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Ubuntu One is a Windows only service

Bon, ok, c’est encore en beta, mais faut quand même pas abuser…

Ubuntu est-il dangereux ?

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De nombreuses personnes se méfient de Ubuntu, le comparent à Microsoft, critiquent son omniprésence dans l’univers des distributions GNU/Linux, bref, ne l’aiment pas. Où est la vérité, quels sont les vrais défauts de ce système ? Laissez-moi donc vous éclairer de toute ma sagesse :-)

s/Linux/Ubuntu/

Certaines critiques me semblent fondées. Il n’est pas agréable pour les utilisateurs de distributions exotiques de voir un article intitulé "100 Greatest Ubuntu Wallpapers" lorsque seuls 10 images contiennent le logo Ubuntu et 90 sont de magnifiques fonds d’écran n’ayant rien à voir avec la distribution. C’est désagréable et même moi, amateur d’Ubuntu, je n’apprécie pas ce comportement.

GNU/Linux vs Linux

Je n’aime pas non plus l’amalgame qui est fait entre GNU/Linux, Linux et Ubuntu. Cet amalgame est partiellement créé par Shuttleworth lui-même, qui avait choisi le slogan "Ubuntu, Linux for human being" dès la première version de la distribution. Pour moi, et pour beaucoup de monde, le plus important dans une distribution GNU/Linux, c’est le GNU, pas le Linux. GNU, c’est l’esprit, Linux c’est la technologie. Omettre le premier dans le slogan fondateur d’un produit, c’est laisser penser qu’un jour, sur la base de la technologie, l’esprit sera trahi.

Pragmatisme

Mais Ubuntu trahi-t-il l’esprit du Libre ? Canonical est-il le nouveau Microsoft, Shuttleworth le nouveau Bill Gates ? Non, je ne le pense pas. Ni l’un, ni l’autre n’a réellement promu de logiciel non Libre au dépend du logiciel Libre, tout au plus ils ne sont pas aussi orthodoxes que Richard Stallman et font des choix pragmatiques pour l’intérêt des utilisateurs. Ils n’imposent pas aux utilisateurs la présence de pilotes proprio, ils en facilitent l’installation parce que sans cela certains Ubuntistes ne pourraient même pas avoir un écran à la bonne résolution, ni jouer à Nexuiz sur leur toute nouvelle bête de course à 1500€ avec une carte NVidia de fou.

Le Libre, ce n’est pas uniquement l’orthodoxie, c’est aussi le pragmatisme et le choix de faire des concessions sans lesquelles on resterait sur du 100% propriétaire (non, installer Firefox sur un Windows 7, ce n’est pas un acte de soutien au logiciel Libre). Et que dire des gens qui quittent Ubuntu en se fendant d’un billet critiquant l’apologie du logiciel proprio soit-disant perpétrée par Ubuntu, tout ça pour finalement aller sur une autre distribution où tout est pareil (Fedora), ou sur une autre où les utilisateurs installent quand-même le pilote proprio ATI, mais en perdant une demi-journée à suivre quatre tutoriels pour le faire (merci Archlinux ou Frugalware, où on est "plus proche du système" — en plus on peut aussi être proche du système sur une Ubuntu, on a le choix, contrairement à quasiment toutes les autres distributions qui n’offrent tout simplement pas les mêmes facilités).

Canonical supporte trop Ubuntu

Wow, quel surprise, Canonical développe des logiciels libres dans le but d’améliorer Ubuntu, ce qui laisse sur le côté de la route les autres distributions le temps qu’elles intègrent elles-mêmes les nouveaux produits, sans l’aide de Canonical… Je ne savais pas que RedHat avait une équipe dédiée à l’intégration de leurs nouveautés dans Ubuntu. Non, ce n’est pas comme ça que ça se passe, RedHat développe des machins pour RHEL et Fedora, puis Canonical se les approprie. Inversement, les autres distrib s’approprient ce que Canonical développe si ça les intéresse.

Canonical libère tous le code des applications qui sont installées sur Ubuntu, et je ne vois pas trop ce qu’on pourrait critiquer à ce propos. Ce que font les petits développeurs avec leurs applications libres indirectement liées à Ubuntu, ça ne regarde pas Canonical. Que je sache, on ne traite pas Microsoft de gros connards parce qu’un mec a décidé de créer un programme libre qui ne fonctionne que sur Windows. Si un programme a un bug qui fait qu’il fonctionne parfaitement sous Ubuntu, mais pas sous Frugalware, et que le développeur utilise exclusivement Ubuntu pour développer, ce n’est pas la faute d’Ubuntu ni celle de Canonical, mais celle du développeur ou de l’utilisateur qui ne sait pas patcher un logiciel avant de le packager.

Le problème des services Web

C’est ici qu’on touche selon moi le point le plus délicat. C’est ici que Canonical respecte la technique du Libre, mais pas son esprit (même RMS avait un discours ambigüe à ce sujet il y a quelques temps). Ubuntu One, le machin de partage et de synchronisation de fichiers, est certes basé sur un programme libre sur le client, mais la partie serveur est propriétaire. On ne peut donc pas installer son propre serveur "Personal One" pour s’affranchir du transfert de ses données sur les serveurs de Canonical. Un fichier que l’on donne à Canonical de cette manière est tout aussi peu contrôlé que si on l’ouvrait avec un logiciel aux sources fermées. On est toujours maître de son propre ordinateur, mais plus de ses fichiers. Je trouve cela bien embêtant et c’est ici que je prends le plus de distance avec les actions de Canonical.

J’espère qu’un jour Canonical et Ubuntu décideront de favoriser l’utilisation de leurs technologies Libres mais sur notre propre Cloud indépendant, sur notre propre nom de domaine, sur nos machines connectées au net, sur des technologies décentralisée, etc.

Conclusion

Je pense qu’Ubuntu est victime d’un mauvais procès, souvent dû plus au comportement de ses utilisateurs qu’à celui des décideurs de Canonical. Même s’il reste des points à améliorer, je reste persuadé que Ubuntu est la distribution GNU/Linux la mieux placée pour rendre l’OS alternatif plus populaire, tant auprès des geeks, que des non-geeks ou des entreprises. La gendarmerie ou le ministère de l’agriculture n’en a rien à faire que le pilote ATI soit non Libre, tout ce qui compte c’est que ça fonctionne parfaitement, sinon autant rester sous Windows. De toutes façon, ils installent Adobe Reader sous Ubuntu…

Je fais des sacrifices pour rester orthodoxe, mais je comprend que d’autres soient pragmatiques. Ubuntu permet toujours ce choix.

Il y a quelques temps, je me suis un peu intéressé aux systèmes de micro-paiements comme solution au financement des logiciels libres. Tout est parti d’un billet sur les sources de revenus de Canonical (l’éditeur de Ubuntu).

Ubuntu Logo

Dans ce billet, je remarque que tout le financement du développement se fait de manière indirecte. Il y a d’abord le généreux don de Mark Shuttleworth à l’origine du projet, puis un ensemble de services dont les bénéfices financent Canonical. Shuttleworth semble confiant et annonce un équilibre financier d’ici un à deux ans.

Un détail me turlupine tout de même : à aucun moment l’utilisateur ne finance directement le développement des logiciels qu’il utilise. Les professionnels achètent des contrats de support 24/7, les particuliers s’offrent des porte-clés et des balles en mousse avec un logo Ubuntu, ou souscrivent à un service de synchronisation en ligne, mais ils n’ont pas la possibilité de donner de l’argent spécifiquement pour que le logiciel s’améliore.

Si je souhaite participer financièrement au développement d’Ubuntu, il serait bien que je ne sois pas obligé de voir 90% de la somme que j’investis partir dans la fabrication et le transport d’un t-shirt. Pourquoi n’est-il pas prévu que les utilisateurs puissent faire un don à Canonical, et que l’argent soit ensuite reversé à tous les projets utiles ?

Canonical possède déjà, grâce à sa plateforme collaborative Launchpad, un moyen d’identifier chaque utilisateur (enfin, juste ceux ayant créé un compte), qui peut être associé au système de soumission des statistiques d’utilisation des paquets dans apt/synaptic (ici encore, optionnel) pour savoir quels sont les programmes les plus utilisés. Chacun décide de donner ou de ne pas donner, que ce soit 2€, 5€ ou 10€ par an, c’est toujours plus qu’actuellement et cela pourrait probablement faire beaucoup de bien. Canonical centraliserait l’argent et le redistribuerait selon son bon vouloir ou selon un système définit à l’avance.

Le financement des logiciels libres est un problème complexe, je ne comprends pas pourquoi personne ne tente d’organiser un système de financement quasiment direct du développement par les utilisateurs. Je pense que c’est une occasion ratée de la part de Canonical, et que cela participe à la croyance qu’un logiciel libre est forcément gratuit et que personne ne le finance (et donc, selon certains, que c’est un modèle qui produit des programmes de moins bonne qualité).

P.S. Dans mes recherches, je suis tombé sur deux articles intéressants sur le micro-paiement (dans le domaine des publications en lignes, ) : ici et .

Mononono

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Selon le site BoycottNovell.com, c’est la guerre entre les distributions GNU/Linux et Mono, la version multi-plateforme de la technologie Microsoft .NET. Cette technologie est extrêmement critiquée, d’une part parce qu’elle est contrôlée par Microsoft, et bien que Mono soit sous licence libre, la technologie en elle-même est protégée par de nombreux brevets. Les accords de licence qui lient Microsoft et Novell (qui développe Mono) protègent explicitement cette dernière, mais pas le reste de la communauté. D’autre part, Mono, est un peu similaire à Java, que ce soit en terme de langage, de fonctionnement, et de performances. Cela prend beaucoup de place sur une distribution de base (entre 5 et 10% de la taille d’une ISO d’installation, pour seulement deux ou trois programmes), c’est relativement lent, et ça prend énormément de mémoire vive.

Fedora et Red Hat ont décidé d’arrêter d’utiliser des programmes Mono par défaut, et OpenSuse, la version gratuite et open-source de Suse, développée par Novell, semble se poser la question de l’inclusion de Mono dans son installation de base. Du côté d’Ubuntu, de nombreuses voix s’élèvent depuis longtemps pour se débarrasser de cette technologie considérée comme une plaie, d’autant plus qu’un débat a été lancé avec la proposition de remplacer, au sein d’Ubuntu, Rhythmbox, le lecteur audio par défaut de Gnome, par Banshee, son équivalent en Mono. Ce dernier se développe plus rapidement, mais il consomme jusqu’à 300 Mo de ram, c’est absolument inacceptable dans une distribution qui se veut grand public (on n’a pas tous 4 Go de ram).

On verra bien ce que ça donne, j’espère qu’on gagnera la bataille contre Mono. Pour l’instant, il suffit de désinstaller complètement cette technologie de nos ordinateurs :

sudo aptitude purge libmono0 mono-common

On peut aussi installer le paquet Mononono, qui est un méta-paquet ne contenant que des conflits avec les paquets de base de Mono, histoire d’être sûr qu’on ne le réinstallera pas par inadvertance :D .

Derrière ce magnifique titre se cache une réjouissante réalité. Non, la Corée du Nord n’est pas redevenue un pays démocratique (elle prévoit toujours de trouver un prétexte dans une quelconque action de ses voisins du sud pour aller péter la gueule à leurs ennemis Japonais, à coup de missile longue portée). Non, les Américains n’ont pas résolu le problème que pose les terroristes islamiques (ils y travaillent, semble-t-il plus efficacement que ces huit dernières années, c’est-à-dire par le dialogue, mais ils en sont encore loin). Non, l’évènement qui me fait écrire ce billet est tout autre, bien plus important : j’ai vaincu le bug de la division approximée à un entier en python dans un de mes scripts \o/.

Ouais, ok, c’est une bidouille ridicule qui m’a sorti de ce « bourbier », ça m’a pris deux minutes à trouver, et ça n’a sauvé la vie de personne. Néanmoins, je me plais à croire que j’ai sauvé le monde et que mon action héroïque répandra le bonheur sur terre pour les générations futures.

Mais pourquoi je vous parle de ça, déjà ? Ah, oui, c’est parce que je suis tombé sur un billet de Nicolargo, sur le Planet Libre. Il y présente un logiciel baptisé Desktop Drapes qui permet de changer automatiquement son fond d’écran à intervalles réguliers en en choisissant un au hasard dans un dossier. Gros problèmes : il tourne en permanence (et donc prend de la ram), il ne gère qu’un seul écran, et il est codé en Mono (Ah, non, pas ça, c’est mal le Mono).

N’ayez crainte, ce n’est pas la fin du monde, et j’ai une magnifique solution pour vous : DuallPaper, le gestionnaire de wallpaper pour les dual screen.

Disponible dans toutes les bonnes crèmeries, enfin, au moins dans la mienne, ici.

On configure rapidement les quelques options, on le rend exécutable, on ajoute un cron, et hop, on n’en parle plus :-) .

Ce script tourne sur mon ordi depuis quelques semaines déjà. En voyant le billet de Nicolargo, ça m’a motivé pour ajouter quelques améliorations et pour nettoyer le code. J’ai ajouté une gestion d’une erreur récurrente (PIL ne gère pas les images PNG entrelacées, ça faisait planter le script. Maintenant il gère l’erreur en envoyant un message d’erreur et en choisissant une autre image), activé une option (pour maintenir le ratio d’une image, histoire d’éviter d’avoir des images 4:3 écrasées dans un widescreen, ou inversement), et j’ai condensé le code et mis des commentaires utiles.

Il n’y a pas de GUI, mais c’est léger, c’est rapide, ça ne prend pas de ram (sauf pendant dix secondes, quand le cron le lance), et c’est en python (tellement mieux que le Mono).

Je ne sais pas si ça sera jamais utile à qui que ce soit d’autre que moi, mais je pense que ça pourrait inspirer d’autres petits codeurs en herbe qui ont des besoins similaires.

C’est assez énorme pour que ça vaille la peine d’en parler : John C. Dvorak, un tech-journalist assez connu pour son aversion pour un peu tout ce qui existe, vient d’écrire un article dans lequel il clame son amour pour Ubuntu Linux (article dans lequel il en profite pour dire du mal de Windows et du bien de GNU/Linux et de MacOS :-) .

Allez, c’est lui qui le dit : « The critical mass has been reached. Go download Ubuntu 8.10 and see for yourself what the fuss is about. You won’t regret it ».

Test de OpenSuse 11.1

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Au FOSDEM il y avait un certain nombre de stands qui proposaient gratuitement des liveCD, et j’en ai récupéré quelques-uns pour les tester, dont un OpenSuse 11.1.

Ça faisait quelques temps que je voulais voir d’autres trucs que Ubuntu ou Debian, donc j’ai profité d’un reboot de mon ordi pour lancer le LiveCD (LiveDVD, en fait) d’OpenSuse.

J’ai choisi de booter sur un environnement Gnome, histoire de comparer avec ce que je connais déjà bien. Globalement la distribution fonctionne bien, en particulier en terme de WiFi ou de gestion du double-écran. Le système était un peu lent, de manière générale et plus particulièrement quand je changeais une configuration (un utilitaire se lançait pour vérifier la validité des nouvelles options, c’est inclus dans Yast), mais je pense que c’était imputable plus au LiveCD qu’à la distribution elle-même.

Je n’ai pas pu tester l’installation/mise à jour des logiciels, à cause du LiveCD, donc je ne pourrai pas comparer leur système à apt-get/aptitude/synaptic. J’ai tout de même remarqué un certain nombre de différences par rapport à Ubuntu.

Les deux principales différences sont l’utilisation des outils avancés de Gnome (un menu pas classique, plus ergonomique pour les tâches quotidiennes, mais moins pratique pour aller chercher une application rarement lancée, avec en plus l’utilisation du panneau de configuration unifié de Gnome), et quelques différences dans les logiciels installés.

Dans les logiciels installés par défaut, OpenSuse utilise Banshee à la place de Rhythmbox, ce qui est logique car Novel soutient les logiciels écrits dans le langage qu’il développe (Mono). L’utilitaire Tomboy (prises de notes, aussi en Mono) est mis en avant sur la barre des tâches, et une appli de gestion de ToDo List, Tasquel (que je ne connaissais pas), est installée par défaut. On trouve aussi de nombreux logiciels un peu plus spécifique à une utilisation en entreprise (gestion de LDAP, de postfix, de Kerberos, etc.). Ubuntu, plus orienté vers les particuliers, a supprimé ces fonctionnalités qui surchargent le système et ne sont utiles qu’aux utilisateurs avancés ou faisant partie de réseaux d’entreprises.

Au final, si rien ne m’a déçu dans cette distribution, rien ne m’a enthousiasmé non plus. Ça ne me dérangerait aucunement de quitter Ubuntu pour passer à OpenSuse, je pourrais y faire exactement la même chose. Malgré tout, ça ne m’apporterait pas grand chose, et ça m’obligerait à apprendre à gérer les quelques différences minimes (emplacement de certains fichiers de conf par exemple), donc je n’ai pas particulièrement envie de migrer dessus pour le moment.

Les avancées majeures des distributions Linux, ce sont les projets tels que Gnome, KDE ou le noyau Linux qui les font. Les distributions ne font qu’intégrer les nouveautés, et elles le font toutes plus ou moins de la même manière et en même temps (sauf Debian :D ).

Prochain test : OpenSolaris

Cela fait extrêmement longtemps que je cherche à faire un billet sur ce que je pense de la viabilité économique des logiciels libres, de leur financement, et du rapport entre ce financement et les performances de ceux-ci ou de la qualité de leur développement. Je vais finalement faire une série de billets, pour essayer de mettre au clair mes pensées. Je le fais autant pour expliquer ma position à « mes » lecteurs que pour savoir moi-même exactement ce que je pense.

Je ne suis pas un économiste, je ne suis pas un vrai développeur, je suis encore moins un développeur professionnel. Je ne suis qu’un étudiant qui n’a pas encore de réels impératifs financiers, j’ai donc du mal à faire le tri entre tous les sentiments qui m’animent. Avant de mettre mes pensées sur papier, il faut que j’arrive à séparer celles qui sont la conséquence d’un extrémisme libriste, dans le style révolutionnaire communiste, et celles qui sont réfléchies, posées, découlant d’une analyse d’un maximum de facettes de la situation actuelle.

Une partie de moi a tendance à dire « Tout logiciel doit être libre et gratuit, et un développeur ne peut pas demander de rémunération. Ce serait contraire à l’esprit du logiciel Libre ». Ce n’est évidemment pas un discours constructif, il faut prendre en compte les nécessités financières du développement d’un logiciel de taille respectable et de qualité.

Un petit projet codé par une seule personne ou un petit groupe de développeurs, sur leur temps libre, peut se permettre d’être complètement gratuit. C’est l’équivalent d’un particulier qui décide de se porter volontaire pour une association caritative (croix rouge, wwf, resto du cœur…), ou bien pour un club sportif d’un de ses gamins. Un investissement désintéressé de son temps libre, pour faire vivre un projet, une cause, un idéal.

Le problème est tout autre pour des projets plus gros. Si un projet ne peut pas être mené à bien en ne mettant à profit que le temps libre d’un généreux codeur, aussi génial soit-il, s’il faut une équipe de codeurs à plein temps, il faut bien trouver une source de financement. Il faut payer les développeurs, leur permettre de manger et de payer leur loyer, etc. On trouve, dans cette catégories de projets, le noyau Linux, OpenOffice.org, Firefox, et bien d’autres. On ne peut dans ce cas plus considérer, bien que le projet soit sous GPL, que le logiciel doit forcément être gratuit.

Un autre problème survient quand un développeur bénévole, bien que très efficace et productif, n’est pas en mesure de faire progresser son projet chéri autant qu’il le devrait car il aurait besoin de plus de temps libre, mais qu’il doit bien garder son boulot. Il serait intéressant de pouvoir lui trouver une source de financement pour qu’il n’ai plus besoin que d’un boulot à mi-temps pour vivre, ou bien, dans le cas d’un projet en groupe, pour financer un des développeurs à temps plein, les autres développeurs gardant leur statut de généreux contributeurs bénévoles sur leur temps libre.

Je suis un grand amoureux du logiciel Libre et de sa philosophie, autant en tant que développeur/bidouilleur qu’en tant que simple utilisateur, et j’aimerais que les gens qui lisent mon blog comprennent pourquoi je m’accroche à une Ubuntu imparfaite, pourquoi je ne retourne pas sous le XP que j’ai acheté avec mon ordinateur, pourquoi je crois que le libre est un écosystème viable et qu’il ne faut pas être défaitiste dans le style « Bah, Linux c’est bien pour les geeks et pour bidouiller, mais quand il s’agit de faire des vrais trucs un MacOS c’est tellement plus confortable, osef du libre, le principal c’est d’avoir des vraies fonctionnalités ». Dans les prochains billets, je vais essayer d’expliquer quelles sont les sources de financement auxquelles je pense et que je considère comme sensées, viables, et permettant de faire avancer le logiciel libre.

Maemo 5

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On commence à avoir de plus en plus de détails sur ce que sera la prochaine tablette internet de Nokia, propulsée par le système d’exploitation GNU/Linux Maemo.

Les deux principaux changements sont, à mes yeux, matériels (les autres avancées sont des conséquences de ces changements). La nouvelle tablette devrait avoir un processeur plus puissant, et une connectivité 3G. J’imagine qu’il y aura toujours une connectivité WiFi. Si tout cela se fait dans la même compacité, avec une autonomie égale (autour de 6 heures en navigation WiFi pour le N810, plus de 10 jours en mode veille), c’est du tout bon.

La connectivité 3G sera intéressante pour la mobilité, parce que le WiFi ça ne se trouve pas partout. C’est payant, mais c’est pratique.

Le processeur plus puissant sera très très très intéressant car un des reproches que je fais à la tablette est de manquer de réactivité sur les applications un peu lourdes, comme le navigateur internet. Bien évidemment, ça sera intéressant aussi pour les performances multimédia, en particulier la lecture de vidéos de meilleure qualité qu’actuellement (il faut réencoder les vidéos pour pouvoir les lire sur le N810, c’est peu pratique).

Il reste malgré tout quelques problèmes que j’aimerais voir adressés : d’un point de vue matériel, un écran tactile multitouch, et d’un point de vue logiciel une interface plus adapté au doigts (souvent les boutons sont petits et nécessitent l’utilisation du stylet alors qu’il pourraient prendre toute la surface de l’écran au lieu d’une petite fenêtre « modale » au centre).

Joe Sixpack et GNU/Linux

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Llnk a partagé un article intéressant abordant la question de la relation entre les distributions Linux et « Joe Sixpack », censé représenter l’utilisateur moyen d’un ordinateur.

L’auteur de l’article est exaspéré de voir que beaucoup de journalistes de la presse informatique généraliste considèrent que « Linux est super et a fait plein de progrès, mais il n’est pas prêt pour le grand public pour la raison X ou Y ».

Quand on lit leurs articles, toujours selon l’auteur, on a l’impression que Linux devrait s’excuser d’avoir ses défauts, de n’être pas parfait. Il considère au contraire que Linux a de très nombreux avantages dont il peut être fier. Voici une liste, toujours selon lui, de ses avantages :

    * Frequent incremental releases    * Continual improvements    * Dominates super-computing    * Dominates on the server    * Dominates the embedded realm    * Dominates in real innovation    * Dominates in flexibility and customizability    * Dominates in user-friendliness    * Does not fuel the World Wide Botnet    * Genuine innovation comes from Linux and FOSS    * Bigger on the desktop than it is given credit for 

Certaines de ces affirmations sont légèrement sujets à discussion, mais le principal est là.

Linux est le meilleur des systèmes d’exploitation

Pour moi, Linux est le meilleur des systèmes d’exploitation[1], pour plusieurs raisons.

  • C’est le seul qui soit gratuit[2]. Quand je vois la situation financière de millions de personnes en France, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne s’active pas plus pour faire en sorte qu’elles ne soient pas obligées d’acheter un Windows avec leur ordi.
  • C’est le seul qui respecte l’utilisateur. Windows encule les utilisateurs à sec, et MacOS met du lubrifiant, mais c’est pour pouvoir aller plus profond (excusez de la vulgarité de cette formulation, mais j’ai trouvé ça approprié).
  • C’est le seul qui s’installe sur un PC de base quasiment sans intervention de l’utilisateur, et qui est utilisable directement avec toutes les applications nécessaires.
  • C’est le seul qui est livré dès le départ avec les drivers pour gérer plus de 95% du matériel existant. MacOS fonctionne différemment donc c’est pas vraiment comparable, mais Windows est catastrophique dans sa gestion des pilotes (que ce soit XP, ou vista, il faut toujours mettre un CD d’installation pour brancher une imprimante par exemple…).
  • C’est la seule qui propose un gestionnaire d’installation de programme centralisé.
  • C’est le seul qui soit configurable à souhait au niveau du thème. Un MacOS ça ne se configure pas (à part changer légèrement une couleur), et Windows idem (sauf à installer un pack de crack dangereux pour pouvoir skinner le thème, mais c’est super galère et ça casse tout).
  • C’est le seul qui offre une pléthore de gestionnaires de bureaux pour tous les goûts, des plus complets aux plus légers. Sur les systèmes concurrents, il y a un seul environnement disponible.
  • C’est le seul qui peut s’adapter sur des toutes petites machines tout en étant encore mis à jour régulièrement.
  • C’est le seul qui permet d’être customisé par les vendeurs de matériel, gratuitement et facilement. Même un particulier peut créer sa propre distribution.
  • Il n’est que peu sensible aux attaques de virus. C’est peut-être un avantage qui serait moins vrai si il avait 50% de parts de marchés, mais c’est tout de même vrai à l’heure actuelle.
  • Etc.

Windows ou MacOS ont des avantages, mais ce n’est pas fondamental. Je m’explique. L’informatique grand public a 30 ou 40 ans. Replaçons nous en 2002, il y a 6 ans. Comparons une distribution Linux d’aujourd’hui à ce qui se faisait à l’époque.

Windows XP ou MacOS X n’était pas fondamentalement plus ergonomique à l’époque qu’une Ubuntu ou une Fedora moderne. La gestion des pilotes sous XP, qui venait de sortir, était bien plus problématique qu’aujourd’hui. Le système était moins stable, était bien moins sécurisé (et oui, avant le SP2 il y a eu un SP1, et un "SP0"), donc un Linux actuel est largement plus utilisable.

6 ans, c’est pas très long. On avait à l’époque 16 ou 17 ans. Vous n’allez pas oser m’affirmer que ce qui était accepté comme problèmes avec XP il y a 6 ans ne serait pas acceptable dans une distribution Linux d’aujourd’hui, si ?

Les distributions GNU/Linux ont peut-être quelques petites années de retard dans certains domaines, mais c’est largement surmontable, et elles sont largement aussi bonnes dans la plupart des cas, quand elles n’ont pas dix ans d’avance sur certains détails plus ou moins importants.

Si on ajoute à ça mes deux premiers arguments, qui sont la gratuité et le respect de l’utilisateur, je considère qu’aucun argument n’est valable pour essayer de démontrer que Linux n’est pas prêt pour le grand public.

Ma mère, Joe Sixpack Jane SixCupOfTea, est absolument incapable d’installer un Windows à l’heure actuelle. Elle devrait réussir à installer l’OS de base (à partir de vista, parce que XP c’est à moitié en mode texte au début, elle ne pourrait pas le gérer), mais elle serait bloquée devant un bureau vide, sans applications. Elle serait obligée d’utiliser IE, chercherait Firefox ou Office sur internet, tomberait sur un site de Warez, et participerait joyeusement à la puissance d’un botnet quelconque.

Notes

[1] Ok, Linux c’est un noyau, pas un O.S.

[2] Je met volontairement les BSD de côté, même moi j’ose pas tenter d’en installer une