Le blog de vetetix

F&BG, comme toujours

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Jérôme Bourreau, c’est cet employé de TF1 qui s’est fait virer parce qu’il a exprimé des positions anti-Hadopi. Il a attaqué TF1 au prud’hommes pour licenciement abusif, et maintenant il l’attaque au pénal pour « discrimination en raison d’opinions politiques ».

Ces deux attaques en justice, en elles-mêmes, ne me dérangent pas. Ce qui me dérange, c’est le discours que l’ex-employé tient à propos de son ancien employeur. Morceaux choisis dans l’article de Numerama :

Le jeune licencié veut maintenant "faire le procès d’un système de connivence que tout le monde réprouve mais qui, au final, ne choque plus". "Moi, j’aimerais bien que ça choque", explique au journal celui qui n’a quasiment reçu aucun soutien des syndicats, et dont l’affaire n’a pas suscité plus que cela l’indignation populaire.

Au delà du procès sur la liberté d’expression et d’opinion dans l’entreprise, le procès sera aussi celui de TF1 et de sa connivence avec le pouvoir, personnifié par les relations d’étroite amitié entre Martin Bouygues et le Président Nicolas Sarkozy. "Ils sont puissants et puis ils nous divertissent, ça évite de réfléchir quand on regarde la Une", résume l’ancien employé de la première chaîne.

Il n’y a pas quelque chose qui vous choque là ? Ça fait dix ans, vingt ans peut-être, que j’entends dire que TF1 est une chaine à la solde des lobbies de droite, qui traite ses téléspectateurs comme des fournisseurs de « temps libre de cerveau » que l’on peut vendre aux publicitaires. C’est pas nouveau, et Jérôme Bourreau était au courant de ces accusations quand il s’est engagé chez eux.

Ainsi donc, monsieur collabore avec l’ennemi du peuple tant que celui-ci lui donne un salaire, puis quand les choses changent, il voudrait devenir le chef de fil de la résistance ? N’importe quoi ! Il devrait avoir honte.

Réponse à Aliocha

Pas de commentaires

Je viens de poster un commentaire à un billet d’Aliocha. Comme je préfère rassembler toutes mes « créations » sur mon blog, je le copie ici :

Je dois vous dire que je suis fortement déçu par votre billet. En général j’apprécie énormément la lecture de votre blog, mais là j’ai comme un goût amer à la bouche.

Vous commencer par émettre des réserves vis-à-vis du gratuit, en défendant la rémunération des auteurs. Si je ne me trompe pas, votre blog est totalement gratuit, il n’y a même pas de publicité dessus. Le temps que je passe à vous lire, c’est du temps que je ne passe pas sur un livre acheté à la FNAC ou sur un journal acheté en kiosque. Dois-je en déduire que vous critiquez un système que vous faites vivre ?

En critiquant cette gratuité vous vous opposez aux technologies de communication modernes. Je fais partie de ceux qui considèrent comme du « fair use » le fait de pouvoir s’échanger légalement toute œuvre lorsqu’il n’y a aucun enjeu économique personnel. Pour autant, je ne veux pas faire mourir les artistes, je souhaite que soit mis en place un système de licence globale (cela fonctionne pour la radio, je ne vois pas pourquoi cela ne fonctionnerait pas pour les échanges sur internet. Ce n’est certes pas parfait, l’évaluation des volumes d’échanges se ferait probablement un peu au pifomètre, mais je fais confiance à une autorité dédiée et indépendante pour être juste), et en attendant, j’achète des CD et des DVD (autour de 250€ par an, en plus des rares places de cinéma), on peut donc difficilement dire que je suis un « pirate » qui fait mourir l’industrie culturelle.

Je ne m’étendrai pas sur l’utilisation maladroite d’une mauvaise analogie entre le partage sur internet et l’exploitation du service d’un plombier. Venant d’une journaliste, cela m’étonne d’autant plus, vous devriez savoir que les analogies sont toujours hasardeuses. La prochaine fois, comparez le partage sur internet à la spoliation des juifs en 1940, cela nous permettra au moins de rigoler en invoquant le point Godwin.

Pour finir, contrairement à ce que vous tentez de nous faire croire, vous prenez la défense du projet HADOPI. En dehors du débat de fond sur la nécessité ou non de créer cette haute autorité ( débat sur le « fair use », et sur l’incidence supposée du partage sur le chiffre d’affaire de l’industrie — les fondements du projet de loi étaient déjà bancals), toute l’opposition au gouvernement avait insisté sur la nécessité de faire intervenir la CNIL au plus haut niveau dans la HADOPI, sur celle de passer par un juge, d’autant plus qu’il s’agissait de couper la connexion des gens. L’atteinte à la liberté d’expression a été invoquée il y a longtemps, n’essayez donc pas d’excuser le gouvernement. La mutation de la peine en une amende faisait, de même, partie de l’un des amendements refusés, comme la quasi-totalité des amendements de l’opposition. Le gouvernement ne récolte que ce qu’il a semé, et au passage nous prouve que le respect des Droits de l’Homme et de la Constitution ne fait pas partie de ses priorités, alors que celui des intérêts financiers de ses amis « artistes » passe au premier plan.

Passons maintenant à la critique de ce que vous dites en réponses aux commentaires.

Non, nous ne faisons pas de nos artistes des fonctionnaires. Ils sont libres de créer ce qu’ils souhaitent, de faire des concerts et autres représentations publiques, de vendre des CD (séries limitées par exemple) ou des produits dérivés. La licence globale ne concerne que les partages non commerciaux de leurs œuvres entre internautes.

Vous vous targuez une fois de plus de vouloir défendre les intérêts économiques des artistes, vous accommodant du système actuel tant qu’une alternative n’existe pas. Très bien… Par contre, ce n’est pas en passant un an et demi sur un projet de loi qui part à la mitraille au conseil constitutionnel que l’on fait avancer les choses. L’industrie culturelle n’est pas morte à l’heure actuelle (elle se porte merveilleusement bien, contrairement à ce qu’elle voudrait nous faire croire), nous avons donc du temps disponible pour discuter des détails de la licence globale.

Cette sympathique formulation est à mettre au crédit de @schnouki, sur identi.ca.

C’est la grosse nouvelle du jour : la loi Création et Internet a été partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel. Je m’étonne même que personne dans mes contacts Google Reader n’ait partagé d’article en parlant. Tout le monde en parle, Le Monde, Numérama, Marianne, le Standblog, the Inquirer, et bien d’autres.

Histoire d’emprunter des formules à d’autres personnes, je crois que le « Muuuuhahahahahahaha !!! » de Tristan Nitot et le « J’exulte » de Patrick Bloche sont parfaitement adaptés à ma réaction à la vue de cette nouvelle. En dehors de la grande joie que me procure cette décision, il y a aussi un grand soulagement. La démocratie a fonctionné et les droits de ses citoyens ont été respectés. Si le mouvement généralisé des bloggeurs contre cette loi, avec leurs nombreux billets expliquant pourquoi celle-ci était mauvaise et leur Black-Out, n’a pas suffit à lui barrer le chemin (logique, vous me direz), des autorités supérieures en avaient le pouvoir et l’ont exercé.

Le Conseil Constitutionnel, dans sa décision, qualifie d’inconstitutionnels de nombreux articles de la loi HADOPI, et fait mention d’enfreintes de deux articles de la déclaration des Droits de l’Homme, celui concernant la liberté de communication et d’expression, ainsi que celui concernant la présomption d’innocence. On notera que l’Internet est élevé au rang de droit fondamental (Ô Joie). On ne peut pas dire que les députés n’avaient pas été prévenus. C’était le cheval de bataille de l’opposition au projet, et c’est finalement ce qui a été retenu pour le censurer.

On en retient ce qu’il y a à retenir : cela ne pose aucun problème aux députés UMP de porter atteinte aux Droits de l’Homme pour protéger les intérêts financiers et mercantiles de leurs amis « artistes ». Ils le savaient mais ont tout de même maintenu leur cap. Je trouve ça lamentable. Si de telles errances sont possibles sur un sujet aussi inoffensif que les droits d’auteur, que peut-il se passer quand ce sont les intérêts de grands groupes industriels ou pétroliers qui sont en jeu, sans parler des soit-disant mesures de protection contre les pédonazis et les terroristes ? Gardons en tête le nom des 296 députés et des 189 Sénateurs qui ont voté pour cette loi et qui ont ainsi mis en danger notre démocratie.

Passons maintenant à la suite de la guerre, car on n’a gagné qu’une bataille. Albanel maintient son soutien à la loi et indique vouloir la modifier pour l’associer à la décision d’un juge (et ainsi lui rendre son pouvoir de sanction, retiré par le conseil constitutionnel, mais cette fois-ci constitutionnellement[1]). Le journal Marianne demande même sa démission.

Cette bataille a été gagnée sur la forme. Ce que le Conseil Constitutionnel reprochait à la Hadopi, ce n’est pas sa défense du droit d’auteur contre les internautes, mais sa façon de le mener. La guerre, c’est celle que mène le PiratPartiet Suédois, qui vise entre autres à légaliser totalement les échanges non-commerciaux de contenu entre les internautes (ce n’est pas une guerre visant à supprimer le droit d’auteur, mais à l’adapter au monde actuel). L’autre volet de cette guerre, celui s’occupant de la neutralité du net, sera tout aussi difficile à gagner…

Notes

[1] Bon, je n’arriverai pas à placer « anticonstitutionnellement » dans mon billet, mais au moins j’ai appris un nouveau mot : « superfétatoire »

Je suis en train de regarder les vidéos des débats sur l’HADOPI à l’assemblée nationale. J’ai quelques commentaires à faire, donc je me lance.

Concernant l’assemblée nationale elle-même :

  • S’il y a 350 sièges environ, si les députés sont payés pour être présents aux débats, pourquoi n’y a-t-il que 50 à 100 personnes présentes dans l’hémicycle ? N’ont-il pas trouvé un meilleur système que celui en vigueur, qui permettrait aux députés de remplir leurs fonctions locales ainsi que leurs fonctions à Paris ? (Un truc qui pourrait être amusant serait de nécessiter les voix de 50% des députés pour faire passer une loi, et non 50% des députes présents. Ça obligerait les députés à venir… Bon, ok, je dis de la merde. Par contre, un député n’étant pas dans l’hémicycle et ne pouvant pas prouver qu’il n’y est pas parce qu’il assure ses fonctions de député en province au même moment, et donc qu’il ne fait pas autre chose qui n’a rien à voir — genre aller à la pêche ou coucher avec sa maitresse, ne devrait pas être payé pour ces heures là).
  • En fait, les débats à l’assemblée nationale, c’est un gros troll AFK qui dure des heures. La seule différence avec un troll sur internet, c’est que les deux parties n’écoutent pas les arguments qu’on leur oppose. Ils viennent à la tribune, font un discours de trente ou quarante-cinq minutes, puis vont s’assoir, boire un café, voire s’en vont, n’écoutant pas ce qu’a à dire le camps adverse…

Concernant le débat sur l’HADOPI :

  • Gros dialogue de sourd, la ministre et le rapporteur de la loi sont hermétiques à tous les arguments de l’opposition (c’est à peine s’ils les écoutent). Christine Albanel donne l’impression de ne donner d’importance qu’aux intérêts économiques des producteurs. On doute de son attachement à la rémunération des artistes, et on doute encore plus de l’importance qu’a pour elle l’intérêt public.
  • Les contre-vérités fusent. Exemple flagrant : le discours qui nous affirme qu’il est désolant que la jeunesse ne se rende pas compte que télécharger illégalement c’est du vol, que ça tue les petits créateurs, etc. (ce n’est pas du vol, c’est de la contrefaçon, et ça a plutôt tendance à aider les petits créateurs oubliés des majors et de leurs campagnes de pub).
  • Autre problème : l’argument qui voudrait que la coupure d’internet a été choisie au détriment d’une amende dans le but de mettre tout le monde à égalité devant la peine. Cela serait indispensable pour ne pas punir proportionnellement plus sévèrement les pauvres qui n’ont pas d’argent. Ridicule, je vais revenir là dessus un peu plus loin.
  • Christine Albanel n’a visiblement pas de conseiller technique dans son cabinet. Elle ne sait pas comment fonctionne un pare-feu, elle ne sait pas comment fonctionne internet, elle s’enfonce phrase après phrase en pensant qu’un « pare-feu, comme celui fourni par le pack Office, par le pack OpenOffice, ou même par tout système d’exploitation Linux, jouera le rôle nécessaire pour bloquer tout risque » (la phrase n’est pas exacte, je la ressors de mémoire). On apprend donc que Microsoft Office fournit un pare-feu, tout comme le fait OpenOffice. On apprend aussi qu’un pare-feu sur un ordi permet d’empêcher ses voisins de venir télécharger sur son propre wifi ouvert.

« Mais non madame, je suis innocent et blanc comme neige. J’avais mis un post-it sur mon écran avec marqué “interdiction de télécharger illégalement sur mon réseau”, je ne comprends pas comment mes voisins ont pu venir sur mon wifi ouvert et faire des trucs illégaux ».

Petit détail amusant :

Mme Brillart, de l’opposition, qui s’occupe d’avancer les arguments vis-à-vis de la faisabilité technique de la loi, et qui doit donc expliquer qu’on peut contrefaire des adresses IP, qu’on peut éviter le p2p et faire du f2f ou du direct-download, etc., s’offusque de voir que l’agence de communication qui a mis en place le site jaimelesartistes.fr est spécialisé dans les « campagnes virales et vidéos virales ». Sa réaction : « Bouh, les virus c’est mal, comment pouvez vous d’un côté demander aux gens de mettre des pare-feus et des antivirus sur les ordinateurs des internautes, et de l’autre payer une agence pour faire une campagne virale » … … … :D

Concernant le débat autour de la culture

Il n’y a aucun débat autour de la culture. Christine Albanel part du principe que le meilleur, si ce n’est le seul, système envisageable est celui qui est contrôlé par les maisons de disque à l’heure actuelle. Le fait que les maisons de disque seules décident de qui va gagner de l’argent et qui ne va pas en gagner ne l’émeut point. Les gens achètent la musique des gros artistes pour qui de la pub est faite sur TF1 et M6, c’est tout. Les petits artistes, même s’ils sont géniaux, ne vendent pas de CD, ne sont pas téléchargés, ne gagnent quasiment pas d’argent autrement qu’en faisant des concerts devant quelques amateurs avertis s’ils ont la chance d’être connus dans certains milieux. C’est ce système que Christine Albanel et son cabinet défendent. Les artistes riches sont riches, faisons en sorte qu’ils le soient encore plus en empêchant le téléchargement (à prouver, d’ailleurs, parce que moi j’ai pas plus d’argent à dépenser dans des CD qu’actuellement, sauf à arrêter d’aller au MacDo de temps en temps et à ne manger que des pâtes… À la limite, je peux arrêter de donner de l’argent à la croix rouge, ça me permettra de le donner aux majors à la place), et les artistes pauvres sont pauvres, c’est comme ça, on ne peut/va rien faire pour que ça change.

Dans les débats, les députés UMP réfutaient le fait que le droit à avoir internet serait un droit fondamental. Selon l’un d’entre eux, le droit à internet n’est en rien un « droit divin », et même sans internet il existe toujours le téléphone, les lettres, ou la voix pour communiquer. Ils oubliaient un peu vite que dans le rapport d’Eric Besson pour l’économie numérique ça fait partie des demandes (mais l’opposition le leur a rappelé, ce qui a étrangement fait taire les plus bornés). De plus, il existe un autre droit qui n’est pas divin : le droit d’auteur. Il a été créé il y a 200 ou 300 ans pour favoriser la création artistique en permettant aux créateurs de vivre de leurs œuvres (en opposition à « survivre dans la misère », voire à se faire spolier tout simplement), mais de nos jours, il est utilisé pour défendre un système qui fournit des millions et des millions d’euros aux plus gros artistes et industriels de la musique. Parmi les signataires de la pétition, les députés de l’UMP ne citent jamais que les artistes connus qui gagnent chacun au minimum plusieurs centaines de milliers d’euros par an, pas les artistes inconnus qui ne sont de toute façon pas téléchargés, mais qui défendent le système au cas où ils viendraient à atteindre la gloire…

Il ne faut pas oublier qu’on applique à la culture une économie de biens rares, alors même qu’on peut à coût marginal nul fournir du contenu à tout le monde, même aux pauvres qui ne peuvent ni acheter de CD à la FNAC, ni acheter de musique sur itunes. Quand Albanel refuse d’imposer une amende pour protéger les pauvres, elle oublie un peu vite qu’elle protège un système de distribution de la culture qui exclue les pauvres alors que techniquement et financièrement rien de concret ne s’oppose plus à ce que les pauvres aient accès gratuitement à ce qu’ils ne peuvent de toute façon pas payer.

On en revient à la licence globale. On est en train de se diriger vers des licences globales privées (Spotify, Deezer, etc.), où pour 10€ par mois on a accès à à peu près toute la musique (mais actuellement encore en fonction des accords entre majors et fournisseurs de service, donc pas vraiment tout. De plus, si la qualité et l’ergonomie de ces systèmes sont à peu près acceptables, il n’est pas possible d’emporter sa musique en voiture ou dans son baladeur mp3 pour aller faire un footing…). La licence globale est donc un système qui s’impose. Le hic, c’est que des licences « globales » privées ne permettent toujours pas aux pauvres d’accéder à la culture. 10€ par mois pour de la musique, quand on n’arrive même pas à manger en fin de mois, c’est toujours trop cher. Ajoutons à cela la place de cinéma à 9€ parce que le pauvre, il est agent d’entretien dans une boite qui n’a pas de CE pour avoir des places à 4€50, et donc il ne va pas non plus au cinéma.

On a vraiment besoin de se rendre compte rapidement que la licence globale est la seule solution équitable (c’est soit ça, soit on dé-régularise les échanges sur internet ne rendant tout gratuit légalement, enfin, de mon point de vue le monde marchand de biens numériques ne peut pas exister tant qu’internet existe). On doit s’en rendre compte avant que les licences privées soient trop répandues, avant que les majors ne se décident à y passer pour en garder le contrôle. Le chiffre d’affaire des ventes de CD en 2008 était de 600 ou 700 millions d’euros (contre plus d’un milliard il y a quelques années). À dix euros par mois, pour 18 millions de foyers connectés à internet, ça fait quand même un bon gros paquet d’argent (même si dans le tas on retire ceux qui en sont exemptés parce qu’ils sont trop pauvres). Plutôt que de servir les intérêts des gros riches des maisons de disque, servons ceux des français les moins aisés et apportons leur de la culture gratuitement puisque les évolutions technologiques le permettent désormais. Ce genre de taxe existe déjà avec la redevance télévisuelle, on n’inventerait rien de nouveau.

Avec tout l’argent récolté par cette licence globale, il y aurait moyen d’inclure l’industrie cinématographique dans le jeu. N’oublions pas qu’un tel système mettrait de côté tous les couts de fabrication des CD, des DVD, les couts d’exploitation des cinémas (oui, je n’aime pas les cinémas. Le son est trop fort, on n’a pas le droit d’y amener à manger et ce qu’on peut y acheter est très cher, on se tape de la pub de merde, et en belgique il y a une entracte de merde. Je souhaite voir les cinémas mourir, je préfère mon ordi, ma télé, voire mon home cinema avec son surround dans mon salon), donc l’argent récolté reviendrait directement dans les mains des créateurs. Donc les artistes seraient encore plus riches qu’aujourd’hui et la création n’en serait que favorisée.

Autre conséquence d’une licence globale : on peut y inclure les programmes télévisuels. Les émissions de télé pourraient être assujettis au même régime, et ça permettrait de donner des financements aux chaines qui créent de bons contenus (et hop, le problème du financement de France Télévision est réglé, je suis vraiment fort quand même :-) .

D’un point de vue de la mise en place d’un tel système, je ne sais pas quel serait la meilleure solution. Une surveillance des plus gros réseaux p2p (torrent, edonkey, etc.) en permanence, mais avec un risque d’atteinte à la vie privée des gens ? Une surveillance régulière mais non continue, avec les mêmes problèmes de respect de la vie privée ? Des sondages réguliers pour savoir ce qui est téléchargé par les gens ? L’utilisation de trackers/serveurs centraux français, accessibles uniquement de France (et des autres pays adoptant un système similaire), pour simplifier tout ça ?

Il n’existe pas de système parfait. Il n’existe pas de système qui soit 100% juste. Il faut de toute façon faire des efforts, atteindre des consensus. L’état est là pour garantir les équilibres, pour trouver les proportions, pour répartir de manière juste ce à quoi ont droit chaque créateur. Le système actuel n’est pas du tout équilibré, il est injuste, attaqué de toute part, et pourtant il crée toujours des fortunes. Ce qu’il faut trouver, c’est le système qui soit le meilleur possible pour la société sur le long terme, et je pense personnellement qu’une sorte de licence globale est ce qui s’en rapproche le plus.

Ça faisait quelques jours que j’y pensais, et un billet trouvé sur le « planet libre » me confirme la chose : les logiciels mouchards que souhaitent nous imposer l’HADOPI seront inefficaces.

Le principe de ces logiciels est simple : la connexion internet de votre ordinateur est surveillée « de l’intérieur » par un logiciel signé par des DRM et des trucs dans le genre. Le logiciel empêche toute communication avec l’extérieure qui pourrait être utilisée pour faire du p2p (ou d’autres activités hautement illégales genre envoyer un mp3 à sa grand mère par email :D ). Je ne sais pas exactement ce qui sera autorisé et interdit par ces logiciels, j’attends de voir un peu ce qu’ils proposent pour voir à quel point c’est ridicule. Le logiciel fait régulièrement du « Phone Home » pour confirmer à son éditeur que vous ne l’avez pas désactivé.

Une fois le logiciel installé, il serait, selon la loi telle qu’elle semble se dessiner, garant de votre bonne foi. Ainsi, on ne pourrait plus vous accuser de piratage si vous avez acheté une licence d’un de ces logiciels et qu’il tourne sur un ordi dans votre maison.

Le problème, c’est que rien ne garantis que vous n’avez pas plusieurs ordinateurs chez vous, un avec un de ces logiciels mouchards qui vous protège de tout risque juridique, d’autres qui téléchargent allègrement, protégés par le premier ordinateur. De même, vous pouvez aussi installer une machine virtuelle Windows pour y installer le mouchard :D

Et hop, téléchargez tout ce que vous voulez sans rien risquer. C’est la fête, c’est pas cher, c’est pas risqué, et ça prouve que les décideurs de cette loi ne sont vraiment pas au courant de ce qu’est un ordinateur…