Le blog de vetetix

F&BG, comme toujours

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Ça y est, après beaucoup d’hésitations (et de procrastination), je viens de passer mon blog de la plateforme GandiBlog vers mon propre serveur. J’en ai d’ailleurs profité pour passer de Dotclear à WordPress.

Je reviendrai sur les détails de la migration dans un billet, parce que tout ne s’est pas passé très facilement. En particulier, j’ai un peu de mal à gérer les redirections dans lighttpd pour que certains flux rss soient toujours disponibles.

"Rho ! mais l’auto-hébergement c’est un truc de fou, il de faut une grosse sale ventilée pour y mettre un serveur énorme ! Ça chauffe et ça fait plein de bruit !"

Mais non, jeunes padawans, redescendez sur terre et regardez plutôt ces photos :

Serveur d'auto-hebergement

L’auto-hébergement, c’est ça : un modem pour se connecter à internet, et un mini-micro-serveur, sans ventilateur pour éviter le bruit et avec un radiateur pour le refroidir un peu.

Pour info, j’ai choisi de m’abonner chez Free parce qu’il me semble que c’est le FAI le plus adapté pour l’auto hébergement. Il fournit une adresse IP fixe, il ne bloque pas obligatoirement le port 25 en sortie, il propose des adresse IPv6, etc.

Pour ce qui est du serveur en lui-même, j’ai choisi d’acheter un Fit-PC2i, avec un atom 1.6GHz, 1 Go de ram, et un disque dur 250 Go en 7200tpm, le tout ne consommant pas plus de 10W en fonctionnement. Un câble ethernet pour le relier à la freebox, une prise électrique, et c’est parti. Je reviendrai plus en détail sur le choix de ce serveur dans un autre billet.

P.S. : pour ceux qui se demanderaient pourquoi j’ai deux téléphones au même endroit, c’est parce que j’ai un téléphone interne à la brigade, pour pouvoir me faire réveiller à 4h du matin. C’est utile quand on s’ennuie pendant son sommeil, ça nous permet d’avoir une occupation durant la nuit ;-) .

Auto-hébergement, me voici

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Cela faisait longtemps que je songeais à m’auto-héberger. Ce "rêve" de geek est est en train de se réaliser, car j’ai fait l’acquisition d’un petit serveur à mettre chez moi il y a quelques jours.

Je vais écrire une série de billets concernant diverses facette de l’auto-hébergement dans les semaines à venir, histoire de présenter le concept, de partager mes réflexions à ce sujet, d’expliquer mes choix techniques et de détailler ma configuration.

Qu’est-ce que l’auto-hébergement ?

L’auto-hébergement, c’est tout simplement le fait d’héberger soi-même les services web que l’on utilise. On installe sur un ordinateur personnel, placé chez soi, un blog, un site web, un serveur de courrier électronique ou de messagerie instantanée, un calendrier en ligne ou un service de partage d’images ou de vidéos.

Pourquoi s’auto-héberger ?

Le but est simple : retrouver son indépendance et le contrôle de ses données. Lorsqu’on utilise les services "gratuits" proposés par des fournisseurs tels que Yahoo!, Google ou MSN, on accepte une licence d’utilisation plus ou moins contraignante, on confie ses données personnelles à un acteur extérieur le plus souvent situé dans un pays étranger et soumis à des lois différentes de celles que l’on connaît en France concernant le respect de la vie privée, on accepte que les gens consultant notre contenu soient assaillis de publicités, et parfois, si ce n’est souvent, une partie des données générées pendant des années sur ces services est difficile, voire impossible, à récupérer.

En s’auto-hébergeant, on retrouve sa liberté car on n’est plus dépendant des décisions d’un fournisseur de services extérieur. On retrouve le contrôle de ses données, car elles se trouvent tout simplement dans des fichiers ou bases de données sur un ordinateur chez soi. Enfin, on retrouve la maîtrise de sa vie privée, car on décide de manière précise de ce qui sort de chez soi et à qui on le donne.

Comment s’auto-héberger ?

Il y a plusieurs étapes à valider avant de s’auto-héberger. Il faut bien réfléchir à ses besoins, à ses envies, et surtout à ses moyens et aux contraintes existantes.

Il faut choisir un fournisseur d’accès internet "compatible" avec l’auto-hébergement, puis il faut trouver ou acheter un ordinateur qui hébergera les services. Il faut pour finir faire le choix des services souhaités, puis des programmes qui fourniront ceux-ci sur l’ordinateur.

Quelles en sont les limites ?

J’ai identifié plusieurs problèmes qui devraient se poser à tout geek souhaitant s’auto-héberger.

Le premier problème est d’ordre financier. En effet, un ordinateur ça coûte cher et ça consomme de l’électricité. Les sommes ne sont pas forcément insurmontables, mais c’est de toute façon plus cher qu’un compte gmail (gratuit), avec du chat sur gtalk (gratuit), des photos sur picasa (gratuit) et des vidéos sur youtube (gratuit).

Le deuxième problème concerne la fiabilité du service. Un service auto-hébergé sera probablement plus souvent "hors-service" que son équivalent géré par Google ou Yahoo. L’accès internet peut sauter, le courant être coupé, le serveur piraté, etc. Ce n’est pas forcément grave dans tous les cas, et quelques solutions de prévoyance existent, mais ça peut parfois être gênant.

Le troisième et dernier problème que j’ai identifié concerne le temps à consacrer au maintient du service et les compétences requises. Je pense qu’il n’est pas nécessaires de s’étendre sur les détails pour comprendre que tout est plus simple et plus rapide à gérer sur Gmail ou MSN que sur son propre ordinateur.

Je sais, vous allez m’accuser d’être encore une fois un ennemi de Apple, de passer mon temps à critiquer la multinationale et son pdg charismatique, mais c’est plus fort que moi. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas exprimé à ce sujet sur ce blog, parce que les critiques à faire étaient toujours les mêmes. Cette fois-ci, parlons un peu de choses nouvelles : le nouveau Safari 5.

Safari 5 est sorti il y a quelques jours, apportant son lot de nouveautés classiques, principalement des nouvelles fonctionnalités liées à html5, mais l’élément nouveau nous intéressant ici est la possibilité de "supprimer" le contenu des pages web qui entoure les articles et billets. En gros, ça a l’avantage de permettre aux utilisateurs de se concentrer sur la lecture du contenu sans être dérangé par les menus, le widgets et… les pubs. Je vous laisse voir les nouveautés sur cette page.

Safari Reader, la nouveauté en question, fait l’objet d’un article très critique à son sujet, article qui fait à son tour l’objet d’autres critiques, comme par exemple sur embruns.net (ou sur Google Reader par l’illustrissime Pathfinder ;-) EDIT: en fait, non, il s’en moque complètement de Safari Reader).

Commençons par défendre la stratégie d’Apple, les critiques ultérieures n’en seront que plus crédibles. Cette fonctionnalité existe déjà sur Firefox, via l’extension Readability, donc Apple n’a rien inventé et n’a fait que l’implémenter par défaut. De plus, il existe pour Firefox des extensions bien pires que cela, comme AdBlock, dont le but est ouvertement de supprimer les pubs. Safari Reader ne bloque pas spécifiquement les pubs, mais tout ce qui ne constitue pas une partie du contenu intéressant de la page.

Maintenant que j’ai démontré mon statut de quasi fan-boy Apple en prenant leur défense, voici venir les critiques. L’extension AdBlock je ne l’utilise pas, parce que je considère que ne pas afficher les pubs c’est vouer les sites à une mort certaine. Apple n’a certes que 5% de parts de marché dans les navigateurs web, mais devrait prendre ses responsabilités en ce qui concerne le gagne pain des autres sociétés.

Si Apple s’engage dans cette voie là, la seule manière de gagner sa vie avec les clients de produits Apple, ça sera bientôt d’être forcé de passer par des applications dans l’AppStore, qu’elles soient payantes ou financées par des pubs iAd. Je comprends parfaitement que certaines personnes s’en agacent. De nombreuses personnes soupçonnent d’ailleurs Apple d’appliquer volontairement cette stratégie dans le but de nuire à son concurrent principal : Google.

Newton et Google ont donc un point en commun : une pomme leur fait des misères.

Tout cela mis à part, on retrouve ici les problèmes de piratage auquel font face les producteurs de musique ou de film, mais dans le domaine de la publication de contenus web. On s’attaque à leur modèle économique, je comprends qu’ils n’apprécient pas. Malgré tout, ces contenus là ne méritent pas un traitement différent de celui que je réserve aux films et musiques. Tant qu’un contrat acceptable me permet d’y accéder, c’est avec joie que je respecte les engagements, mais si aucun moyen raisonnable n’est mis en place pour permettre l’accès aux contenus, leur modèle économique passe à la trappe. D’ailleurs, les sites se basant sur la technologie Flash pour diffuser des pubs ne gagnent pas d’argent avec moi.

Il serait toutefois intéressant que cette histoire permette à l’industrie d’embrasser de nouveaux modèles économiques en plus des premiers. Je pense en particulier à ce que propose le service Flattr, qui se base sur de micro-dons pour rémunérer les sites, blogs et autres producteurs de contenus que l’on apprécie.

C’est assez rare pour le mentionner, je viens de lire un article sur numérama avec lequel je ne suis pas d’accord. J’aime bien ce site parce qu’en général leurs journalistes m’informent des sujets qui m’intéressent en les traitant d’un point de vue similaire au mien. Il en est ici différemment, leur point de vue concernant le sujet abordé dans l’article ne me semble pas suffisamment réfléchi.

On traite ici de déclarations de NKM, justifiant des inégalités dans le traitement des données pour certaines applications, tout en respectant les principes de la neutralité du Net, puis avançant la possibilité pour les opérateurs de fournir des abonnements variables aux internautes, que ce soit en limitant le débit ou en facturant à la consommation réelle, le tout dans le but de limiter l’engorgement des réseaux.

Des compromis sur la neutralité du net

Pour ce qui est du traitement inégal des flux en fonction de leur type, on est totalement en contradiction avec la neutralité du net, même si c’est pour favoriser la "télé-chirurgie". En soit ce n’est pas problématique, on peut comprendre que les applications qui mettent des vies humaines en jeu soient favorisée. Mais qu’est-ce qui sera considéré comme prioritaire, au final ? Si le gouvernement décide de rendre prioritaire la télé chirurgie, une fois le système en place rien ne l’empêchera de favoriser d’autres types de contenus, et là ça devient dangereux. On revient en fait à mettre en place un outil dangereux, qui n’est pas forcément indispensable (la télé chirurgie peut passer par des satellites, par exemple), et qui va ouvrir la voie à des dérives. Quoi qu’il en soit, bien que ce soit envisageable, le sujet reste sensible.

Du net pour riches et du net pour pauvres

Passons au deuxième sujet abordé, sur lequel je ne rejoins absolument pas le point de vue de Numérama : des abonnements internet à débit limité. On se croirait revenu dix ans en arrière, au début de l’adsl, lorsqu’il fallait payer plus cher pour avoir accès à plus de bande passante. Cela me semble ridicule, surtout quand on sait que ce n’est pas la bande passante qui coûte le plus cher de nos jours, mais la mise en place des infrastructures (dixit Benjamin Bayard de chez FDN). Au lieu de payer 30€ par mois pour un service de TV + TPH + internet 28M, les gens paieraient 20 ou 25€ pour du TPH + internet 512k. En effet, l’infrastructure qu’a payé le FAI permet de donner le maximum, donc le petit internaute qui ne consomme pas trop devra quand même l’amortir.

L’internaute faisant ce choix aura une expérience de seconde zone et ne sera pas autant attiré par les nouveaux usages du net (visoconférence, etc.). C’est une perte et un retard pour le développement de l’industrie des services sur internet. Malgré tout, c’est effectivement un abonnement que certaines personnes à très faible revenus choisiront. Au final, ça ne va pas pousser les FAI à optimiser leur infrastructure, uniquement à baisser les coûts liés à la consommation des abonnés, et ça va créer des internautes de seconde zone tout en n’étant pas si intéressant que ça financièrement. Il ne me semble pas judicieux de partir dans cette direction.

La facturation proportionnelle à la consommation

Troisième solution envisagée pour "désengorger le net" : faire payer les gens proportionnellement à leur consommation. On aurait donc un forfait fixe comprenant l’abonnement, l’amortissement de l’infrastructure, etc. et en plus une somme à payer en fonction de la consommation en quantité de données. À mes yeux c’est encore une mauvaise idée. Si on regarde ce qui est payé dans un abonnement, on y trouve 6 ou 7€ de dégroupage qui vont directement dans la poche de France Télécom, quelques euros (disons 5€) qui reviennent aux chaines de télévision diffusées, 3€ qui remboursent le modem et le boitier TV. Il reste moins de 15€ pour rembourser les investissements, payer les employés, investir à nouveau ou faire des bénéfices, et enfin, payer la bande passante. Si je ne me trompe pas dans mon calcul, cela ne laisse pas beaucoup de marge pour la bande passante, donc ce n’est pas ce qui coûte cher dans l’affaire. Si tout le monde doublait sa consommation, ça augmenterait le forfait de quelques euros tout au plus.

On rencontre d’ailleurs un autre problème : quelle type de bande passante coûte cher ? Est-ce que la vidéo de 100Mo que je regarde sur Youtube en provenance des USA coûte autant à mon FAI français que 100Mo de télévision via son boitier TV, ou que 100Mo de données échangées en p2p à mon voisin qui est chez le même FAI ? Tout cela n’a évidemment pas le même coût pour l’opérateur. Ce que j’échange avec mon voisin ne coûte rien à personne (les infrastructures locales suffisent), je ne devrais pas être facturé pour ça. La TV est mutualisée, optimisée, donc ça n’engorge que peu le réseau du FAI. Par contre, la vidéo Youtube pose problème, elle n’est pas en local, il faut des accords avec de nombreux intermédiaires pour la faire parvenir, ce n’est pas mutualisable, donc ça coûte cher.

En supposant que l’on paye à la consommation, si je télécharge comme un porc les films que partagent mes potes de lycée, qui habitent tous dans mon quartier, il n’est pas normal que je sois facturé autant que l’autre neuneu qui ne fait que consommer du Youtube, et du Hulu en HD provenant des USA. Si le concept de facturation à la consommation réelle est tentant, il ne me semble finalement pas applicable en raison de l’impossibilité d’estimer le coût d’un Mo transféré car trop de facteurs entrent en jeu.

Conclusions et solutions

Si j’ai bien saisi les enjeux et si je les ai bien expliqués, on peut voir que le désengorgement des réseaux ne passera pas par la création de nouvelles offres ou de nouveaux types de facturation. C’est ce que voudraient Orange et Bouygues (selon l’AFP) afin de faire de plus gros profits, mais ça n’est pas la solution adéquate.

La solution passe par une rationalisation de l’usage du réseau, en mettant à profit certains concepts comme la symétrie des connexions ou une répartition géographique intelligent des fournisseurs de contenus. Des nombreux travaux ont été menés afin de promouvoir de la diffusion de contenus par p2p, ce qui permet d’être moins dépendant des tuyaux saturés menant aux USA. Ce type d’usage couplé aux algorithmes d’optimisation géographique des échanges dans les réseaux p2p permettrait de minimiser les flux internationaux, inter-régionaux voire inter-quartier. Avec un tel système, plus de problème de saturation des réseaux, plus de dépendance à un fournisseur unique situé à l’étranger ou mutualisé chez son FAI, on prend juste les contenus chez nos voisins qui regardent les mêmes vidéos que nous. Le principal problème restant concerne l’asymétrie des lignes actuelles, mais il devrait se régler avec l’apparition des accès fibre.

J’ai commencé à m’intéresser au projet Open Street Map, un concurrent libre de Google Maps. En regardant la ville de Grenoble, quelque chose m’a sauté aux yeux : la différence de niveau de détails entre les deux services. Je vous laisse comparer.

D’abord la version Google Maps (cliquez pour voir la taille originale) : google_maps_grenoble.png

Maintenant la version OSM (cliquez pour voir la taille originale) : osm_grenoble.png

En entendant il y a quelques jours l’annonce de la création d’un système d’exploitation destiné à faire tourner Google Chrome, je ne savais quoi penser. Cela avait l’air d’être une bonne nouvelle, mais je n’arrivais pas à en saisir tous les tenants et les aboutissants. Cet article, partagé par l’April, a permis d’affiner ma vision de la chose.

logo_chrome.jpg

Chrome OS n’est donc qu’un noyau Linux optimisé pour ne faire tourner que Google Chrome, le navigateur développé par Google. Il sera à priori impossible d’y installer d’autres programmes, seulement des applications web et des plugins et extensions de Google Chrome.

Du bon

Il y a du bon dans cette nouveauté. Un OS complet, qui devrait être libre et gratuit, permettra de concurrencer très fortement les systèmes d’exploitation propriétaires et payants (au hasard, Windows et MacOS). Cela forcera ces derniers à s’améliorer ce ne peut être qu’une bonne chose. Cela concurrencera aussi les systèmes libres, mais l’impact sera probablement beaucoup moins important (une fraction d’un pourcent de marché, ce n’est pas la même chose qu’une fraction de quatre-vingt quinze pourcent du même marché).

Du moins bon

Chrome OS pousse à la mise en place définitive du Minitel 2.0, c’est à dire à un transfert complet des compétences et de l’intelligence informatique dans des serveurs centraux au détriment des clients utilisés pour s’y connecter. L’ordinateur client deviendrait donc quasiment qu’un outil complètement bête pour se connecter au nuage de données et d’intelligence situé sur internet.

Si le concept de Cloud Computing n’est pas totalement mauvais, et doit même être considéré comme une aubaine dans certains cas, l’usage que souhaite en faire Google avec son Chrome OS pousse le concept à son extrême. Là où Opera, avec son projet Unite, tente de casser cette tendance à tout héberger sur internet, Google choisit la voie inverse.

Tant que le Cloud Computing personnel, c’est à dire hébergé et contrôlé par l’utilisateur lui-même n’est pas entré dans les mœurs, une telle migration n’est en rien souhaitable, car elle aurait pour conséquence de donner tout le contrôle aux grands noms du web (Google, Yahoo, Microsoft (erf), Apple).

Je viens de lire un billet d’Aliocha qui m’a un peu énervé. Non pas que je souhaite à tout prix m’opposer à elle, mais là elle s’exprime à nouveau sur un sujet qui me semble important et qu’elle traite avec trop de légèreté.

Elle parle d’anonymat et confond, comme beaucoup de monde, le droit à l’anonymat sur internet et le fait d’étaler sa vie privée au grand public. Ensuite, elle fait un lien entre ce droit à l’anonymat et le fait d’exister dans une base de donnée de la FNAC disant qu’elle aime lire des polars, alors que c’est un sujet à nouveau différent des deux premiers…

Droit à l’anonymat

Ce sujet m’interpelle car il fait débat à l’heure actuelle, et il y a des velléités de légiférer à ce sujet.

Pour moi, le droit à l’anonymat n’est pas réellement un droit. Il est un peu comme le droit d’être anonyme dans la rue. vous marchez dans une rue, personne ne connait votre identité, et il n’existe pas de trace réelle de votre passage, mais en cas de problème on peut toujours retrouver une caméra de surveillance qui vous a surpris, ou des témoins qui peuvent vous identifier. Sur l’Internet, c’est pareil : vous êtes anonyme mais en cas de problème la justice peut avoir accès aux logs de connexion du site sur lequel vous avez répandu vos insultes ou diffamations. L’anonymat existe donc, mais est relatif.

Il n’est à mon sens pas nécessaire de changer le statut quo actuel en matière d’anonymat. Officialiser l’existence de l’anonymat, et créer un droit à l’anonymat en séparant personne physique et avatar virtuel ? Quel en est l’intérêt ? Si c’est pour autoriser les gens à faire tout et n’importe quoi du moment qu’ils n’affichent pas leur vraie identité, je ne vois pas en quoi c’est un progrès. Le « droit à l’oubli », sur lequel je reviendrai un peu plus loin, ne justifie pas une telle mesure.

L’excès opposé, c’est à dire l’interdiction de l’anonymat, que j’ai déjà vu proposé plusieurs fois en ce qui concerne les sites « importants », ou sites de journaux « professionnels », me semble encore plus dangereux et digne d’un régime totalitaire. Interdire l’anonymat, c’est identifier immédiatement les opposants au régime le jour où des évènements de grande ampleur ont lieu. Autorise l’anonymat dans la création de son site en ligne, c’est effectivement s’exposer à une baisse significative de la qualité des commentaires, mais c’est aux administrateurs de ces sites de décider de la « ligne éditoriale » en ce qui concerne la qualité des commentaires.

Et puis de toute façon, comment n’autoriser que les commentaires « identifiés » (notez que je ne dis pas « authentifiés », qui revient à être anonyme mais à garder le même pseudonyme à chaque visite) ? Tant qu’on n’aura pas, comme en Estonie, un système fiable, sécurisé et géré par un organisme gouvernemental pour garantir son identité numérique, l’anonymat est la règle.

Personnellement je choisis de ne pas être anonyme, parce que je sais que les rares fois où je l’ai été, il m’est arrivé de me rendre compte par la suite que j’avais un peu exagéré et avait passablement renié mes propres valeurs. J’ai choisi d’avoir un nom de domaine à mon nom, d’utiliser une adresse email ultra-personnelle (prenom@nom.origine-géographique, on peut difficilement faire moins anonyme), et quand j’utilise un pseudonyme, il est systématiquement accompagné de mon vrai nom dans mon profil. Je ne vois pas ce que l’anonymat m’apporterait, donc je ne l’utilise pas, mais je pense que chacun doit être libre de choisir.

Droit à la vie privée

Le problème de l’étalage de la vie privée des gens sur l’Internet est totalement différent de celui de l’anonymat. Pourtant on associe systématiquement les deux, comme s’ils étaient liés. Ici on parle de rendre publique la vie privée, soit la sienne par manque de précaution, soit celle des autres, pour la même raison avec en plus un manque de délicatesse.

Balancer sa propre vie privée sur l’Internet, sur son blog, sur Flickr ou Picasa, sur Facebook ou tout autre réseau social, ce n’est pas le problème de l’État ou du gouvernement. C’est un problème d’éducation, pour savoir ce qui peut être rendu public ou, au contraire, doit être gardé privé. Balancer celle des autres, par contre, est plus gênant et il existe des lois interdisant ce genre de pratiques. Théoriquement on ne peut pas rendre publiques des photos de quelqu’un d’autre sans lui demander son autorisation.

Selon moi, il n’est question que d’éducation et de choix des bons outils. Si on balance sa propre vie privée sur l’Internet public, on en assume les conséquences, même dix ou vingt ans après. Partager ses photos de famille avec l’ensemble de ses connaissances, c’est prendre le risque qu’elles soient indélicatement rendues publiques par l’un d’entre eux. Partager sa vie privée sur un réseau social c’est aussi prendre un risque car ce qui n’est pas exclusivement hébergé par soi-même est potentiellement public sans son consentement (d’autant plus quand les lois françaises ne s’appliquent pas au site en question).

Personnellement, je ne cache pas grand chose, parce que tout ce qui constitue ma vie est soit satisfaisant, donc publiable ouvertement, soit honteux, et donc il faut que je le fasse disparaitre de ma vie, au lieu de simplement le cacher. Bien évidemment, à peu près rien ne rentre dans cette deuxième catégorie (je n’ai même pas d’exemple en tête). J’exprime mes positions publiquement sur ce blog, la liste des liens que je partage est disponible publiquement, tout comme l’est celle de la musique que j’écoute. Je ne crois pas avoir grand chose de plus à rendre public. Par contre, le seul garde-fou que je souhaiterais garder, c’est de ne pas faire héberger ces informations par quelqu’un d’autre que moi-même. C’est pour cela que j’essaie de m’auto-héberger, pour contrôler exactement les informations qui sont publiques, et pour pouvoir les supprimer ou les cacher en cas de besoin (même si une fois publiée, une information est potentiellement immortelle chez Google ou consort).

Droit à l’oubli

Là, je sèche un peu. Je n’ai pas vraiment réfléchi au sujet donc je vais peut-être dire n’importe quoi (non pas que je considère le début du billet ou le reste de mon blog comme une succession de vérités absolues).

Le droit à l’oubli, si j’ai bien compris, serait le droit à être oublié, à pouvoir être embauché à 40 ans sans que son employeur trouve sur internet la liste des bêtises faites à 15 ans. Je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet, mais il me semble moins grave que ce que certaines personnes en pensent. N’étant pas du tout certain de la portée du sujet, je ne vais pas m’étendre plus et vous obliger à lire mes élucubrations.

Les gars derrière ThePirateBay ont plusieurs projets dans leurs tiroirs. On vient d’apprendre qu’ils vont revendre leur fleuron, le site de partage et de recherche de torrents, mais ils gardent les autres : BAYimg, un site d’hébergement de photos dont je viens d’apprendre l’existence, ipredator, un service de VPN grand public qui a été annoncé en fanfare lors des débats sur l’Hadopi, The Video Bay, un Youtube-like, et pour finir, un autre service que je ne connaissais pas jusqu’à aujourd’hui : Flattr, un projet visant à révolutionner le paiement en ligne.

flattr.gif

Comme vous pouvez le voir, le site est vide, et le blog est vide lui aussi. Que peut bien vouloir dire « The future of online content payments is coming. Soon. Haha. » ?

Personne n’en parle, il n’y a même pas d’article Wikipedia à son sujet. Quelqu’un sait de quoi il en retourne ? Jusqu’à maintenant, The Pirate Bay et son équipe se sont attelés à casser le modèle actuel de financement de la musique et du cinéma, sont-ils en train de poser la première pierre d’un futur système de financement équitable d’une culture libre ?

L’excellent site Numerama.com nous apprend que l’Allemagne prévoit de mettre en place une censure de l’Internet de manière légale et obligatoire. Quelque part, ça me rassure, la France n’est pas la seule dans ce bateau de l’inutile et de l’imbécile (les FAI anglais ont un peu d’avance dans la course à la censure, mais le gouvernement anglais n’impose rien).

France, Allemagne, même combat.

À la fin de l’article de Numérama, j’aime bien ce passage :

La meilleure preuve du cynisme du filtrage a été apportée par un internaute allemand. En partant d’une liste de sites bloqués révélée par Wikileaks, Alvar Freude a réalisé un script qui envoit automatiquement une demande de retrait de contenus aux hébergeurs des sites bloqués. Sur 348 hébergeurs contactés, 250 ont répondu, et 61 ont retiré le contenu illicite en moins de 12 heures. Sans commentaire.

Cela prouve bien que les gouvernements qui croient régler le problème du pédonazisme sur l’Internet en mettant en place un filtrage feraient mieux de simplement demander aux hébergeurs de retirer le contenu (ce n’était même pas un gouvernement ou une institution judiciaire qui a demandé ce retrait, c’est un simple internaute, de manière automatique).

Allez, à bientôt pour le prochain billet sur la censure de l’internet dans les futures dictatures européennes :-( (en attendant, /me va peut-être tester FreeNet, pour voir à quoi ça ressemble).