra incontournable. Un internaute payant la licence globale aura très naturellement tendance à considérer que toutes les musiques, films et séries sont accessibles gratuitement. Il serait illusoire, surtout en connaissant la situation actuelle, de croire que l'internaute moyen, prenant l'habitude de télécharger à tout va gratuitement, fasse la part des chose entre les œuvres auxquelles il a droit et celles dont les auteurs ne participent pas au mouvement car ils n'en ont pas accepté les conditions.

Quand on sait que de nos jours il est déjà impossible de poursuivre les « pirates », imaginez ce que ce sera quand quasiment tous les français téléchargeront quotidiennement, et qu'en plus ils seront réellement de bonne foi. Tous les producteurs d'œuvres culturelles seront donc obligées de participer au mouvement, même si cela ne leur plaît pas.

Du moment que le pouvoir centralisé qui régule tout cela est réellement juste, qu'il agit en prenant en compte les intérêts des gros acteurs autant que ceux des petits, ainsi que l'intérêt commun de la société et de la culture (la vraie, pas celle que voudrait nous vendre NRJ), je pense qu'il n'y a pas de soucis à se faire. Par contre, en ces temps de Sarkozisme il faut être vigilant.

Enfin, un autre problème se pose. Quelle version d'une œuvre tombe sous le coup de la licence globale ? Est-ce que des screeners de films sont autorisés alors que le film vient de sortir au cinéma ? Est-ce qu'on peut diffuser des .wave ou des .flac de œuvres musicales, là où les maisons de productions voudraient qu'on se limite à du mp3 bas débit ? J'imagine qu'une réglementation stricte à ce sujet (sortie des films en DVD/Divx un ou deux mois après la sortie au cinéma, etc.) pourra régler tous les problèmes techniques, mais il faut y penser avant de faire n'importe quoi.

Sous quelle licence d'utilisation des œuvres ?

On pourrait croire que dans le cas d'une licence globale il n'y aurait plus vraiment de problèmes de licences, mais il y en a toujours. Qu'ont le droit de faire les internautes avec les fichiers qu'ils ont téléchargés ? J'imagine que les restrictions existant actuellement s'appliqueront, c'est à dire qu'ils n'auront pas le droit de la rediffuser à des personnes n'y ayant pas droit.

Que se passera-t-il si un internaute « extérieur » vient télécharger une œuvre ? Dans la situation actuelle, cela veut dire que vous avez diffusé (upload) un contenu illégalement, et c'est puni plus sévèrement par la loi que le simple download. Cela voudrait-il dire qu'il faudrait utiliser un réseau de partage séparé, auquel n'auraient accès que les gens payant la licence globale ? Le FAI serait alors responsable du contrôle de qui a accès à quoi, et ça mettrait de côté d'autres réseaux p2p ouverts (torrent, ou edonkey).

Enfin, que pourrait faire un internaute ayant payé la licence globale à une époque, mais ayant résilié son « abonnement » ? On peut se retrouver dans une situation de « all you can eat buffet », où certains internautes prendrait un abonnement pour seulement un temps limité, histoire de télécharger comme des porcs pendant ce temps, puis arrêteraient de payer par la suite. Auraient-ils le droit d'écouter la musique qu'ils ont téléchargé alors qu'ils ne payent plus ? Dans les faits, j'imagine qu'une souscription à l'année, un peu comme la redevance télé, réglerait ce problème.

Les alternatives à la licence globale

Il n'y a que peu d'alternatives viables à cette licence globale. Tous les modèles actuels d'exploitation des œuvres culturelles ont soit montré leurs limites (dans le cas de la distribution classique), soit montré qu'elles sont dangereuses pour le consommateur (avec l'utilisation de DRM ou la liaison forcée à d'autres services/produits).

Les autres alternatives, dont je n'ai pas encore parlé, concernent principalement la musique libre, avec des œuvres gratuites, rémunérées par dons ou par prix « au bon vouloir de l'acheteur ». Ce sont des modèles économiques qui ont leur limitations, mais qui ne sont pas inenvisageables. On fera remarquer qu'un des albums les plus vendus sur Amazon cette année (celui de Nine Inch Nails) était sous licence CC, donc à priori gratuit.

Un avantage tout de même pour la licence globale, c'est que des artistes libres pourraient très bien sortir leurs œuvres sous une licence libre, tout en entrant dans le système. Nous aurions donc des œuvres libres, que nous téléchargerions gratuitement en p2p, et les artistes seraient quand même payés par la cagnotte globale.

Conclusion

Comme vous pouvez le voir, je suis plutôt favorable à l'idée d'une licence globale. Je ne me souviens pas bien de ce que j'en pensais il y a quelques mois, mais voilà mon avis maintenant que je me suis un peu documenté. Je suis prêt à payer 5, 10 ou 15 euros, voire un peu plus, pour avoir le droit d'accéder à toutes les œuvres culturelles existantes, du moment qu'on nous donne des œuvres de qualité (les mp3 en 128kbps ou les Lord of the Ring en trois CD, ça fait pas très sérieux).

Aucune solution n'est parfaite, il y aura toujours des personnes non satisfaites. Il faut trouver un équilibre, et un système de licence globale s'en approche peut-être. Une licence globale aura l'avantage de forcer les producteurs de contenu à diffuser sur les réseau de partage des fichiers de bonne qualité, pour pousser les internautes à les télécharger (sans quoi ils ne seront pas rémunérés).

La culture se diffuse, les internautes ont accès à un buffet « gratuit » de contenu, les artistes et producteurs sont rémunérés (en plus des concerts, des places de cinéma ou des ventes à la télé), et tout le monde est content.

samedi 3 janvier 2009

Connards du libre

Cela fait longtemps que je dois faire un petit billet sur le thème « Les connards du Libre ». Je l'avais décidé il y a très longtemps, je me l'étais rappelé il y a longtemps, et je ne m'y mets que maintenant. C'est la lecture d'un article traduit sur le Framablog qui me l'a rappelé.

Rappel des faits

Début novembre, l'APRIL a lancé une campagne d'adhésion et a choisi Tristan Nitot, président de Mozilla Europe pour représenter cette campagne.

Jusque là, on se dit que tout va bien. Une grosse association de défense du libre choisit une des personnalité française les plus connues dans le milieu pour la représenter, rien de plus normal.

Seulement, lors de l'annonce sur LinuxFR, la nouvelle a été assez mal accueillie. Le premier commentaire a d'ailleurs critiqué ce choix de personnalité, estimant que Tristan Nitot ne représentait pas les idéaux de l'APRIL.

A suivi, sur le Standblog, ainsi que sur d'autres blogs, un mouvement de protestation, sur le thème de « Connards du Libre », contre cette catégorie de personnes qui ne viennent commenter sur LinuxFR que pour critiquer, troller, râler.

Analysons un peu la situation

Il est vrai qu'il y a un certain nombre de problèmes dans la communauté du libre. Le premier point traduit dans le Framablog le dit clairement : de nombreux utilisateurs se trompent d'ennemis, et se mettent à critiquer sans réelle justification tous les projets qu'ils n'utilisent pas. Il y a ainsi de très nombreux trolls dans les commentaires de LinuxFR.

Je ne leur jette pas pour autant la pierre. Personne n'est parfait, et la plupart du temps ces personnes ne trollent que parce qu'elles n'ont pas une connaissance assez vaste de l'ensemble des projets dont elles parlent. D'ailleurs le point 6 de l'article mentionne le fait que « il semblerait que ceux qui passent leur temps à cracher sur Microsoft ne contribuent jamais à aucun projet ».

Même si Tristan Nitot mentionne que ces « Connards du Libre » sont une minorité, il y a quelque chose dans sa façon de décrire les choses qui me dérange. On a l'impression, en l'écoutant, qu'il n'y a que dans le libre qu'il y a ce genre de personnes ou ce genre de comportements. Or, ce n'est pas du tout le cas, il y a autant de gros cons dans le monde de Windows ou dans celui de Mac OS.

Les fan-boy Apple sont tout aussi chiants que les trolleurs sur LinuxFR. Si quelqu'un va sur un forum Mac pour dire que « Linux c'est bien, mangez-en », il ne faut pas attendre longtemps pour voir apparaître de nombreux messages de haine envers Linux de la part des Fan-Boy Apple. Si un utilisateur de MacOS vient sur LinuxFR et prétend devenir le représentant national de la cause du Libre en France, il ne faut pas s'étonner d'avoir ce genre de réactions.

Le vrai problème

Le problème est malheureusement bien plus profond qu'un simple troll. Tristan Nitot a beau être un représentant idéal pour Mozilla, il n'en reste pas moins un utilisateur de MacOS, et ça se sait. Son discours est le suivant : « Firefox c'est bien, mangez-en » (jusque là tout va bien, car même si Firefox n'est pas parfait, il pousse quand même tous les navigateurs dans la bonne direction). Si on analyse son discours un peu plus loin, on obtient quelque chose du genre : « Firefox c'est bien, le logiciel libre c'est bien, mais je n'utilise pas Linux parce que c'est pas assez bien. Je préfère utiliser MacOS, car même si je perds ma liberté et si ce faisant je soutiens la mentalité liberticide de Apple, je préfère gagner un peu d'autonomie et de confort sur mon ordi personnel ».

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je ne vois pas comment un utilisateur de logiciel libre, adhérant à l'APRIL, connaissant les problèmes auxquels fait face la philosophie du Logiciel Libre, peut accepter d'être représenté de manière plus ou moins officielle par quelqu'un tenant ce discours. Il est pour moi tout à fait normal que des commentateurs sur LinuxFR critiquent la décision de l'APRIL de choisir Tristan Nitot. C'est d'ailleurs en substance le point 9 de l'article du Framablog dont il est question, sauf qu'au lieu d'accepter d'avoir un peu de logiciel privateur dans un environnement libre, Tristan Nitot affirme qu'il est acceptable d'avoir un environnement privateur, du moment qu'on a un peu de libre par dessus…

Si c'est ça, être un « Connard du Libre », et bien sachez que je serais très fier d'être considéré comme tel. Je n'ai pas participé aux commentaires de l'annonce LinuxFR, mais j'en aurait été capable et mon discours n'aurait pas plu à Tristan Nitot.

dimanche 16 novembre 2008

La propriété de l'information

Je viens le lire un billet intéressant à propos de la propriété de l'information. L'auteur y explique que de nos jours il n'y a plus de propriétaire des informations qui circulent, que Facebook est tout autant propriétaire de ce qu'on lui donne que nous. Il affirme que de toute façon il n'est pas nécessaire que l'on soit propriétaire de nos informations personnelles, étant donné que de toute façon le service web qui les héberge ne les détient que jusqu'à ce qu'elles soient erronées.

Ce qui me fait peur dans cet article, c'est que l'auteur fait partie du projet Data Portability, qui a pour but d'améliorer la portabilité des informations sur le net, et le contrôle des données par la personne qui les a créées. Pourquoi un site web devrait-il donner le contrôle des données à une personne ne les possédant pas, même si elle en est l'auteur ? L'auteur du billet affirme tout de même qu'il est important que l'utilisateur ait son mot à dire quand à ce que le site web peut faire avec ces données, mais je trouve son discours assez étrange.Comment peut-on d'un côté soutenir un projet visant à redonner à l'utilisateur le contrôle de ses données, et de l'autre penser que l'utilisateur n'est au final pas propriétaire de ces mêmes données.

Il faudrait demander à la CNIL ce qu'elle en pense. J'imagine qu'elle serait horrifiée d'apprendre que certaines personnes pensent que les utilisateurs ne sont pas propriétaires de leurs informations…

jeudi 30 octobre 2008

Loi HADOPI, mutation et retour

Après la lecture d'un intéressant article sur zdnet, je me suis dit que j'avais deux ou trois idées à mettre sur papier (ou devrais-je plutôt dire sur écran ?).

Ainsi donc, l'infâme loi, qui a été taclée par le Parlement Européen semble avoir été notablement modifiée. En tout cas, son élément le plus inacceptable, la suspension de l'abonnement et la mise en place d'une liste noire de personnes interdites d'internet. La modification de la loi, et les débats qui sont en cours me font plutôt plaisir.

On a donc toujours une riposte graduée, ce qui permet de ne pas punir trop vite les petits délinquants du net. Ils ne risqueraient d'ailleurs plus de se faire couper leurs connexions, peut-être juste une amende. Christine Albanel semble par contre s'y opposer (euh… depuis quand on refuserait de mettre en place des amendes parce qu'il y a des riches et des pauvres ? C'est un système qui existe dans les pays nordiques, avec des amendes proportionnelles au revenus du contrevenant, mais c'est un concept dont je ne connaissait pas l'existence en France).

En plus de décriminaliser le piratage, et de le ramener à un niveau de délinquance (j'espère ne pas me tromper dans les termes), les débats portent sur ce que les ayants droits, c'est à dire les producteurs et distributeurs de contenus multimédias, proposent une alternative acceptable à ce piratage. En effet, je crois que je l'ai déjà dit sur ce blog, la plus grosse raison pour laquelle les gens piratent de la musique, des série télé. Après la lecture d'un intéressant article sur zdnet, je me suis dit que j'avais deux ou trois idées à mettre sur papier (ou devrais-je plutôt dire sur écran ?).

Ainsi donc, l'infâme loi, qui a été taclée par le Parlement Européen semble avoir été notablement modifiée. En tout cas, son élément le plus inacceptable, la suspension de l'abonnement et la mise en place d'une liste noire de personnes interdites d'internet. La modification de la loi, et les débats qui sont en cours me font plutôt plaisir.

On a donc toujours une riposte graduée, ce qui permet de ne pas punir trop vite les petits délinquants du net. Ils ne risqueraient d'ailleurs plus de se faire couper leurs connexions, peut-être juste une amende. Christine Albanel semble par contre s'y opposer (euh… depuis quand on refuserait de mettre en place des amendes parce qu'il y a des riches et des pauvres ? C'est un système qui existe dans les pays nordiques, avec des amendes proportionnelles au revenus du contrevenant, mais c'est un concept dont je ne connaissait pas l'existence en France).

En plus de décriminaliser le piratage, et de le ramener à un niveau de délinquance (j'espère ne pas me tromper dans les termes), les débats portent sur ce que les ayants droits, c'est à dire les producteurs et distributeurs de contenus multimédias, proposent une alternative acceptable à ce piratage. En effet, je crois que je l'ai déjà dit sur ce blog, la plus grosse raison pour laquelle les gens piratent de la musique, des série télé ou des films, c'est qu'ils n'ont pas accès à des offres légales acceptables.

Tout cela est, je trouve, une bonne nouvelle, car cela va accélérer l'apparition d'offres de VOD convenable, techniquement acceptables (pas de drm, formats lisibles sur tous les lecteurs), et à un prix abordable (2€ l'épisode de Heroes sur TF1 vod avec des drm, regardable une ou deux fois tout au plus, ça fait à peu près 45€ la saison et c'est tout bonnement inacceptable. Les coffrets DVD sont moins cher que ça avec un visionage illimité, des bonus, une meilleure qualité, etc.).

L'avenir nous dira si j'ai raison d'être optimiste, donc on en reparlera dans quelques mois.

Passage à l'heure d'hiver

Aujourd'hui, soit avec quatre jours de retard, je me suis décidé remettre à l'heure toutes mes montres/horloges/appareils divers. J'ai découvert dans la douleur qu'on était passé en heure d'hivers en essayant d'aller faire des courses à Carrefour à l'ouverture du magasin…

Autre douleur, celle de remettre à l'heure tous mes appareil. Le temps où dans une maison il n'y avait qu'une seule horloge centrale à mettre à l'heure est révolu, nous avons maintenant de nombreux appareils, parfois plus d'une dizaine, qui possèdent une horloge interne, et qu'il faut donc mettre à l'heure deux fois par an. Si mon ordinateur s'était bien synchronisé avec un serveur ntp, et que mon N810 avait bien pris en compte le changement d'horaire (mais il avait quand même quelques minutes d'erreur, vu qu'il ne se synchronise pas avec un serveur ntp), tous mes autres appareils ont dû être mis y jour manuellement.

Ma première montre (une Festina d'entrée de gamme à aiguille), ma deuxième montre (une Nike digitale, pour faire du sport), mon (un de mes) lecteur(s) MP3, mon radio-réveil (qui perd l'heure à chaque coupure de courant, c'est très pratique et pas chiant du tout), mon appareil photo, ma télévision, ma Wii, ma DS, mon thermomètre/baromètre (qui peut faire réveil et tout). J'ai laissé de côté les appareils que je ne vois jamais, comme ma TI-89, et j'en ai sûrement oublié d'autres. Au final, il m'a bien fallu 10 à 15 minutes pour tous les modifier. Si on prend en compte le fait que j'habite dans une simple chambre, donc que j'ai tous ces appareils à porté de main sans avoir à monter/descendre des étages, ni même à changer de pièce, imaginez la perte de temps que c'est pour la plupart des gens.

Quand est-ce qu'on va enfin arrêter de nous faire changer d'heure inutilement deux fois par an ? C'est une perte de temps, une corvée inutile, ça plombe le moral à tout le monde en hiver (même si on gagne une heure de sommeil, le soleil se couche une heure plus tôt le soir), idem en été (on perd une heure de sommeil un jour), et surtout, problème d'envergure nationale, internationale, même : ça me fait chier (ben oui, déjà que la séparation jour/nuit, j'en ai rien à faire, alors le décalage d'une heure histoire d'économiser des bougies, ça ne m'intéresse guère).

Dans le même domaine, quand est-ce qu'on passera enfin à l'heure solaire ? C'est bien beau de décaler d'une ou deux heures, mais ça ne change pas grand chose, sauf qu'après les gosses (et les gens qui se posent des questions), ne comprennent pas pourquoi en été le soleil est au plus haut dans le ciel à 14h, et non pas à midi. Ce serait bien plus logique. Je me souviens que quand je faisais du scoutisme, pendant le camp scout de deux semaines en juillet, on nous faisait passer nos montres à l'heure solaire, de manière à ne pas perdre de précieuses heures de soleil le matin.

samedi 25 octobre 2008

Hallucination

En effet, j'ai l'impression d'halluciner… Thawte.com, une autorité de certification reconnue, en particulier pour le fait qu'elle propose de créer des certificats S/MIME (pour signer ses mails), ne signe pas ses propres mails…

mardi 12 août 2008

Apple, ces grands sauveurs de l'humanité qui nous sortent du monopole de Microsoft

Je viens de lire un article sur le blog de la FSF et je dois avouer que la politique d'Apple me donne envie de vomir. Ils n'ont aucun respect pour l'utilisateur et prétendent limiter certaines fonctionnalités pour protéger celui-ci des risques qu'apporterait une plus grande liberté d'utilisation. Ce faisant, ils détruisent toute possibilité de diversification, toute possibilité de concurrence. Ils se donnent le droit de choisir qui est autorisé à écrire une application pour leur iphone, c'est n'importe quoi.

Le plus grand problème dans cette situation, c'est que je ne vois pas comment on va pouvoir s'en sortir. Dans le cas d'un constructeur qui se baserait sur du logiciel libre, la GPL v3 a prévu ce genre de pratique et l'interdit (suite aux pratiques de TiVo, dont le firmware est basé sur Linux mais qui utilise un système de DRM qui empêche d'installer ou de modifier des programmes existants), mais on ne peut actuellement rien faire légalement contre des constructeurs comme Apple. De plus, Linus Torvald, développeur principal du noyau Linux refuse de passer son code en GPL v3, donc il va rester en GPL v2 et permettre encore et toujours ce genre de pratiques… Soit les consommateurs vont se rendre compte que Apple se moque d'eux, et refuser ces pratiques en boycottant leurs produits (ce que je fais, mais je doute que la population "normale" ne réagisse avant longtemps), soit une loi sera créée un jour ou l'autre pour interdire les logiciels trop restrictifs. C'est d'ailleurs dans ce dernier point que je vois le plus d'espoir. On a bien des lois sur tout et sur rien, qui ont été créée dans une optique du respect du consommateur, du client, ou du voisin. Je crois qu'il y aurait bien besoin d'une loi soit mise en place pour le domaine du respect de l'utilisateur dans le domaine du logiciel. Ce ne serait bien évidemment pas une loi qui interdirait le logiciel propriétaire (bien que ça me plairait, et que ça me semblerait logique), mais qui rendrait illégal toutes les histoires de DRM, de clauses abusives dans les CLUF, de non respect de la vie privée des utilisateurs, etc. Le tout étant logiquement axé sur la protection contre les monopoles (Microsoft, Apple, etc.) et leurs pratiques destructrices de la concurrence.

Bon, il reste un espoir, je peux encore apprendre à coder, et aller aider la FSF à développer le noyau HURD. Lui, au moins, il sera en GPL v3.

Plus sérieusement, je sais que plusieurs lecteurs de mon blog sont utilisateurs de produits Apple, ou envisagent de le devenir, je leur demande de bien réfléchir avant de rentrer dans ce système, ou bien de penser à en sortir. Quand on est un minimum intelligent, on devrait penser à d'autres critères que uniquement le prix, les fonctionnalités "du point de vue de l'utilisateur de base", ou le design du produit. Certes, ce sont des arguments à prendre en compte, mais ils sont moins importants que le respect de la concurrence ou de l'utilisateur. Il est bien trop facile de se dire "Cool, l'Iphone il a un TouchScreen et une jolie interface" ou "Génial, il y a un terminal en plus de Itunes sur MacOS". Apple est notre ennemi, ainsi que celui de notre liberté, au même titre que l'a toujours été Microsoft (peut-être même plus depuis quelques temps).

Je sais que ce que je viens de dire n'aura aucune influence sur les achats des mes amis, donc j'imagine que j'ai encore écrit un article qui n'a servi à rien…

vendredi 11 juillet 2008

Pourquoi il faut abandonner ou faire évoluer IRC

Comme on peut le voir sur ce blog, il y a de gros problèmes avec le protocole IRC, dus tout simplement au fait qu'il ne prévoit pas d'avoir une gestion avancée de la présense et du message d'état.

Le principe, c'est de pouvoir être connecté, et dire « Je suis absent », ou bien « Je suis en cours », mais aussi, « Je travaille, ne me dérangez pas », ou bien tout simplement « Je suis content que telle chose soit arrivée ».

Avec IRC, il existe la commande « /away », qui permet d'indiquer aux autres personnes que l'on n'est plus devant son ordinateur, et on peut spécifier une raison, comme ceci?: « /away Je suis parti faire les courses ». Le problème, c'est qu'il n'y a pas moyen de mettre ce genre de message si on n'est pas absent, contrairement à la plupart des autres protocoles de messagerie, comme MSN messenger ou Jabber.

Au final, beaucoup de personnes ne connaissent pas cette commande, et ne l'utilisent jamais, et même s'ils la connaissent et l'utilisent régulièrement, il arrive souvent d'avoir quelque chose à dire, et ils modifient leur nick. C'est logique, parce que le protocole IRC n'offre aucune alternative, mais sur un salon qui accueille des centaines voire des milliers d'utilisateurs c'est absolument insupportable (imaginez le nombre de changements de nick que cela engendre, si 1000 personnes changent de « Statut » plusieurs fois par jours).

IRC, c'est sobre, c'est « simple », c'est efficace, et même s'il faut un tout petit temps d'adaptation et être un poil geek, c'est très bien adapté pour communiquer au sein de projets communautaires (logiciels libres, tout ça), mais aujourd'hui on se dirige plutôt vers des communications de type « réseau social », avec moins de sobriété, plus d'options, plus de possibilités.

Avec ce type d'utilisation, que tout le monde fait plus ou moins (moi aussi, je dois avouer), la sobriété et l'efficacité du protocole IRC est complètement détruite, parce que ça doit être le protocole le moins adapté au monde. Je pense vraiment que des protocoles comme XMPP vont finir par surpasser IRC dans le milieu des logiciels libres, et qu'IRC va doucement devenir un vieux protocole pour geeks acariatres. Enfin, il est toujours possible qu'un protocole IRC2 sorte de terre un jour ou l'autre, pour rattraper le retard, mais j'en doute fortement.

vendredi 30 mai 2008

Why try to be you, when you can be new?

C'est le slogan du « méchant » dans le film « Robots », de Pixar. J'adore tous ces films.

Tous les films Disney ou Pixar donnent une vision certes caricaturée et légèrement manichéenne du monde, mais on y voit systématiquement des gentils et des méchants. Chaque film se termine avec une leçon que tous les enfants retiennent, je trouve ça bien.

jeudi 29 mai 2008

La colère se mondialise face au "troisième choc pétrolier"

C'est le titre d'un article publié hier sur lemonde.fr. Dans de nombreux pays européens, plusieurs professions ont commencé à faire des grèves, à bloquer la circulation ou l'accès aux dépôts pétroliers parce que l'essence devient de plus en plus cher. Ce qui est ridicule, c'est qu'il demandent aux états de supprimer les taxes sur les produits petroliers, voire même de garantir un prix maximum à la pompe pour leur profession.

Ce dont ils ne se rendent pas compte, c'est que ces taxes ont pour but de diminuer la consomation de carburant, donc leur accorder un tarif préférentiel irait à l'encontre du bon sens. Non seulement je suis opposé à une suppresion des taxes pour les professionels ou à la mise en place d'un prix maximal, mais je suis aussi opposé à la diminution de la taxe de manière générale (mesure qui aura pour effet non plus de taxer au pourcentage du prix, mais à une somme fixe, comme ça la taxe n'augmente pas avec le cours du pétrole). Si le prix du pétrole augmente, c'est qu'il se raréfie, et qu'il faut investir de plus en plus dans la recherche et la mise en place de sources d'énergie alternatives, donc il augmenter les taxes, et non les diminuer.

Il faut comprendre que si le prix du pétrole augmente, c'est parce que la demande augmente, et que la production ne peut pas augmenter au même rythme. Un jour ou l'autre il faudra apprendre à s'en passer, à se déplacer dans des voitures électriques, à abandonner les emballages en plastique, peut-être même à arrêter de mâcher du chewing-gum ^^. Les marins-pêcheurs, les chauffeurs routiers ou les ambulanciers n'ont pas des contraintes plus élevées que les autres professions, ils ont juste comme problème le fait qu'ils n'arrivent pas à répercuter la hausse du prix du gazoil sur le prix de vente de leurs produits ou de leurs services. Parce qu'elle est là, la solution, il faut augmenter le prix du poisson, il n'y a pas de raison de favoriser les marins-pêcheurs plutôt que les producteurs de pommes ou de navets. Si le coût de production augmente, ils doivent négocier avec leurs acheteurs et augmenter leur prix de vente.

Un jour ou l'autre, dans un futur plus ou moins lointain, il deviendra plus rentable d'aller pêcher avec des bateaux à voile, parce que le pétrole sera devenu beaucoup trop cher, donc toute demi-mesure prise aujourd'hui ne fait que retarder la prise de conscience de la population. Aujourd'hui, il est parfois moins cher de partir en vacances en avion en Turquie ou au Maghreb qu'en France à 200 km de chez soi, demain on arrêtera de se craquer, et on ira faire du vélo à quelques kilomètres de chez soi, au lieu de dépenser des tonnes de fioul pour se dorer au soleil.

mercredi 28 mai 2008

Successeur du MP3, quid de la liberté??

Le successeur du mp3 a été choisi il n'y a pas très longtemps, et permettra de séparer les pistes son. Le mp3 ne permet de stocker que 2 pistes, je crois, et le MT9, nouveau format, permettra d'en stocker 6. Cela permettra bien évidemment d'apporter des fonctionnalités avancées pour les audiophiles, ou pour dans des conditions bien précises (en ayant un système audio 5.1 par exemple).

Le problème, c'est que à priori c'est encore un format qui est fermé, et qui va demander de payer une taxe à je ne sais quelle compagnie pour pouvoir l'utiliser, comme c'est le cas pour le mp3…. Des fois je ne comprends pas pourquoi les industriels ne se mettent pas d'accord pour créer un vrai codec libre (ou au moins adopter massivement ceux qui existent, comme le vorbis).

The Kite Runner

Je viens de commencer à lire un livre que j'ai acheté il y a quelques semaines à la FNAC. C'est un roman en anglais, écrit par un américain d'origine afghane, et dont j'avais téléchargé le film il y a quelques temps (je ne l'ai d'ailleurs toujours pas regardé ^^).

Est-ce que c'est moi qui me fait une fausse idée, ou bien est-ce que, comme je le pense, il y a une grosse différence entre les livres anglais et les livres français?? En effet, les couvertures de tous les livres anglais que j'ai sont assez complexes, chargées de détails, de reliefs, de dorures même, alors que j'ai l'habitude de voir des couvertures sobres sur les livres français…

dimanche 25 mai 2008

Le cas IM, et digressions sur les logiciels libres

Pas plus tard qu'avant hier, je discutais avec un ami qui avait du mal à comprendre mon attachement aux logiciels libres. La discussion portait plus précisément sur les pilotes libres ou propriétaires, il pensait que l'acheteur payait le couple matériel-pilote, alors que je pensais que non, on achète le couple matériel-« fonctionnement sur *son* système ». Il est en effet très important d'avoir la possibilité de changer de système d'exploitation, et de passer de Windows à Linux, ou bien même de Linux à Solaris ou BSD (je me demande quel est l'état des pilotes pour les cartes ATI sous BSD, quand on voit ce qu'il est sous Linux). J'affirmais aussi que ce qui est vraiment important, c'est que le matériel soit ouvert, c'est à dire que ses spécifications soient publiques. Cela permet à tout développeur compétent de créer un pilote pour l'OS qu'il utilise, pas seulement pour les OS que le fabricant considère comme une plate forme rentable. Le refus d'utiliser un pilote propriétaire se fait plus au niveau de la crainte de voir sa vie privée ou ses informations personnelles violée par une fonction cachée du pilote, et le refus d'un simple pilote ouvert (sans que le matériel le soit) est nécessaire parce que le fabriquant peut alors cacher le fonctionnement exact de son produit et n'en activer que le strict nécessaire. Pour appuyer cette position, je n'ai qu'à citer la récente affaire des carte son Creative (si je ne me trompe pas de marque)?: la compagnie créait des pilotes qui n'exploitaient pas toutes les fonctionnalités des cartes, car elles ne les activaient que pour celles haut de gamme et plus chères. Ainsi, on achetait une carte moyenne gamme dont le fonctionnement était bridé par le constructeur, c'est totalement ridicule mais ça existe, et c'est pour ça qu'il faut exiger que les spécifications du matériel soient publiées.

Un gros problème que j'ai lorsque je discute de logiciel libre est que j'ai parfois du mal à expliquer pourquoi c'est important. En effet, lorsque qu'un exemple simple et concret s'offre à nous — via un énième scandale à propos de la politique de respect de l'utilisateur de Microsoft par exemple, ou via l'histoire des cartes son Creative — il n'est déjà pas toujours simple de faire comprendre que le système actuel n'est pas satisfaisant, alors quand il s'agit de s'occuper d'un cas théorique (je veux dire par là qu'il n'y a pas d'exemple concret et clair à montrer en exemple, soit parce qu'il n'y a encore jamais eu d'abus, soit parce que je n'en connais pas de précis), il est quasiment impossible de faire comprendre à son interlocuteur pourquoi on est opposé à telle ou telle pratique d'un fabricant ou développeur de logiciel.

Dans le premier cas, alors même qu'on a des exemples concrets de violations des droits des utilisateurs, il y a toujours des gens pour tenter d'expliquer ou de justifier les actions de l'éditeur de logiciel. Prenons par exemple le cas de Microsoft et de son spyware, Windows. Les exemples de fonctionnalités du système d'exploitation qui envoient sans nous l'annoncer des informations aux serveurs de Microsoft sont nombreux. Soit on n'est pas au courant, parce que ce n'est dit nulle part, et quelques personnes s'en rendent comptent en analysant le traffic réseau, soit c'est dit clairement des le contrat que l'on accepte avant d'utiliser un logiciel (comme Windows Media Player), mais premièrement le service n'a pas besoin de ces échanges d'informations pour fonctionner, et deuxièmement il est impossible de les désactiver (se déconnecter du net n'est pas une solution satisfaisante). Certaines personnes ne comprennent pas que c'est une violation de la vie privée de de l'utilisateur, que la loi interdit de collecter des informations sur ses clients sans les déclarer à la CNIL et les rendre consultables, éditables ou supprimables par leur propriétaires. Ils ne se rendent pas compte que si eux, en tant que particuliers n'en ont rien à faire que Microsoft sache qu'ils écoutent tel album de Lorie ou qu'ils ont commandé un disque dur sur Surcouf, cela peut gêner d'autres utilisateurs. Les utilisateurs que cela peut gêner peuvent être des hommes politiques, des businessman, des fonctionnaires, voire même des agents de la DST. Si Microsoft possède des infos sur vous sur leurs serveurs à Redmond, il est fort probable que la CIA ou d'autres services américains y aient accès. Si aujourd'hui vous êtes un simple étudiant de 20 ans, demain vous serez peut-être un élu, un militant s'opposant au régime, ou tout simplement un ingénieur chez Airbus devant prendre des décisions en étant sûr que Boing ne soit au courant de rien.

Malgré tout, il y a toujours des gens pour dire qu'un certain contrôle de ce qu'on fait peut être bénéfique, pour arrêter des terroristes, pour rendre le monde plus sûr, etc. À ceux-là, je leur dirai d'aller demander leur avis à tous les blogeurs et journalistes emprisonnés en Chine ou en Corée du Nord parce qu'ils sont considérés comme des criminels par le pouvoir en place. Le respect de la vie privée et d'un certains nombre de droits fondamentaux est primordial pour ne pas en arriver à une situation politico-industrielle insoutenable (je lisais un article il n'y a pas longtemps que désormais il ne faut plus craindre les dictatures politiques, mais les dictatures industrielles, bien plus insidieuses).

Dans le deuxième cas, lorsqu'on n'a pas d'exemple concret à avancer pour dénoncer une situation, il est toujours difficile de se faire comprendre. C'est la lecture d'un article sur le Framablog qui m'a poussé à écrire ce billet, car il m'offre un exemple d'une situation qu'il n'est pas facile de dénoncer. L'article peut être trouvé à l'adresse suivante http://www.framablog.org/index.php/post/2008/05/24/msn-windows-live-messenger, et traite de la façon dont Microsoft impose insidieusement l'ensemble de ses solutions logicielles aux consommateurs, en commençant par les plus jeunes. Je vous conseille vivement sa lecture, même s'il est un peu long. La question ici n'est pas de dénoncer une violation évidente de la liberté de l'utilisateur, comme c'est souvent le cas, mais de dénoncer la mise en place à long terme d'une telle situation parce que le public ne se rend pas compte de l'évolution du marché. Cette évolution est bien évidemment façonnée par la main d'industriels à l'éthique douteuse (quand on entre en bourse, le seul critère important est le profit, le reste vient après et n'est considéré que s'il a un incident sur le profit) et par l'absence de réaction des consommateurs, qui se laissent attirer par des fonctionnalités alléchantes mais oublient qu'en contrepartie on les enferme dans un système propriétaire et liberticide.

Imaginez mon désarroi quand je tente de convaincre mes amis qu'il faut arrêter d'utiliser MSN ou Facebook. Le gros problème est qu'ils se contentent de juger une solution sur ce qu'on voit à la surface, c'est à dire les fonctionnalités offertes à l'utilisateur. Dans le cas de Windows, j'ai toujours moyen de leur faire comprendre que depuis que je suis sous Linux je ne suis plus limité par la politique de fermeture de Microsoft, que c'est un système créé par des utilisateur, pour des utilisateurs, qu'il y a moyen de le personnaliser comme il ne sera jamais possible de personnaliser un système propriétaire, voire même qu'il est possible d'étendre les possibilités du système en bidouillant soi-même une fonctionnalité qui nous est indispensable, et qu'il est impossible d'avoir sous Windows. Pour ce qui est de Facebook, je n'ai pas d'alternative libre à proposer. Facebook est presque unique en son genre. Certes il y a Myspace, Hi5, ou d'autres plateformes, mais le problème est le même dans tous les cas, toutes ces plate-formes sociales enferment l'utilisateur. Il n'existe pas d'équivalent libre et respectueux de l'utilisateur à l'heure actuelle, comment puis-je leur faire comprendre qu'il faut faire le sacrifice de quitter Facebook si je n'ai rien à leur offrir à la place?? Idem pour MSN, il n'y a pas de solution libre proposant les wizz, la voix, la vidéo, les petits jeux en ligne.

Le problème à ce niveau là est le même que celui auquel s'attaquent les militants écologistes, il s'agit de tenter de créer un monde meilleur, pas un monde qui évolue le plus rapidement possible sans se soucier des conséquences à long terme. Construire un système informatique libre, respectueux des utilisateurs, étant prévu pour être implémentable par tout un chacun prend énormément de temps. Construire le même système au sein d'une entreprise, de manière fermée, en s'appuyant sur la puissance commerciale d'une base existante d'utilisateurs d'autres services, sans se soucier du respect des utilisateurs, cela prend beaucoup moins de temps, est moins coûteux, et apparaît aux yeux du public comme étant une meilleure solution, car cela leur permet de profiter de plus de fonctionnalités plus rapidement. La plupart des gens ne se rendent pas compte des problèmes que cela pose. Ils préfèrent utiliser MSN parce qu'il y a le démineur dedans, mais ils ne se rendent pas compte qu'ils n'auront jamais accès qu'aux cinq jeux qui sont proposés par Microsoft. Le jour où ils voudront un autre jeu, ils ne l'auront pas parce que personne n'est capable de créer un nouveau jeu, ne sachant pas comment ils sont implémentés. Concernant ce point ci, je dois avouer que dans de nombreux domaines je me situe au même niveau que le reste de la population, et que je ne me rends pas compte de ce genre de risques.

Il est donc primordial de refuser tout système fermé. Il n'existe pas de raison suffisante pour justifier l'utilisation d'un système fermé, car les avantages à court terme de l'utilisation d'un tel système ne valent pas les inconvénients qui en découleront à long terme. Un monde libre évolue bien plus rapidement qu'un monde fermé et propriétaire, il faut juste lui laisser le temps de démarrer et de rattraper son retard sur ce dernier

Pour en revenir au titre de ce billet, je vais citer en exemple le protocole de messagerie instantanée XMPP. En effet, il s'insère bien dans ce cadre de combat entre le libre et le propriétaire, avec d'un côté MSN, fermé et limité aux décisions de Microsoft, et de l'autre côté XMPP, ouvert, destiné à être distribué et non centralisé, et aux possibilités extensibles. J'ai parlé de MSN?Messenger un peu plus haut dans ce billet, et j'ai déjà dit qu'il était extrêmement limité. Même si à l'heure actuelle il offre plus de possibilités que son concurrent libre, il est totalement contrôlé par une boite qui n'a comme seul objectif que la création de profits, au détriment du respect de l'utilisateur. Il ne sera jamais possible de le modifier pour pouvoir y ajouter une fonctionnalité qui nous serait utile, que ce soit en tant qu'utilisateur ou en tant que professionnel qui a besoin d'intégrer une solution de messagerie instantanée à son produit. De l'autre côté, XMPP a à l'heure actuelle moins de fonctionnalités visibles du point de vue du l'utilisateur. Il n'y a pas encore de jeux, les clients sont moins complets, la voix et la vidéo ne sont pas encore stabilisés, etc. Par contre, il remplit parfaitement le rôle de base, qui est de faire de la messagerie instantanée, et il peut être utilisé relativement simplement dans des produits tout autres que de la messagerie instantanée.

Parmis les usages notables de XMPP, outre les exemples d'usage en tant qu'IM par Meetic, Google, Sun, IBM, et autres, on peut citer son utilisation par TiVo et par le Nabaztag. Dans les deux cas, il sert à remplacer le système de suivi d'info par rss, qui devient de moins en moins adapté aux utilisations actuelles d'internet. Dans le cadre du TiVo, la machine est notifiée en temps réelle de l'arrivée d'une nouvelle vidéo, et dans le cas du Nabaztag, le lapin est notifié de l'apparition de je ne sais quelle nouvelle info (mail ou autre, je ne sais pas trop à quoi sert cet appareil). Ici, l'intérêt d'un point de vue technique est que XMPP fournit un système de notification de type PUSH, et non de type PULL, c'est à dire qu'au lieu de faire une requête au serveur toutes les minutes pour savoir si il y a des nouveautés, il n'y a communication entre l'appareil et le serveur que lorsque qu'il y a vraiment une nouveauté. Cela réduit considérablement la charge que subit le serveur. Mais l'intérêt principal est que XMPP est libre et ouvert, extensible et complet, il aurait été impossible d'utiliser le protocole MSN pour faire la même chose, tout simplement parce que c'est un protocole fermé.

Un gros problème à l'heure actuelle dans la communauté du libre est que au lieu d'aider à développer des clients XMPP variés et performants, beaucoup de développeurs perdent leur temps à implémenter des protocoles fermés dans les clients libres. Si on prend l'exemple de Pidgin, j'ai lu dernièrement que 80% des ressources-développeurs du projet étaient utilisées à implémenter la voix et la vidéo MSN. C'est du gros gâchis, il vaudrait mieux qu'ils utilisent leur temps à implémenter des fonctionnalités XMPP qui sont en attente depuis des mois que de perdre leur temps à faire du reverse engeneering sur un protocole fermé. Implémenter un protocole ouvert est bien évidemment bien plus aisé et rapide, mais que voulez-vous, on ne peut pas les forcer à abandonner MSN, ils sont libres de faire ce qu'ils veulent. Je ne peux pas les forcer, mais le jour où j'aurai une famille et des enfants (si j'en ai un jour), ils n'utiliseront ni Windows, ni MSN, je ferai tout pour bloquer les communications avec les serveurs de Microsoft, et mes enfants devront apprendre à vivre sans être dépendants de systèmes propriétaires.

mercredi 7 mai 2008

Latin 9 vs. UTF-8, azerty vs bépo

En écrivant mon dernier message, je me suis rendu compte d'une chose. Autant dans une police à chasse fixe, le caractère « … » peut sembler moins esthétique que trois points « ... » (et encore, c'est sujet à débat, et au moins cela prend moins de place pour la même information), autant dans une police classique le résultat visuel est aussi bon voire meilleur (dans le blog, c'est presque équivalent, mais tout de même mieux et dans l'éditeur de blogger, c'est vraiment meilleur).

Cela me fait me rappeler pourquoi l'unicode est vraiment meilleur que le latin 9 pour composer des messages en français. J'ai beau savoir que certaines choses sont moins performantes en utf (des recherche dans des gros fichiers, selon Crako, même si j'aimerais pouvoir m'en rendre compte moi-même), et que le fait d'encoder les caractères avec un nombre d'octets variables pose des problèmes dans certaines applications, il reste que sans utiliser un encodage unicode on ne peut pas respecter les règles basiques de la typographie française.

J'utilise régulièrement plusieurs caractères spécifiquement unicodes, comme l'espace fine insécable «   », avant les signes de ponctuation et dans les apostrophes françaises, le tiret quadratin « — », qui replace aisément les parenthèses, voire qui s'utilise en parallèle à elles, ou le « … » dont je parlais plus tôt dans ce message. Je suis conscient du fait que de nos jours, le problème principal est la qualité de l'orthographe et de la grammaire, ainsi que celle de l'expression orale ou écrite d'une manière générale, et que de ce point de vue là je suis loin d'offrir un exemple parfait, mais j'estime que ce n'est pas une raison suffisante pour délaisser la typographie.

Pour terminer, je crois qu'une autre raison pour laquelle on a délaissé certains éléments de typo et le fait que le clavier français est l'azerty. En effet, il ne permet pas d'utiliser de caractères unicodes, et certains caractères bien pratiques, telles que les guillemets françaises, ne sont accessibles qu'en altgr, donc personne ne les utilise. Vivement le jour où le bépo prendra le dessus, et qu'on se rendra compte que c'est vraiment une meilleur disposition de clavier que le vieil et mal concu azerty (encore faudrait-il que les gars qui s'investissent dans le projet se décident à stabiliser la disposition, et à sortir la version finale).

L'azerty fait partie du passé, tout comme le latin 9, mais malheureusement personne ne s'en rend compte, et il y a toujours des gens pour les défendre bec et ongles. Enfin, j'ai vu il y a quelques jours que l'usage de l'utf-8 venait de dépasser les 50% sur le net (avec l'iso en deuxième, et le russe et chinois à la suite — yeah, victory is near!).

lundi 4 février 2008

De la perception du libre chez le grand public

Il y a eu ces derniers temps plusieurs événements qui m'ont marqués dans le monde du libre grand public, concernant la perception et la reconnaissance des technologies libres par les particuliers, les pouvoirs publics, et les grands médias. Depuis bientôt deux ans je milite (à mon modeste niveau) pour l'utilisation des logiciels libres, non pas parce qu'ils sont meilleurs (je les préfère, mais je comprend qu'une entreprise peut avoir des besoins que le libre ne peut pas satisfaire pour le moment), mais parce qu'ils sont sous médiatisés proportionnellement à ce qu'ils pourraient apporter à tout un chacun, et que si personne n'utilise par exemple Linux c'est surtout parce que le grand public n'en entend jamais parler. Heureusement la « lame de fond » que constitue le libre commence à faire changer les choses, et en voici quelques exemples.

On a tout d'abord l'adoption massive de Firefox, avec 25 % de parts de marché en France, 28 % au niveau mondial, et près de 45 % dans certains pays. Certes, 28 % ça veut dire que Internet Explorer a autour de 70 % de parts de marché, mais comme la tendance est à la prise de part de marché par Firefox (il y a tout de même une très petite perte dans certains pays) tout s'annonce pour le mieux. De plus, les pays d'Europe de l'est sont ceux qui présentent les pourcentages les plus élevés. Si je ne me trompe pas, cela veut dire que les pays qui ont accédé à l'ère du numérique plus tard que leur confrères de l'Europe de l'ouest n'ont pas cette culture « Microsoft Windows Internet Explorer est la seule solution existante », il sont plus ouverts aux solutions alternatives que nous. Avec l'Afrique et l'Asie qui s'équipent progressivement je parie que les parts de marché du navigateur libre va augmenter dans les années à venir.

On a ensuite l'arrivée des ultra-portables à bas prix tels que l'OLPC, le Eee d'Asus ou le Classmate d'Intel qui sont très populaires et dont on entend beaucoup parler dans les médias grand publics ou spécialisés en technologie (dans le style Clubic, je ne mentionne même pas les médias spécialisés en logiciel libre). Leur couverture médiatique importante permet de faire énormément de publicité pour Linux et les logiciels libres en général (par contre ça a tendance à un peu trop associer Linux avec du matériel peu cher et bas de gamme, une plus grande médiatisation de ce que propose Dell - un ultra-portable autour de 1000 € et plus - ne ferait pas de mal).

Vient maintenant quelque chose qui m'a énormément étonné et fait plaisir, et qui est arrivé dans mes podcasts Miro : l'émission « Plein écran » du 3 février sur LCI. Elle a pour titre « Les allées de Solutions Linux » et traite de plusieurs aspects de Linux pendant près d'un quart d'heure. Elle m'a fait très plaisir parce qu'elle représente parfaitement bien le changement qui s'opère actuellement dans les grands médias avec le passage du logiciel libre d'un statut de « truc alternatif réservé aux geeks mal rasés » à « nouvelles technologies innovantes et d'avenir parce qu'on peut baser dessus des business model performants ». Au rythme où ça va je suis persuadé qu'on aura bientôt droit à une émission en prime time traitant de l'économie du logiciel (pourquoi pas un Capital, avec tout un reportage sur le logiciel libre ou sur le combat Windows - MacOS - Linux ?).

Et maintenant le meilleur pour la fin selon moi : le rapport Attali et les récentes annonce du ministère de la défense. Le rapport Attali traite de l'augmentation du pouvoir d'achat et de la relance de la croissance économique. Il préconise l'adoption d'un certain nombre de mesures économiques et sociales, dont par exemple certaines sur l'immigration, mais surtout pour ce qui nous intéresse ici plusieurs sur les logiciels libres. Le constat est simple : le marché du logiciel propriétaire est dominé par des entreprises étrangères (américaines principalement) alors que la France fait partie des leaders mondiaux au niveau du logiciel libre (je n'ai pas de chiffres exacts mais je crois que je ne me trompe pas en affirmant cela), donc en favorisant les logiciels libres on stimule l'économie française et non celle du pays de l'Oncle Sam. Le gouvernement cherche de plus à relancer une vraie concurrence dans le monde des logiciels, ce qui sera bénéfique pour tout le monde. Il prend enfin conscience du rôle qu'il a à jouer dans la bataille contre les monopoles qui existent dans ce domaine (le monopole de Microsoft principalement, mais il y en a d'autres déjà présents ou en formation).

En ce qui concerne le ministère de la défense, on vient d'avoir droit à une annonce officielle que j'attendais depuis très longtemps et qui affirme entre autre en substance qu'il est inacceptable que des secteurs clés de nôtre pays (la défense et la sécurité du territoire) soient dépendants du bon vouloir d'une entreprise étrangère. Ainsi, en plus de faire des économies, le ministère prône l'utilisation du libre pour des raisons politiques et idéologique, et c'est la première fois que je vois ça à un tel niveau. On a maintenant, en plus des 350.000 postes du ministère de l'agriculture (et de l'éducation ?) qui se sont mis à l'utilisation de logiciels libres (OpenOffice.org. Thunderbird et Firefox principalement), le ministère de la défense devient un des plus gros utilisateurs de libre en France. Les 70.000 postes clients de la gendarmerie nationale, qui étaient déjà équipés du navigateur et de la suite bureautique libre vont progressivement passer sous Ubuntu d'ici 2013. Une économie de 20 % sera faite par la même occasion (et oui, si le logiciel en lui même est gratuit, le support coûte plus cher, mais il permet de faire vivre l'économie nationale). Une autre initiative du ministère de la défense est le projet Milimail qui ajoute des fonctionnalités à Thunderbird pour répondre à des besoins internes du ministère, puis propose ces améliorations sous forme d'extensions pour le logiciel de Mozilla, et aide à leur intégration dans la future version 3. Cette initiative va avoir énormément de retombées positives pour Thunderbird, et on ne peut que l'applaudir.

Allez, vive la France, et Banzaï !

mercredi 5 décembre 2007

Et si ?

Combien de fois ai-je planifié la façon dont je dépenserais mon argent si je gagnais à l'euromillion? Je dois avouer que je ne peux plus vraiment compter, surtout que cela fait longtemps que je n'y ai pas pensé (et quelques semaines que je n'ai pas joué ^^). Ce qui m'y fait repenser est que j'ai vu à la tv qu'un chien avait hérité de douze milliards de dollars (ça fait beaucoup moins en euros), et j'ai trouvé ça tellement ridicule que je me suis dit que la vieille aurait mieux fait de me léguer sa fortune, plutôt que de la gaspiller en la donnant à un animal. Mais qu'en aurais-je fait ?

Voici donc la question : et si je gagnais à l'euromillion, que ferais-je de l'argent ? Pour la première fois, j'ai décidé de chercher à savoir non pas ce que je dépenserais pour moi-même, mais ce que je donnerais. Et donc, je m'engage solennement à dépenser une partie de mon argent de cette manière :
1. 2 € pour racheter un tiquet ;
2. 10 % de la somme pour une association caritative, parce que je pense que lorsqu'on a la chance d'avoir de l'argent, il faut un jour ou l'autre en donner un peu aux gens qui en ont besoin (pas tout non plus, c'est moi qui ai gagné, pas eux). Je donnerai la somme à un organisme qui participe à un développement durable (donne un poisson, apprends à pécher bla bla bla), pas forcément en France, mais à un projet bien précis pour pouvoir voir l'effet de mon don :-) ;
3. 10 % de la somme pour les logiciels libres que j'aime le plus, sûrement le projet Gnome, Pidgin, GTK, etc. (que des trucs en GTK en tout cas, DIE, QT, DIE) ;
4. 10 % pour des amis, parce que ce sont les gens qui comptent pour moi. Par contre, je ne me vois pas donner de l'argent à mes amis, alors j'offrirais sûrement plein de gros cadeaux inutiles et trop coûteux à entretenir ;
5. 10 % pour ma famille, pour la même raison.

Bien évidemment, cela vaut pour tous mes gains, même les plus petits, donc si je vous offre un café un jour où l'autre, vous saurez d'où ça vient ^^ (mais je ne vois pas trop comment je ferais pour offrir un café à la croix rouge et un autre à Canonical).

vendredi 29 juin 2007

Épisode poubelle

Pourquoi faut-il que dans la plupart des séries, un épisode de chaque saison soit utilisé pour diffuser des flashbacks? Cela crée des épisodes poubelles, qui n'ont à peu près aucun intérêt pour le téléspectateur (l'ordispectateur ?). Je n'ai que faire de revoir une deuxième ou troisième fois des passages que j'ai vu la veille ou l'avant veille (en d'autres mots une ou deux saisons avant...), et ça me gâche tout plaisir.

Je n'arrive pas à comprendre les motivations des producteurs. La première possibilité étant qu'ils font des économies sur le tournage des épisodes, en ne tournant que 21 épisodes par saison au lieu de 22. Malgré tout je ne suis pas sûr que le cout de tournage d'un épisode soit si important que ça comparé à la somme totale mise en jeu lors de la production d'une saison complète. La deuxième possibilité est qu'ils essayent de faire en sorte que les téléspectateurs se remémorent les faits passés pour mieux accrocher la suite de la saison, et la suite de la série. En effet, contrairement à moi qui ai tendance à regarder une saison complète en entre moins d'une journée et deux jours, les gens normaux regardent un épisode par semaine. En comptant 22 épisodes par saison, ça fait plus de 5 mois entre le premier et le dernier. Le téléspectateur moyen a donc tout oublié, et n'en a rien à faire la saison suivante, puisqu'il ne se rend pas compte de la gravité de la situation...

Quoi qu'il en soit, la question reste ouverte, et je m'en vais de ce passer détourner mes yeux de l'écran principal pour mieux suivre la fin de saison sur l'écran externe (et accessoirement commencer la saison suivante).

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