Le blog de vetetix

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Tag - Logiciels libres

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vendredi 5 juin 2009

Le monde libre a vaincu « The Axis of Evil »

Derrière ce magnifique titre se cache une réjouissante réalité. Non, la Corée du Nord n'est pas redevenue un pays démocratique (elle prévoit toujours de trouver un prétexte dans une quelconque action de ses voisins du sud pour aller péter la gueule à leurs ennemis Japonais, à coup de missile longue portée). Non, les Américains n'ont pas résolu le problème que pose les terroristes islamiques (ils y travaillent, semble-t-il plus efficacement que ces huit dernières années, c'est-à-dire par le dialogue, mais ils en sont encore loin). Non, l'évènement qui me fait écrire ce billet est tout autre, bien plus important : j'ai vaincu le bug de la division approximée à un entier en python dans un de mes scripts \o/.

Ouais, ok, c'est une bidouille ridicule qui m'a sorti de ce « bourbier », ça m'a pris deux minutes à trouver, et ça n'a sauvé la vie de personne. Néanmoins, je me plais à croire que j'ai sauvé le monde et que mon action héroïque répandra le bonheur sur terre pour les générations futures.

Mais pourquoi je vous parle de ça, déjà ? Ah, oui, c'est parce que je suis tombé sur un billet de Nicolargo, sur le Planet Libre. Il y présente un logiciel baptisé Desktop Drapes qui permet de changer automatiquement son fond d'écran à intervalles réguliers en en choisissant un au hasard dans un dossier. Gros problèmes : il tourne en permanence (et donc prend de la ram), il ne gère qu'un seul écran, et il est codé en Mono (Ah, non, pas ça, c'est mal le Mono).

N'ayez crainte, ce n'est pas la fin du monde, et j'ai une magnifique solution pour vous : DuallPaper, le gestionnaire de wallpaper pour les dual screen.

Disponible dans toutes les bonnes crèmeries, enfin, au moins dans la mienne, ici.

On configure rapidement les quelques options, on le rend exécutable, on ajoute un cron, et hop, on n'en parle plus :-) .

Ce script tourne sur mon ordi depuis quelques semaines déjà. En voyant le billet de Nicolargo, ça m'a motivé pour ajouter quelques améliorations et pour nettoyer le code. J'ai ajouté une gestion d'une erreur récurrente (PIL ne gère pas les images PNG entrelacées, ça faisait planter le script. Maintenant il gère l'erreur en envoyant un message d'erreur et en choisissant une autre image), activé une option (pour maintenir le ratio d'une image, histoire d'éviter d'avoir des images 4:3 écrasées dans un widescreen, ou inversement), et j'ai condensé le code et mis des commentaires utiles.

Il n'y a pas de GUI, mais c'est léger, c'est rapide, ça ne prend pas de ram (sauf pendant dix secondes, quand le cron le lance), et c'est en python (tellement mieux que le Mono).

Je ne sais pas si ça sera jamais utile à qui que ce soit d'autre que moi, mais je pense que ça pourrait inspirer d'autres petits codeurs en herbe qui ont des besoins similaires.

mercredi 11 février 2009

Ils sont bien gentils…

…mais ce n'est pas parce que Mono et Moonlight sont sous GPL qu'il faut tout accepter…

Je ne m'étendrai pas sur le fait que c'est pas forcément bon de tout faire via un navigateur web, là je veux plus gueuler sur ce qu'il y a derrière les belles paroles dans le style « Microsoft soutient l'open-source via Mono ».

C'est bien beau les plugins sous GPL, mais si il faut télécharger des codecs ou des extensions propriétaires pour pouvoir lire les vidéos ou exécuter les applications Silverlight, c'est pas plus acceptable que d'installer le plugin Flash propriétaire.

C'est ce qui me fait peur avec cette tendance à tout faire passer par le web. Sous prétexte qu'on n'installe pas les programmes sur son ordinateur, comme on le faisait il y a quelques années, on accepte que le contenu exécuté dans le navigateur ne soit pas libre, on accepte aussi de ne plus avoir de réel contrôle sur ses propres données en les confiant à des services web non-libres (ok, c'est un autre problème, mais c'est quand même lié).

Un codec ou une extension non-libre, ça n'est pas acceptable. Un service web non-libre, qu'on ne peut pas héberger soi-même, ça n'est pas acceptable non plus.

Miro 2.0

Wow, je viens de l'installer, et la première impression est vraiment bonne.

Je ferai un vrai billet pour expliquer tout ça demain, quand j'aurai dormi un peu :-)

Test de OpenSuse 11.1

Au FOSDEM il y avait un certain nombre de stands qui proposaient gratuitement des liveCD, et j'en ai récupéré quelques-uns pour les tester, dont un OpenSuse 11.1.

Ça faisait quelques temps que je voulais voir d'autres trucs que Ubuntu ou Debian, donc j'ai profité d'un reboot de mon ordi pour lancer le LiveCD (LiveDVD, en fait) d'OpenSuse.

J'ai choisi de booter sur un environnement Gnome, histoire de comparer avec ce que je connais déjà bien. Globalement la distribution fonctionne bien, en particulier en terme de WiFi ou de gestion du double-écran. Le système était un peu lent, de manière générale et plus particulièrement quand je changeais une configuration (un utilitaire se lançait pour vérifier la validité des nouvelles options, c'est inclus dans Yast), mais je pense que c'était imputable plus au LiveCD qu'à la distribution elle-même.

Je n'ai pas pu tester l'installation/mise à jour des logiciels, à cause du LiveCD, donc je ne pourrai pas comparer leur système à apt-get/aptitude/synaptic. J'ai tout de même remarqué un certain nombre de différences par rapport à Ubuntu.

Les deux principales différences sont l'utilisation des outils avancés de Gnome (un menu pas classique, plus ergonomique pour les tâches quotidiennes, mais moins pratique pour aller chercher une application rarement lancée, avec en plus l'utilisation du panneau de configuration unifié de Gnome), et quelques différences dans les logiciels installés.

Dans les logiciels installés par défaut, OpenSuse utilise Banshee à la place de Rhythmbox, ce qui est logique car Novel soutient les logiciels écrits dans le langage qu'il développe (Mono). L'utilitaire Tomboy (prises de notes, aussi en Mono) est mis en avant sur la barre des tâches, et une appli de gestion de ToDo List, Tasquel (que je ne connaissais pas), est installée par défaut. On trouve aussi de nombreux logiciels un peu plus spécifique à une utilisation en entreprise (gestion de LDAP, de postfix, de Kerberos, etc.). Ubuntu, plus orienté vers les particuliers, a supprimé ces fonctionnalités qui surchargent le système et ne sont utiles qu'aux utilisateurs avancés ou faisant partie de réseaux d'entreprises.

Au final, si rien ne m'a déçu dans cette distribution, rien ne m'a enthousiasmé non plus. Ça ne me dérangerait aucunement de quitter Ubuntu pour passer à OpenSuse, je pourrais y faire exactement la même chose. Malgré tout, ça ne m'apporterait pas grand chose, et ça m'obligerait à apprendre à gérer les quelques différences minimes (emplacement de certains fichiers de conf par exemple), donc je n'ai pas particulièrement envie de migrer dessus pour le moment.

Les avancées majeures des distributions Linux, ce sont les projets tels que Gnome, KDE ou le noyau Linux qui les font. Les distributions ne font qu'intégrer les nouveautés, et elles le font toutes plus ou moins de la même manière et en même temps (sauf Debian :D).

Prochain test : OpenSolaris

lundi 9 février 2009

FOSDEM 2009

Je suis allé au FOSDEM 2009 à Bruxelles hier (dimanche), et je dois avouer que c'était assez spécial. C'était la première fois que j'allais à une conférence de geeks, et j'ai été surpris par certaines choses :

  • Je ne suis pas un geek. En effet, comparé à la majorité des gars qui étaient là-bas, je ne suis pas un geek.
  • Un vrai geek, ça a vraiment une tête de geek. Ça a les cheveux gras, un vieux t-shirt à message un peu moisi, et c'est associal. Il y en avait vraiment beaucoup au FOSDEM, des vrais geeks…
  • Il y avait un certain nombre de filles (moins de 10%, en tout cas) mais quand même, plus qu'au Rezo. Des vraies geekettes, pendant féminin des geeks du point précédent, mais aussi des filles plutôt pas mal. Certes, il n'y en avait pas énormément de celles-là, et j'imagine que c'était les copines des quelques geeks métrosexuels, pas des geekettes (elles devaient donc bien se faire chier, parce que pour un non-développeur, il n'y avait pas grand chose à voir).
  • Quasiment tout le monde était connecté au Wifi, un certain nombre avec des portables « classique », une grande majorité avec des NetBooks, eeePC et autres (certains en ligne de commande, « à la geek »), et j'ai enfin vu tout plein de monde avec des N810 ou des N800. Le reste des geeks avait en général un smartphone connecté au WiFi.
  • En parlant de smartphone, j'ai vu mon premier FreeRunner/OpenMoko, car ils étaient en vente sur le stand de OpenBSD. C'est gros, épais, avec un tout petit écran et une résolution trop élevée, avec plein de place perdue dans un espèce de faux design mal foutu. Le logiciel avait l'air un peu buggé, mais je n'ai pas pu/voulu tester par moi-même. Malgré tout, c'est libre, ça coûte deux fois moins cher qu'un iphone (280€), donc je comprends parfaitement que beaucoup de geeks et supporters du libre l'achètent, et s'en satisfassent.

mercredi 4 février 2009

Le Department of Defense Américain et l'open-source

Je viens de voir sur Ars Technica que le DoD vient d'ouvrir un portail « à la SourceForge »[1], pour héberger les projets open-source développés ou soutenus par ses équipes.

Les arguments avancés pour justifier ce projet sont assez classiques :

reduced risk of vendor lock-in, increased flexibility, greater interoperability, and reduced IT costs

Je me suis toujours demandé comment l'armée ou les services de renseignements acceptent d'utiliser des logiciels propriétaires. Je suis un particulier avec pas grand chose à cacher, juste une vie privée à protéger « par principe », et pourtant ça me dérange énormément de faire tourner des logiciels propriétaires sur mon ordi (Skype, Real Player, etc. sans parler de Windows). Les enjeux à protéger dans les départements de la défenses, de l'espionnage ou du contre espionnage sont bien plus importants, et pourtant on trouve des systèmes Windows pour contrôler les sous-marins, les ordis du pentagone, etc.

L'objectif de ce portail est plus large que de simplement se protéger de risques d'espionnage/piratage, mais je trouve étrange que l'article ne parle pas de ce sujet précis (j'aimerais trouver un article en parlant, donc si vous avez ça sous la main je suis preneur).

Notes

[1] Le lien n'a pas l'air de fonctionner

mardi 3 février 2009

PDFreaders.org

La Free Software Foundation Europe vient de lancer un petit projet visant à promouvoir l'usage des lecteurs PDF libres.

En effet, à chaque fois qu'un site web propose un fichier PDF au téléchargement, il met un lien vers le site officiel d'Adobe Reader pour ouvrir ce fichier. Les utilisateurs sont donc systématiquement incités à utiliser un logiciel propriétaire (lourds, rempli de fonctions inutiles et mettant très longtemps à se lancer), Je crois même que la plupart des gens ne savent pas qu'il existe des alternatives plus légères (et souvent plus libres).

Donc, voilà le site, avec une petite image pour y aller :

lundi 2 février 2009

Le financement des logiciels

Cela fait extrêmement longtemps que je cherche à faire un billet sur ce que je pense de la viabilité économique des logiciels libres, de leur financement, et du rapport entre ce financement et les performances de ceux-ci ou de la qualité de leur développement. Je vais finalement faire une série de billets, pour essayer de mettre au clair mes pensées. Je le fais autant pour expliquer ma position à « mes » lecteurs que pour savoir moi-même exactement ce que je pense.

Je ne suis pas un économiste, je ne suis pas un vrai développeur, je suis encore moins un développeur professionnel. Je ne suis qu'un étudiant qui n'a pas encore de réels impératifs financiers, j'ai donc du mal à faire le tri entre tous les sentiments qui m'animent. Avant de mettre mes pensées sur papier, il faut que j'arrive à séparer celles qui sont la conséquence d'un extrémisme libriste, dans le style révolutionnaire communiste, et celles qui sont réfléchies, posées, découlant d'une analyse d'un maximum de facettes de la situation actuelle.

Une partie de moi a tendance à dire « Tout logiciel doit être libre et gratuit, et un développeur ne peut pas demander de rémunération. Ce serait contraire à l'esprit du logiciel Libre ». Ce n'est évidemment pas un discours constructif, il faut prendre en compte les nécessités financières du développement d'un logiciel de taille respectable et de qualité.

Un petit projet codé par une seule personne ou un petit groupe de développeurs, sur leur temps libre, peut se permettre d'être complètement gratuit. C'est l'équivalent d'un particulier qui décide de se porter volontaire pour une association caritative (croix rouge, wwf, resto du cœur…), ou bien pour un club sportif d'un de ses gamins. Un investissement désintéressé de son temps libre, pour faire vivre un projet, une cause, un idéal.

Le problème est tout autre pour des projets plus gros. Si un projet ne peut pas être mené à bien en ne mettant à profit que le temps libre d'un généreux codeur, aussi génial soit-il, s'il faut une équipe de codeurs à plein temps, il faut bien trouver une source de financement. Il faut payer les développeurs, leur permettre de manger et de payer leur loyer, etc. On trouve, dans cette catégories de projets, le noyau Linux, OpenOffice.org, Firefox, et bien d'autres. On ne peut dans ce cas plus considérer, bien que le projet soit sous GPL, que le logiciel doit forcément être gratuit.

Un autre problème survient quand un développeur bénévole, bien que très efficace et productif, n'est pas en mesure de faire progresser son projet chéri autant qu'il le devrait car il aurait besoin de plus de temps libre, mais qu'il doit bien garder son boulot. Il serait intéressant de pouvoir lui trouver une source de financement pour qu'il n'ai plus besoin que d'un boulot à mi-temps pour vivre, ou bien, dans le cas d'un projet en groupe, pour financer un des développeurs à temps plein, les autres développeurs gardant leur statut de généreux contributeurs bénévoles sur leur temps libre.

Je suis un grand amoureux du logiciel Libre et de sa philosophie, autant en tant que développeur/bidouilleur qu'en tant que simple utilisateur, et j'aimerais que les gens qui lisent mon blog comprennent pourquoi je m'accroche à une Ubuntu imparfaite, pourquoi je ne retourne pas sous le XP que j'ai acheté avec mon ordinateur, pourquoi je crois que le libre est un écosystème viable et qu'il ne faut pas être défaitiste dans le style « Bah, Linux c'est bien pour les geeks et pour bidouiller, mais quand il s'agit de faire des vrais trucs un MacOS c'est tellement plus confortable, osef du libre, le principal c'est d'avoir des vraies fonctionnalités ». Dans les prochains billets, je vais essayer d'expliquer quelles sont les sources de financement auxquelles je pense et que je considère comme sensées, viables, et permettant de faire avancer le logiciel libre.

dimanche 25 janvier 2009

Joe Sixpack et GNU/Linux

Llnk a partagé un article intéressant abordant la question de la relation entre les distributions Linux et « Joe Sixpack », censé représenter l'utilisateur moyen d'un ordinateur.

L'auteur de l'article est exaspéré de voir que beaucoup de journalistes de la presse informatique généraliste considèrent que « Linux est super et a fait plein de progrès, mais il n'est pas prêt pour le grand public pour la raison X ou Y ».

Quand on lit leurs articles, toujours selon l'auteur, on a l'impression que Linux devrait s'excuser d'avoir ses défauts, de n'être pas parfait. Il considère au contraire que Linux a de très nombreux avantages dont il peut être fier. Voici une liste, toujours selon lui, de ses avantages :

   * Frequent incremental releases
   * Continual improvements
   * Dominates super-computing
   * Dominates on the server
   * Dominates the embedded realm
   * Dominates in real innovation
   * Dominates in flexibility and customizability
   * Dominates in user-friendliness
   * Does not fuel the World Wide Botnet
   * Genuine innovation comes from Linux and FOSS
   * Bigger on the desktop than it is given credit for

Certaines de ces affirmations sont légèrement sujets à discussion, mais le principal est là.

Linux est le meilleur des systèmes d'exploitation

Pour moi, Linux est le meilleur des systèmes d'exploitation[1], pour plusieurs raisons.

  • C'est le seul qui soit gratuit[2]. Quand je vois la situation financière de millions de personnes en France, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne s'active pas plus pour faire en sorte qu'elles ne soient pas obligées d'acheter un Windows avec leur ordi.
  • C'est le seul qui respecte l'utilisateur. Windows encule les utilisateurs à sec, et MacOS met du lubrifiant, mais c'est pour pouvoir aller plus profond (excusez de la vulgarité de cette formulation, mais j'ai trouvé ça approprié).
  • C'est le seul qui s'installe sur un PC de base quasiment sans intervention de l'utilisateur, et qui est utilisable directement avec toutes les applications nécessaires.
  • C'est le seul qui est livré dès le départ avec les drivers pour gérer plus de 95% du matériel existant. MacOS fonctionne différemment donc c'est pas vraiment comparable, mais Windows est catastrophique dans sa gestion des pilotes (que ce soit XP, ou vista, il faut toujours mettre un CD d'installation pour brancher une imprimante par exemple…).
  • C'est la seule qui propose un gestionnaire d'installation de programme centralisé.
  • C'est le seul qui soit configurable à souhait au niveau du thème. Un MacOS ça ne se configure pas (à part changer légèrement une couleur), et Windows idem (sauf à installer un pack de crack dangereux pour pouvoir skinner le thème, mais c'est super galère et ça casse tout).
  • C'est le seul qui offre une pléthore de gestionnaires de bureaux pour tous les goûts, des plus complets aux plus légers. Sur les systèmes concurrents, il y a un seul environnement disponible.
  • C'est le seul qui peut s'adapter sur des toutes petites machines tout en étant encore mis à jour régulièrement.
  • C'est le seul qui permet d'être customisé par les vendeurs de matériel, gratuitement et facilement. Même un particulier peut créer sa propre distribution.
  • Il n'est que peu sensible aux attaques de virus. C'est peut-être un avantage qui serait moins vrai si il avait 50% de parts de marchés, mais c'est tout de même vrai à l'heure actuelle.
  • Etc.

Windows ou MacOS ont des avantages, mais ce n'est pas fondamental. Je m'explique. L'informatique grand public a 30 ou 40 ans. Replaçons nous en 2002, il y a 6 ans. Comparons une distribution Linux d'aujourd'hui à ce qui se faisait à l'époque.

Windows XP ou MacOS X n'était pas fondamentalement plus ergonomique à l'époque qu'une Ubuntu ou une Fedora moderne. La gestion des pilotes sous XP, qui venait de sortir, était bien plus problématique qu'aujourd'hui. Le système était moins stable, était bien moins sécurisé (et oui, avant le SP2 il y a eu un SP1, et un "SP0"), donc un Linux actuel est largement plus utilisable.

6 ans, c'est pas très long. On avait à l'époque 16 ou 17 ans. Vous n'allez pas oser m'affirmer que ce qui était accepté comme problèmes avec XP il y a 6 ans ne serait pas acceptable dans une distribution Linux d'aujourd'hui, si ?

Les distributions GNU/Linux ont peut-être quelques petites années de retard dans certains domaines, mais c'est largement surmontable, et elles sont largement aussi bonnes dans la plupart des cas, quand elles n'ont pas dix ans d'avance sur certains détails plus ou moins importants.

Si on ajoute à ça mes deux premiers arguments, qui sont la gratuité et le respect de l'utilisateur, je considère qu'aucun argument n'est valable pour essayer de démontrer que Linux n'est pas prêt pour le grand public.

Ma mère, Joe Sixpack Jane SixCupOfTea, est absolument incapable d'installer un Windows à l'heure actuelle. Elle devrait réussir à installer l'OS de base (à partir de vista, parce que XP c'est à moitié en mode texte au début, elle ne pourrait pas le gérer), mais elle serait bloquée devant un bureau vide, sans applications. Elle serait obligée d'utiliser IE, chercherait Firefox ou Office sur internet, tomberait sur un site de Warez, et participerait joyeusement à la puissance d'un botnet quelconque.

Notes

[1] Ok, Linux c'est un noyau, pas un O.S.

[2] Je met volontairement les BSD de côté, même moi j'ose pas tenter d'en installer une

samedi 17 janvier 2009

Flash et Mono, même combat ?

Je me pose quelques questions à propos de ce qu'on doit penser de Mono, l'implémentation libre de .NET. En effet, si on suit la logique de la FSF, on devrait éviter d'utiliser ce genre de technologies plus ou moins « fermés », plus ou moins « propriétaires » et contrôlées par Microsoft (c'est pas moi qui le dit, c'est RMS lui-même).

Le problème, c'est que à propos d'une technologie un tantinet plus fermée que Mono, j'ai nommé Flash, la FSF et Stallman militent pour le développement et l'utilisation de son implémentation libre Gnash.

Y aurait-il là un double discours, avec d'un côté un refus d'utiliser une technologie parce que ses spécifications, bien que publiques, ne sont pas « Libres », et de l'autre, une incitation à utiliser une technologie à peu près équivalente mais dans son implémetation libre ?

Je dois avouer que je m'y perds un peu et je ne sais que penser, ni comment interpréter ces deux discours. Peut-être RMS tient-il un tel discours à propos de Flash parce qu'il sait qu'on ne peut plus l'éviter, alors que pour Mono, on peut toujours…

jeudi 15 janvier 2009

Qt sous licence LGPL

L'annonce qui a fait le plus de bruit aujourd'hui dans le monde des logiciels libres, c'est la mise sous licence LGPL du framework Qt. Ils en parlent un peu partout sur les blogs et les sites d'info technologique (pfiou, c'est dur de faire tout plein de liens — vous remarquerez que je laisse l'annonce officielle pour la fin — vous remarquerez aussi que j'avais dans ma phrase un mot de trop par rapport au nombre de liens que j'avais trouvé — j'ajouterai que je n'ai dans mon Google Reader aucun blog orienté Qt ou KDE, donc tout ça c'est juste de planet Gnome ou planet Ubuntu :-).

Un peu de background

Les débuts

Qt a été créé il y a plus de 15 ans par Trolltech, et est depuis très longtemps sous une licence multiple : GPL et propriétaire (et très chère, autour de 5000$ par développeur et par plateforme si j'ai bien compris). Les développeurs avaient donc le choix entre payer très cher pour utiliser Qt pour faire un logiciel propriétaire (comprendre « pas sous GPL » — il était donc impossible pour un petit développeur de faire un logiciel Qt propriétaire), ou faire un logiciel sous GPL. C'est d'ailleurs le cas de l'environnement de bureau KDE et de tous ses composants (sauf les librairies KDElib ne dépendant pas Qt, qui sont sous LGPL).

Le rachat par Nokia

Nokia a fait l'acquisition de Trolltech il y a quelques mois. La firme Finlandaise, bien que leader mondiale sur le marché des téléphones mobiles, se retrouve bien embêtée par l'arrivée de Apple, avec son iPhone et son AppStore performants (et peut-être aussi par celle de Google avec Androïd, voire du possible renouveau de Palm). Nokia a des téléphones, mais pas de plateforme logicielle vraiment intéressante, ni d'écosystème de développeurs autour de ceux-ci. C'est pour cela qu'elle a racheté complètement Symbian (qu'elle est en train de le rendre open-source) et qu'elle a fait l'acquisition de Qt.

La véritable force de l'iPhone, c'est la myriade de développeurs qui s'investissent dessus pour créer des applications. Nokia a donc besoin de créer le même mouvement autour de sa propre plateforme. C'est pour ça qu'il open-sourcent Symbian, une plateforme open-source attirant plus de développeurs (à potentiel technique ou parts de marché égales). De même, pour facilité le développement d'applications, ils ont acheté Qt, sont en train de le porter sur Symbian, et y ajoutent une licence LGPL qui permet à tous les développeurs de l'utiliser gratuitement.

Ce que signifie réellement ce rachat

Les développeurs auront désormais la possibilité de créer des applications propriétaires en Qt sur Symbian, Androïd ou Palm (vu que ce sont des Linux), ainsi que sur tous les grands systèmes d'exploitation, car Qt est vraiment multi-plateforme. Cela diminuera leurs couts tout en augmentant la portée de leurs applications, ils devraient être contents.

Nokia devrait voir sa plateforme adoptée, ce qui veut dire que ses téléphones seront plus intéressants. Peu importe de ne pas faire de bénéfices avec Symbian et Qt, de toute façon ils vendent des téléphones, pas des logiciels. C'est soit ça, soit ils se laissent bouffer par l'iphone sur le marché des smartphones grand publics.

Si tout fonctionne bien, Symbian, l'OS nouvellement libre, devrait s'améliorer, donc le libre progressera. De même, Qt étant plus utilisé (et Nokia ouvrant le code aux contributions extérieures), il ne devrait que s'en améliorer. Une fois encore, le libre gagne.

Les bouleversements que cela crée

Jusqu'à présent, je parlais quasiment exclusivement de ce qui allait changer dans le monde des téléphones mobiles, smartphones et autres appareils portatifs, mais ce changement va avoir des conséquences sur les ordinateurs de bureau.

Gnome

Gnome est le « concurrent »[1] historique de KDE. Il n'est pas basé sur Qt, mais sur GTK+. En effet, au tout début Qt n'était pas libre, un environnement de bureau libre ne pouvait donc pas l'utiliser.

GTK+ a toujours été sous licence LGPL. Cela a permis de créer une sorte d'écosystème impliquant des petites boites qui développaient des applications en GTK+, et qui participaient au développement de celui-ci. C'est d'ailleurs l'argument principal qu'avançaient les développeurs Gnome ou GTK+ pour expliquer pourquoi ils ne voulaient pas développer en Qt. La GPL était trop restrictive pour eux et pour les boites qui les employaient.

Le problème, c'est que malgré cette implication d'entreprises commerciales censées apporter de l'argent, GTK+ n'a jamais été aussi performant que Qt, et a toujours été plus difficile à utiliser que ce dernier[2]. Le modèle économique de Qt semble donc avoir été plus efficace.

Cela tuera-t-il Gnome et GTK+ ?

Il semble assez clair (je m'avance peut-être un peu) qu'il est désormais plus intéressant pour une entreprise ou un développeur d'investir son argent ou son temps dans le développement d'applications en Qt que de faire la même chose en GTK+.

Je ne pense pas pour autant que ça va tuer GTK ou Gnome. Tout d'abord, avec les réflexions qui ont lieu en ce moment pour la création de Gnome 3, il est possible qu'ils sortent des concepts très intéressants et des fonctionnalités que KDE ne pourrait pas proposer, peu importe les considérations techniques au niveau du framework utilisé. D'ailleurs, c'est déjà vrai à l'heure actuelle et c'est ce qui me fait préférer Gnome à KDE. Gnome est plus simple, plus utilisable que KDE. Il est plus facile à prendre en main et à découvrir. KDE propose quelques fonctionnalités assez fun, comme les widgets sur le bureau ou l'intégration de base des effets 3D, mais il est vraiment trop complexe à utiliser. Sa souplesse et sa profusion d'options en font peut-être un très bon environnement pour certains, mais selon moi un débutant sous Linux ne peut absolument pas utiliser KDE (c'est d'ailleurs pourquoi Ubuntu a choisi Gnome et non KDE comme environnement par défaut)[3].

D'autre part je ne vois pas pourquoi, l'attention de certains développeurs étant redirigée vers Qt et KDE, cela devrait absolument détruire Gnome et GTK+. Les principaux développeurs de ces deux projets ne vont pas les abandonner du jour au lendemain. Ils maitrisent leurs technologies, et ont beaucoup investi dedans. Si Gnome devait en pâtir, ça se ferait petit à petit sur le long terme. On a encore de nos jours de nombreuses applications en tcl/tk ou wxWidget, je ne vois pas pourquoi les applications en GTK+ devraient disparaitre d'ici à un ou deux ans… De plus, le Libre fonctionne sur un système d'émulation, où les développeurs utilisent les technologies qui leur conviennent, pas celles qui conviendraient mieux à la majorité des utilisateurs (venant de Windows qui plus est…) ni celles qui sont les plus jolies.

Selon moi, on n'aura donc au pire qu'un ralentissement progressif du développement de Gnome et GTK+.

Qnome ?

Mark Shuttleworth, le créateur de Ubuntu, a affirmé il y a quelques mois qu'il serait tout à fait possible de créer un environnement de bureau basé sur Qt, mais respectant l'esprit de simplicité pour l'utilisateur qui modèle le développement de Gnome. Il disait que c'était techniquement possible, et que rien ne s'y opposait si ce n'était la licence un peu restrictive de Qt.

À l'époque, je crois que c'était une simple affirmation sans volonté de se lancer dedans, ni d'inciter d'autres personnes à s'y investir, mais à partir de maintenant, avec la nouvelle licence de Qt, cela ne m'étonnerait pas que des développeurs se lancent dans un « Qnome », ou dans un « Knome ».

Il y a deux ou trois jours, j'étais d'ailleurs en train de me renseigner sur le sujet (vraiment par hasard, je n'avais pas prévu l'annonce de Nokia), car il y a plusieurs environnements de bureau basés sur GTK+ (Gnome, LXDE et Xfce, peut-être d'autres que je ne connais pas), mais un seul basé sur Qt (KDE). J'ai bien cherché, mais je n'en ai pas trouvé d'autres. Il y a bien eu un projet nommé KDE-light il y a quelques années, mais il a visiblement été abandonné.

Si un « Qnome » était lancé, je pense que ça entrerait vraiment en concurrence avec Gnome, bien plus que ne pourrait le faire KDE ou l'apparition de logiciels propriétaires en Qt, quelle que soit sa licence. Deux environnements basés sur des technologies différentes, mais partageant les mêmes objectifs ne peuvent que se marcher sur les pieds en terme de « parts de marché ».

Notes

[1] Dans le monde du libre, il n'y a pas vraiment de concurrence, il y a de l'émulation et une offre de choix variée pour remplir tous les besoins :-)

[2] Principalement en terme de multi-plateforme, mais aussi en terme de fonctionnalités. J'ai vu un peu les deux, et je dois avouer que je préfère vraiment Qt (par contre, j'affirme des choses que je n'ai qu'entendu, donc ne lancez pas une flame war ^^).

[3] Encore une fois, ce n'est qu'une impression personnelle, mais je ne suis pas le seul à voir ça de cette façon

samedi 3 janvier 2009

Connards du libre

Cela fait longtemps que je dois faire un petit billet sur le thème « Les connards du Libre ». Je l'avais décidé il y a très longtemps, je me l'étais rappelé il y a longtemps, et je ne m'y mets que maintenant. C'est la lecture d'un article traduit sur le Framablog qui me l'a rappelé.

Rappel des faits

Début novembre, l'APRIL a lancé une campagne d'adhésion et a choisi Tristan Nitot, président de Mozilla Europe pour représenter cette campagne.

Jusque là, on se dit que tout va bien. Une grosse association de défense du libre choisit une des personnalité française les plus connues dans le milieu pour la représenter, rien de plus normal.

Seulement, lors de l'annonce sur LinuxFR, la nouvelle a été assez mal accueillie. Le premier commentaire a d'ailleurs critiqué ce choix de personnalité, estimant que Tristan Nitot ne représentait pas les idéaux de l'APRIL.

A suivi, sur le Standblog, ainsi que sur d'autres blogs, un mouvement de protestation, sur le thème de « Connards du Libre », contre cette catégorie de personnes qui ne viennent commenter sur LinuxFR que pour critiquer, troller, râler.

Analysons un peu la situation

Il est vrai qu'il y a un certain nombre de problèmes dans la communauté du libre. Le premier point traduit dans le Framablog le dit clairement : de nombreux utilisateurs se trompent d'ennemis, et se mettent à critiquer sans réelle justification tous les projets qu'ils n'utilisent pas. Il y a ainsi de très nombreux trolls dans les commentaires de LinuxFR.

Je ne leur jette pas pour autant la pierre. Personne n'est parfait, et la plupart du temps ces personnes ne trollent que parce qu'elles n'ont pas une connaissance assez vaste de l'ensemble des projets dont elles parlent. D'ailleurs le point 6 de l'article mentionne le fait que « il semblerait que ceux qui passent leur temps à cracher sur Microsoft ne contribuent jamais à aucun projet ».

Même si Tristan Nitot mentionne que ces « Connards du Libre » sont une minorité, il y a quelque chose dans sa façon de décrire les choses qui me dérange. On a l'impression, en l'écoutant, qu'il n'y a que dans le libre qu'il y a ce genre de personnes ou ce genre de comportements. Or, ce n'est pas du tout le cas, il y a autant de gros cons dans le monde de Windows ou dans celui de Mac OS.

Les fan-boy Apple sont tout aussi chiants que les trolleurs sur LinuxFR. Si quelqu'un va sur un forum Mac pour dire que « Linux c'est bien, mangez-en », il ne faut pas attendre longtemps pour voir apparaître de nombreux messages de haine envers Linux de la part des Fan-Boy Apple. Si un utilisateur de MacOS vient sur LinuxFR et prétend devenir le représentant national de la cause du Libre en France, il ne faut pas s'étonner d'avoir ce genre de réactions.

Le vrai problème

Le problème est malheureusement bien plus profond qu'un simple troll. Tristan Nitot a beau être un représentant idéal pour Mozilla, il n'en reste pas moins un utilisateur de MacOS, et ça se sait. Son discours est le suivant : « Firefox c'est bien, mangez-en » (jusque là tout va bien, car même si Firefox n'est pas parfait, il pousse quand même tous les navigateurs dans la bonne direction). Si on analyse son discours un peu plus loin, on obtient quelque chose du genre : « Firefox c'est bien, le logiciel libre c'est bien, mais je n'utilise pas Linux parce que c'est pas assez bien. Je préfère utiliser MacOS, car même si je perds ma liberté et si ce faisant je soutiens la mentalité liberticide de Apple, je préfère gagner un peu d'autonomie et de confort sur mon ordi personnel ».

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je ne vois pas comment un utilisateur de logiciel libre, adhérant à l'APRIL, connaissant les problèmes auxquels fait face la philosophie du Logiciel Libre, peut accepter d'être représenté de manière plus ou moins officielle par quelqu'un tenant ce discours. Il est pour moi tout à fait normal que des commentateurs sur LinuxFR critiquent la décision de l'APRIL de choisir Tristan Nitot. C'est d'ailleurs en substance le point 9 de l'article du Framablog dont il est question, sauf qu'au lieu d'accepter d'avoir un peu de logiciel privateur dans un environnement libre, Tristan Nitot affirme qu'il est acceptable d'avoir un environnement privateur, du moment qu'on a un peu de libre par dessus…

Si c'est ça, être un « Connard du Libre », et bien sachez que je serais très fier d'être considéré comme tel. Je n'ai pas participé aux commentaires de l'annonce LinuxFR, mais j'en aurait été capable et mon discours n'aurait pas plu à Tristan Nitot.

vendredi 14 novembre 2008

Adhésion à l'April

Ça fait super longtemps que je dois faire ce billet, alors le voici :-)

Viendez soutenir le logiciel libre avec l'April.

mardi 12 août 2008

Apple, ces grands sauveurs de l'humanité qui nous sortent du monopole de Microsoft

Je viens de lire un article sur le blog de la FSF et je dois avouer que la politique d'Apple me donne envie de vomir. Ils n'ont aucun respect pour l'utilisateur et prétendent limiter certaines fonctionnalités pour protéger celui-ci des risques qu'apporterait une plus grande liberté d'utilisation. Ce faisant, ils détruisent toute possibilité de diversification, toute possibilité de concurrence. Ils se donnent le droit de choisir qui est autorisé à écrire une application pour leur iphone, c'est n'importe quoi.

Le plus grand problème dans cette situation, c'est que je ne vois pas comment on va pouvoir s'en sortir. Dans le cas d'un constructeur qui se baserait sur du logiciel libre, la GPL v3 a prévu ce genre de pratique et l'interdit (suite aux pratiques de TiVo, dont le firmware est basé sur Linux mais qui utilise un système de DRM qui empêche d'installer ou de modifier des programmes existants), mais on ne peut actuellement rien faire légalement contre des constructeurs comme Apple. De plus, Linus Torvald, développeur principal du noyau Linux refuse de passer son code en GPL v3, donc il va rester en GPL v2 et permettre encore et toujours ce genre de pratiques… Soit les consommateurs vont se rendre compte que Apple se moque d'eux, et refuser ces pratiques en boycottant leurs produits (ce que je fais, mais je doute que la population "normale" ne réagisse avant longtemps), soit une loi sera créée un jour ou l'autre pour interdire les logiciels trop restrictifs. C'est d'ailleurs dans ce dernier point que je vois le plus d'espoir. On a bien des lois sur tout et sur rien, qui ont été créée dans une optique du respect du consommateur, du client, ou du voisin. Je crois qu'il y aurait bien besoin d'une loi soit mise en place pour le domaine du respect de l'utilisateur dans le domaine du logiciel. Ce ne serait bien évidemment pas une loi qui interdirait le logiciel propriétaire (bien que ça me plairait, et que ça me semblerait logique), mais qui rendrait illégal toutes les histoires de DRM, de clauses abusives dans les CLUF, de non respect de la vie privée des utilisateurs, etc. Le tout étant logiquement axé sur la protection contre les monopoles (Microsoft, Apple, etc.) et leurs pratiques destructrices de la concurrence.

Bon, il reste un espoir, je peux encore apprendre à coder, et aller aider la FSF à développer le noyau HURD. Lui, au moins, il sera en GPL v3.

Plus sérieusement, je sais que plusieurs lecteurs de mon blog sont utilisateurs de produits Apple, ou envisagent de le devenir, je leur demande de bien réfléchir avant de rentrer dans ce système, ou bien de penser à en sortir. Quand on est un minimum intelligent, on devrait penser à d'autres critères que uniquement le prix, les fonctionnalités "du point de vue de l'utilisateur de base", ou le design du produit. Certes, ce sont des arguments à prendre en compte, mais ils sont moins importants que le respect de la concurrence ou de l'utilisateur. Il est bien trop facile de se dire "Cool, l'Iphone il a un TouchScreen et une jolie interface" ou "Génial, il y a un terminal en plus de Itunes sur MacOS". Apple est notre ennemi, ainsi que celui de notre liberté, au même titre que l'a toujours été Microsoft (peut-être même plus depuis quelques temps).

Je sais que ce que je viens de dire n'aura aucune influence sur les achats des mes amis, donc j'imagine que j'ai encore écrit un article qui n'a servi à rien…

vendredi 18 juillet 2008

GPL vs AGPL

J'ai remarqué que beaucoup de monde ne saisissait pas encore la différence entre la GPL et la AGPL, donc voilà comment je vois les choses.

La licence GPL garantie certains droits/libertés à l'utilisateur et l'oblige à garantir ces droits aux personnes à qui il redistribue le programme, qu'il l'ait modifié ou non. Par contre, et c'est plutôt logique, il n'oblige pas cet utilisateur à faire remonter aux développeurs initiaux les améliorations qu'il a réalisées, s'il est le seul utilisateur et qu'il ne redistribue pas le logiciel.

Par contre, légalement, l'utilisateur est la personne qui installe le logiciel, pas celle qui l'utilise. C'est donc le propriétaire de l'ordinateur (ou le locataire), voire le webmaster. Dans le cas des sites web et des web apps, la GPL ne s'applique qu'à la personne qui offre le service, pas aux « utilisateurs » finaux, qui utilisent le service. Ainsi le site Meebo, qui offre un client web multi-protocole basé sur le code de Pidgin, n'est pas obligé de fournir au projet Pidgin les améliorations qu'il a réalisé sur le programme. S'il le faisait, ça serait sympa de sa part, ça serait «?beau geste?», mais la GPL ne l'y oblige nullement. On a le même problème avec le portail des élèves du RézoLéo.

Pour ce genre de situations, il existe la licence LGPL, qui a été créée spécifiquement pour les applications web. Il oblige la personne qui possède le service (Meebo, par exemple), à rendre disponible un exemplaire du code source pour les utilisateurs finaux qui voudraient bien savoir ce qui est fait de leurs informations. Bien évidemment, dans le cas d'un site web il est quasiment impossible de savoir si le code source est exactement celui du service, mais s'il ne l'est pas c'est que la loi n'est pas respectée.

Il y avait eu des discussions à la FSF pour savoir si cette clause devait être incluse dans la GPL directement ou si il fallait la mettre dans une nouvelle licence. L'inclure dans la GPL aurait été asesz destructeur auprès des entreprises, car dans certains cas les clients de l'entreprise auraient pu demander à voir le code source du logiciel qui a créé leurs données, or assez souvent, les entreprises utilisent du libre pour pouvoir le tweaker un peu pour qu'ils soit adapté au maximum à leurs besoins, et n'ont pas forcément envie que tout le monde connaisse ces tweaks.

Ainsi, à vous de choisir votre license. Si vous créez un site ou un service explicitement dédié au web, utilisez la AGPL. Si vous créez un programme qui ne peut pas être utilisé par quelqu'un d'autre que la personne qui l'a installé, utilisez la GPL, et si le programme pourra clairement être utilisé pour un service web et que vous voulez que l'installateur respecte l'utilisateur final, envisagez d'utiliseur la AGPL.

Bien évidemment, il y a toujours le cas des bornes en libre service, des web café, ou d'autres trucs du genre. Là encore, l'utilisateur final n'est pas celui qui a installé le programme, donc la AGPL pourrait être utile. C'est un peu délicat à déterminer, mais on ne peut pas faire mieux.

Dans le même registre on pourrait envisager une licence qui obligerait les utilisateurs à faire remonter aux devs initiaux les modifications qu'ils ont fait. Imaginons que je code un truc utile, et que je suis assez sympa pour un faire profiter mon voisin. S'il améliore mon travail, en faisant dix fois moins d'effort que moi, j'aimerais bien qu'il me montre ce qu'il a fait. La GPL ainsi que la AGPL autorisent l'utilisateur à être égoïste et à ne pas me montrer les améliorations…

vendredi 11 juillet 2008

OOo vs Gnumeric

Pour un fichier équivalent :

Gnumeric :
- Fichier au format .gnumeric : 2,7 Kio
- Ram utilisée : 9,6 Mio
- Temps de lancement : 4 secondes

OOo :
- Fichier au format .ods : 12,4 Kio
- Ram utilisée : 24 Mio
- Temps de lancement : 16 secondes

Vainqueur : Gnumeric

Note : Si j'enregistre au format odf depuis gnumeric, le fichier fait 3,2 Kio, donc on est loin de la taille du fichier sortant de OOo

dimanche 25 mai 2008

Le cas IM, et digressions sur les logiciels libres

Pas plus tard qu'avant hier, je discutais avec un ami qui avait du mal à comprendre mon attachement aux logiciels libres. La discussion portait plus précisément sur les pilotes libres ou propriétaires, il pensait que l'acheteur payait le couple matériel-pilote, alors que je pensais que non, on achète le couple matériel-« fonctionnement sur *son* système ». Il est en effet très important d'avoir la possibilité de changer de système d'exploitation, et de passer de Windows à Linux, ou bien même de Linux à Solaris ou BSD (je me demande quel est l'état des pilotes pour les cartes ATI sous BSD, quand on voit ce qu'il est sous Linux). J'affirmais aussi que ce qui est vraiment important, c'est que le matériel soit ouvert, c'est à dire que ses spécifications soient publiques. Cela permet à tout développeur compétent de créer un pilote pour l'OS qu'il utilise, pas seulement pour les OS que le fabricant considère comme une plate forme rentable. Le refus d'utiliser un pilote propriétaire se fait plus au niveau de la crainte de voir sa vie privée ou ses informations personnelles violée par une fonction cachée du pilote, et le refus d'un simple pilote ouvert (sans que le matériel le soit) est nécessaire parce que le fabriquant peut alors cacher le fonctionnement exact de son produit et n'en activer que le strict nécessaire. Pour appuyer cette position, je n'ai qu'à citer la récente affaire des carte son Creative (si je ne me trompe pas de marque)?: la compagnie créait des pilotes qui n'exploitaient pas toutes les fonctionnalités des cartes, car elles ne les activaient que pour celles haut de gamme et plus chères. Ainsi, on achetait une carte moyenne gamme dont le fonctionnement était bridé par le constructeur, c'est totalement ridicule mais ça existe, et c'est pour ça qu'il faut exiger que les spécifications du matériel soient publiées.

Un gros problème que j'ai lorsque je discute de logiciel libre est que j'ai parfois du mal à expliquer pourquoi c'est important. En effet, lorsque qu'un exemple simple et concret s'offre à nous — via un énième scandale à propos de la politique de respect de l'utilisateur de Microsoft par exemple, ou via l'histoire des cartes son Creative — il n'est déjà pas toujours simple de faire comprendre que le système actuel n'est pas satisfaisant, alors quand il s'agit de s'occuper d'un cas théorique (je veux dire par là qu'il n'y a pas d'exemple concret et clair à montrer en exemple, soit parce qu'il n'y a encore jamais eu d'abus, soit parce que je n'en connais pas de précis), il est quasiment impossible de faire comprendre à son interlocuteur pourquoi on est opposé à telle ou telle pratique d'un fabricant ou développeur de logiciel.

Dans le premier cas, alors même qu'on a des exemples concrets de violations des droits des utilisateurs, il y a toujours des gens pour tenter d'expliquer ou de justifier les actions de l'éditeur de logiciel. Prenons par exemple le cas de Microsoft et de son spyware, Windows. Les exemples de fonctionnalités du système d'exploitation qui envoient sans nous l'annoncer des informations aux serveurs de Microsoft sont nombreux. Soit on n'est pas au courant, parce que ce n'est dit nulle part, et quelques personnes s'en rendent comptent en analysant le traffic réseau, soit c'est dit clairement des le contrat que l'on accepte avant d'utiliser un logiciel (comme Windows Media Player), mais premièrement le service n'a pas besoin de ces échanges d'informations pour fonctionner, et deuxièmement il est impossible de les désactiver (se déconnecter du net n'est pas une solution satisfaisante). Certaines personnes ne comprennent pas que c'est une violation de la vie privée de de l'utilisateur, que la loi interdit de collecter des informations sur ses clients sans les déclarer à la CNIL et les rendre consultables, éditables ou supprimables par leur propriétaires. Ils ne se rendent pas compte que si eux, en tant que particuliers n'en ont rien à faire que Microsoft sache qu'ils écoutent tel album de Lorie ou qu'ils ont commandé un disque dur sur Surcouf, cela peut gêner d'autres utilisateurs. Les utilisateurs que cela peut gêner peuvent être des hommes politiques, des businessman, des fonctionnaires, voire même des agents de la DST. Si Microsoft possède des infos sur vous sur leurs serveurs à Redmond, il est fort probable que la CIA ou d'autres services américains y aient accès. Si aujourd'hui vous êtes un simple étudiant de 20 ans, demain vous serez peut-être un élu, un militant s'opposant au régime, ou tout simplement un ingénieur chez Airbus devant prendre des décisions en étant sûr que Boing ne soit au courant de rien.

Malgré tout, il y a toujours des gens pour dire qu'un certain contrôle de ce qu'on fait peut être bénéfique, pour arrêter des terroristes, pour rendre le monde plus sûr, etc. À ceux-là, je leur dirai d'aller demander leur avis à tous les blogeurs et journalistes emprisonnés en Chine ou en Corée du Nord parce qu'ils sont considérés comme des criminels par le pouvoir en place. Le respect de la vie privée et d'un certains nombre de droits fondamentaux est primordial pour ne pas en arriver à une situation politico-industrielle insoutenable (je lisais un article il n'y a pas longtemps que désormais il ne faut plus craindre les dictatures politiques, mais les dictatures industrielles, bien plus insidieuses).

Dans le deuxième cas, lorsqu'on n'a pas d'exemple concret à avancer pour dénoncer une situation, il est toujours difficile de se faire comprendre. C'est la lecture d'un article sur le Framablog qui m'a poussé à écrire ce billet, car il m'offre un exemple d'une situation qu'il n'est pas facile de dénoncer. L'article peut être trouvé à l'adresse suivante http://www.framablog.org/index.php/post/2008/05/24/msn-windows-live-messenger, et traite de la façon dont Microsoft impose insidieusement l'ensemble de ses solutions logicielles aux consommateurs, en commençant par les plus jeunes. Je vous conseille vivement sa lecture, même s'il est un peu long. La question ici n'est pas de dénoncer une violation évidente de la liberté de l'utilisateur, comme c'est souvent le cas, mais de dénoncer la mise en place à long terme d'une telle situation parce que le public ne se rend pas compte de l'évolution du marché. Cette évolution est bien évidemment façonnée par la main d'industriels à l'éthique douteuse (quand on entre en bourse, le seul critère important est le profit, le reste vient après et n'est considéré que s'il a un incident sur le profit) et par l'absence de réaction des consommateurs, qui se laissent attirer par des fonctionnalités alléchantes mais oublient qu'en contrepartie on les enferme dans un système propriétaire et liberticide.

Imaginez mon désarroi quand je tente de convaincre mes amis qu'il faut arrêter d'utiliser MSN ou Facebook. Le gros problème est qu'ils se contentent de juger une solution sur ce qu'on voit à la surface, c'est à dire les fonctionnalités offertes à l'utilisateur. Dans le cas de Windows, j'ai toujours moyen de leur faire comprendre que depuis que je suis sous Linux je ne suis plus limité par la politique de fermeture de Microsoft, que c'est un système créé par des utilisateur, pour des utilisateurs, qu'il y a moyen de le personnaliser comme il ne sera jamais possible de personnaliser un système propriétaire, voire même qu'il est possible d'étendre les possibilités du système en bidouillant soi-même une fonctionnalité qui nous est indispensable, et qu'il est impossible d'avoir sous Windows. Pour ce qui est de Facebook, je n'ai pas d'alternative libre à proposer. Facebook est presque unique en son genre. Certes il y a Myspace, Hi5, ou d'autres plateformes, mais le problème est le même dans tous les cas, toutes ces plate-formes sociales enferment l'utilisateur. Il n'existe pas d'équivalent libre et respectueux de l'utilisateur à l'heure actuelle, comment puis-je leur faire comprendre qu'il faut faire le sacrifice de quitter Facebook si je n'ai rien à leur offrir à la place?? Idem pour MSN, il n'y a pas de solution libre proposant les wizz, la voix, la vidéo, les petits jeux en ligne.

Le problème à ce niveau là est le même que celui auquel s'attaquent les militants écologistes, il s'agit de tenter de créer un monde meilleur, pas un monde qui évolue le plus rapidement possible sans se soucier des conséquences à long terme. Construire un système informatique libre, respectueux des utilisateurs, étant prévu pour être implémentable par tout un chacun prend énormément de temps. Construire le même système au sein d'une entreprise, de manière fermée, en s'appuyant sur la puissance commerciale d'une base existante d'utilisateurs d'autres services, sans se soucier du respect des utilisateurs, cela prend beaucoup moins de temps, est moins coûteux, et apparaît aux yeux du public comme étant une meilleure solution, car cela leur permet de profiter de plus de fonctionnalités plus rapidement. La plupart des gens ne se rendent pas compte des problèmes que cela pose. Ils préfèrent utiliser MSN parce qu'il y a le démineur dedans, mais ils ne se rendent pas compte qu'ils n'auront jamais accès qu'aux cinq jeux qui sont proposés par Microsoft. Le jour où ils voudront un autre jeu, ils ne l'auront pas parce que personne n'est capable de créer un nouveau jeu, ne sachant pas comment ils sont implémentés. Concernant ce point ci, je dois avouer que dans de nombreux domaines je me situe au même niveau que le reste de la population, et que je ne me rends pas compte de ce genre de risques.

Il est donc primordial de refuser tout système fermé. Il n'existe pas de raison suffisante pour justifier l'utilisation d'un système fermé, car les avantages à court terme de l'utilisation d'un tel système ne valent pas les inconvénients qui en découleront à long terme. Un monde libre évolue bien plus rapidement qu'un monde fermé et propriétaire, il faut juste lui laisser le temps de démarrer et de rattraper son retard sur ce dernier

Pour en revenir au titre de ce billet, je vais citer en exemple le protocole de messagerie instantanée XMPP. En effet, il s'insère bien dans ce cadre de combat entre le libre et le propriétaire, avec d'un côté MSN, fermé et limité aux décisions de Microsoft, et de l'autre côté XMPP, ouvert, destiné à être distribué et non centralisé, et aux possibilités extensibles. J'ai parlé de MSN?Messenger un peu plus haut dans ce billet, et j'ai déjà dit qu'il était extrêmement limité. Même si à l'heure actuelle il offre plus de possibilités que son concurrent libre, il est totalement contrôlé par une boite qui n'a comme seul objectif que la création de profits, au détriment du respect de l'utilisateur. Il ne sera jamais possible de le modifier pour pouvoir y ajouter une fonctionnalité qui nous serait utile, que ce soit en tant qu'utilisateur ou en tant que professionnel qui a besoin d'intégrer une solution de messagerie instantanée à son produit. De l'autre côté, XMPP a à l'heure actuelle moins de fonctionnalités visibles du point de vue du l'utilisateur. Il n'y a pas encore de jeux, les clients sont moins complets, la voix et la vidéo ne sont pas encore stabilisés, etc. Par contre, il remplit parfaitement le rôle de base, qui est de faire de la messagerie instantanée, et il peut être utilisé relativement simplement dans des produits tout autres que de la messagerie instantanée.

Parmis les usages notables de XMPP, outre les exemples d'usage en tant qu'IM par Meetic, Google, Sun, IBM, et autres, on peut citer son utilisation par TiVo et par le Nabaztag. Dans les deux cas, il sert à remplacer le système de suivi d'info par rss, qui devient de moins en moins adapté aux utilisations actuelles d'internet. Dans le cadre du TiVo, la machine est notifiée en temps réelle de l'arrivée d'une nouvelle vidéo, et dans le cas du Nabaztag, le lapin est notifié de l'apparition de je ne sais quelle nouvelle info (mail ou autre, je ne sais pas trop à quoi sert cet appareil). Ici, l'intérêt d'un point de vue technique est que XMPP fournit un système de notification de type PUSH, et non de type PULL, c'est à dire qu'au lieu de faire une requête au serveur toutes les minutes pour savoir si il y a des nouveautés, il n'y a communication entre l'appareil et le serveur que lorsque qu'il y a vraiment une nouveauté. Cela réduit considérablement la charge que subit le serveur. Mais l'intérêt principal est que XMPP est libre et ouvert, extensible et complet, il aurait été impossible d'utiliser le protocole MSN pour faire la même chose, tout simplement parce que c'est un protocole fermé.

Un gros problème à l'heure actuelle dans la communauté du libre est que au lieu d'aider à développer des clients XMPP variés et performants, beaucoup de développeurs perdent leur temps à implémenter des protocoles fermés dans les clients libres. Si on prend l'exemple de Pidgin, j'ai lu dernièrement que 80% des ressources-développeurs du projet étaient utilisées à implémenter la voix et la vidéo MSN. C'est du gros gâchis, il vaudrait mieux qu'ils utilisent leur temps à implémenter des fonctionnalités XMPP qui sont en attente depuis des mois que de perdre leur temps à faire du reverse engeneering sur un protocole fermé. Implémenter un protocole ouvert est bien évidemment bien plus aisé et rapide, mais que voulez-vous, on ne peut pas les forcer à abandonner MSN, ils sont libres de faire ce qu'ils veulent. Je ne peux pas les forcer, mais le jour où j'aurai une famille et des enfants (si j'en ai un jour), ils n'utiliseront ni Windows, ni MSN, je ferai tout pour bloquer les communications avec les serveurs de Microsoft, et mes enfants devront apprendre à vivre sans être dépendants de systèmes propriétaires.

lundi 4 février 2008

De la perception du libre chez le grand public

Il y a eu ces derniers temps plusieurs événements qui m'ont marqués dans le monde du libre grand public, concernant la perception et la reconnaissance des technologies libres par les particuliers, les pouvoirs publics, et les grands médias. Depuis bientôt deux ans je milite (à mon modeste niveau) pour l'utilisation des logiciels libres, non pas parce qu'ils sont meilleurs (je les préfère, mais je comprend qu'une entreprise peut avoir des besoins que le libre ne peut pas satisfaire pour le moment), mais parce qu'ils sont sous médiatisés proportionnellement à ce qu'ils pourraient apporter à tout un chacun, et que si personne n'utilise par exemple Linux c'est surtout parce que le grand public n'en entend jamais parler. Heureusement la « lame de fond » que constitue le libre commence à faire changer les choses, et en voici quelques exemples.

On a tout d'abord l'adoption massive de Firefox, avec 25 % de parts de marché en France, 28 % au niveau mondial, et près de 45 % dans certains pays. Certes, 28 % ça veut dire que Internet Explorer a autour de 70 % de parts de marché, mais comme la tendance est à la prise de part de marché par Firefox (il y a tout de même une très petite perte dans certains pays) tout s'annonce pour le mieux. De plus, les pays d'Europe de l'est sont ceux qui présentent les pourcentages les plus élevés. Si je ne me trompe pas, cela veut dire que les pays qui ont accédé à l'ère du numérique plus tard que leur confrères de l'Europe de l'ouest n'ont pas cette culture « Microsoft Windows Internet Explorer est la seule solution existante », il sont plus ouverts aux solutions alternatives que nous. Avec l'Afrique et l'Asie qui s'équipent progressivement je parie que les parts de marché du navigateur libre va augmenter dans les années à venir.

On a ensuite l'arrivée des ultra-portables à bas prix tels que l'OLPC, le Eee d'Asus ou le Classmate d'Intel qui sont très populaires et dont on entend beaucoup parler dans les médias grand publics ou spécialisés en technologie (dans le style Clubic, je ne mentionne même pas les médias spécialisés en logiciel libre). Leur couverture médiatique importante permet de faire énormément de publicité pour Linux et les logiciels libres en général (par contre ça a tendance à un peu trop associer Linux avec du matériel peu cher et bas de gamme, une plus grande médiatisation de ce que propose Dell - un ultra-portable autour de 1000 € et plus - ne ferait pas de mal).

Vient maintenant quelque chose qui m'a énormément étonné et fait plaisir, et qui est arrivé dans mes podcasts Miro : l'émission « Plein écran » du 3 février sur LCI. Elle a pour titre « Les allées de Solutions Linux » et traite de plusieurs aspects de Linux pendant près d'un quart d'heure. Elle m'a fait très plaisir parce qu'elle représente parfaitement bien le changement qui s'opère actuellement dans les grands médias avec le passage du logiciel libre d'un statut de « truc alternatif réservé aux geeks mal rasés » à « nouvelles technologies innovantes et d'avenir parce qu'on peut baser dessus des business model performants ». Au rythme où ça va je suis persuadé qu'on aura bientôt droit à une émission en prime time traitant de l'économie du logiciel (pourquoi pas un Capital, avec tout un reportage sur le logiciel libre ou sur le combat Windows - MacOS - Linux ?).

Et maintenant le meilleur pour la fin selon moi : le rapport Attali et les récentes annonce du ministère de la défense. Le rapport Attali traite de l'augmentation du pouvoir d'achat et de la relance de la croissance économique. Il préconise l'adoption d'un certain nombre de mesures économiques et sociales, dont par exemple certaines sur l'immigration, mais surtout pour ce qui nous intéresse ici plusieurs sur les logiciels libres. Le constat est simple : le marché du logiciel propriétaire est dominé par des entreprises étrangères (américaines principalement) alors que la France fait partie des leaders mondiaux au niveau du logiciel libre (je n'ai pas de chiffres exacts mais je crois que je ne me trompe pas en affirmant cela), donc en favorisant les logiciels libres on stimule l'économie française et non celle du pays de l'Oncle Sam. Le gouvernement cherche de plus à relancer une vraie concurrence dans le monde des logiciels, ce qui sera bénéfique pour tout le monde. Il prend enfin conscience du rôle qu'il a à jouer dans la bataille contre les monopoles qui existent dans ce domaine (le monopole de Microsoft principalement, mais il y en a d'autres déjà présents ou en formation).

En ce qui concerne le ministère de la défense, on vient d'avoir droit à une annonce officielle que j'attendais depuis très longtemps et qui affirme entre autre en substance qu'il est inacceptable que des secteurs clés de nôtre pays (la défense et la sécurité du territoire) soient dépendants du bon vouloir d'une entreprise étrangère. Ainsi, en plus de faire des économies, le ministère prône l'utilisation du libre pour des raisons politiques et idéologique, et c'est la première fois que je vois ça à un tel niveau. On a maintenant, en plus des 350.000 postes du ministère de l'agriculture (et de l'éducation ?) qui se sont mis à l'utilisation de logiciels libres (OpenOffice.org. Thunderbird et Firefox principalement), le ministère de la défense devient un des plus gros utilisateurs de libre en France. Les 70.000 postes clients de la gendarmerie nationale, qui étaient déjà équipés du navigateur et de la suite bureautique libre vont progressivement passer sous Ubuntu d'ici 2013. Une économie de 20 % sera faite par la même occasion (et oui, si le logiciel en lui même est gratuit, le support coûte plus cher, mais il permet de faire vivre l'économie nationale). Une autre initiative du ministère de la défense est le projet Milimail qui ajoute des fonctionnalités à Thunderbird pour répondre à des besoins internes du ministère, puis propose ces améliorations sous forme d'extensions pour le logiciel de Mozilla, et aide à leur intégration dans la future version 3. Cette initiative va avoir énormément de retombées positives pour Thunderbird, et on ne peut que l'applaudir.

Allez, vive la France, et Banzaï !

dimanche 17 juin 2007

Petite fierté personnelle

Et oui, il y a deux ou trois trucs dont je suis fier, et ceci en fait partie : je n'ai aucun logiciel piraté sur mon ordinateur.

Je sais que ça peut paraitre étrange comme ça, mais ça a une très grande signification pour moi. Sous Windows, la moindre recherche de logiciel finit par l'installation d'un programme propriétaire payant ou d'un shareware, et dans les deux cas, pour pouvoir profiter de possibilités supérieures à celle offertes par la version d'évaluation, il faut acheter une licence. Bien évidemment, personne ne paye de licence, pirater le logiciel est tellement simple. Et bien moi, je suis tout heureux (imaginez un gars à l'air benêt avec un grand sourire si vous avez du mal à vous représenter la scène) de pouvoir affirmer que je n'ai aucun logiciel piraté sur mon ordinateur.

Certes, j'ai un Linux, donc à peu près tout ce qui est à ma disposition est libre, donc gratuit et par conséquence non piratable, mais cela fait partie de ma fierté. Il y a tout de même quelques logiciels propriétaires et payants sous Linux mais je n'en n'ai aucun. Je n'ai pas succombé à la tentation d'installer tel ou tel logiciel piraté parce qu'il est soit-disant meilleur que tous ses concurrents libres, je me suis contenté de ce que le monde du libre m'offrait, pour quelque part montrer mon attachement à cette philosophie qui veut que la connaissance n'a pas de prix, et l'immatériel non plus. Cet état d'esprit était déjà le mien lorsque j'étais encore sous Windows. Je refusais d'installer Microsoft Office piraté, utilisant OpenOffice.org, et je faisais de même pour Winrar et 7zip par exemple. Utiliser un logiciel piraté fait énormément de mal à ses concurrents libres, car fait croire à l'utilisateur que le libre n'a plus l'avantage de la gratuité, qui est souvent le seul critère compréhensible par celui-ci. C'est ainsi que je ne propose aucun programme piratable ou piraté sur mon ftp, je préfère y mettre les installeurs de leurs équivalents libres.

Je fais toutefois une exception regrettable en ce qui concerne les jeux, et avais du mal à me séparer de certains jeux sous Windows, tels que CS:S, mais c'est réparé désormais, car je ne joue plus qu'à de magnifiques jeux libres (pour les "petits jeux"), et à Tribal Trouble, dont j'ai acquis la licence pour soutenir ces développeurs qui créent des jeux qui me plaisent et sont compatibles avec Linux. Une autre exception que je suis obligé de faire concerne la musique et les films, car je suis dans l'incapacité de ma contenter de ce qu'offre le libre, et dans celle d'acheter tout ce qui me plaît...

Le prochain objectif est désormais de me débarrasser de toute trace de logiciel ou contenu propriétaire sur mon ordi, tels que codecs (vlc devrait suffire pour les films, mais pas pour la musique, car non optimisé pour la gestion d'une bibliothèque), polices (les polices "liberation" feront surement l'affaire), pilotes (ATI/AMD entre autres) ou logiciels gratuits (Skype, unrar), mais je sens que cela va être bien plus difficile car je n'envisage pas un passage d'Ubuntu à Debian pour le moment (pour me débarrasser de tous les pilotes propriétaires présents nativement dans Ubuntu).