Le blog de vetetix

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 24 février 2010

Ubuntu est-il dangereux ?

De nombreuses personnes se méfient de Ubuntu, le comparent à Microsoft, critiquent son omniprésence dans l'univers des distributions GNU/Linux, bref, ne l'aiment pas. Où est la vérité, quels sont les vrais défauts de ce système ? Laissez-moi donc vous éclairer de toute ma sagesse :-)

s/Linux/Ubuntu/

Certaines critiques me semblent fondées. Il n'est pas agréable pour les utilisateurs de distributions exotiques de voir un article intitulé "100 Greatest Ubuntu Wallpapers" lorsque seuls 10 images contiennent le logo Ubuntu et 90 sont de magnifiques fonds d'écran n'ayant rien à voir avec la distribution. C'est désagréable et même moi, amateur d'Ubuntu, je n'apprécie pas ce comportement.

GNU/Linux vs Linux

Je n'aime pas non plus l'amalgame qui est fait entre GNU/Linux, Linux et Ubuntu. Cet amalgame est partiellement créé par Shuttleworth lui-même, qui avait choisi le slogan "Ubuntu, Linux for human being" dès la première version de la distribution. Pour moi, et pour beaucoup de monde, le plus important dans une distribution GNU/Linux, c'est le GNU, pas le Linux. GNU, c'est l'esprit, Linux c'est la technologie. Omettre le premier dans le slogan fondateur d'un produit, c'est laisser penser qu'un jour, sur la base de la technologie, l'esprit sera trahi.

Pragmatisme

Mais Ubuntu trahi-t-il l'esprit du Libre ? Canonical est-il le nouveau Microsoft, Shuttleworth le nouveau Bill Gates ? Non, je ne le pense pas. Ni l'un, ni l'autre n'a réellement promu de logiciel non Libre au dépend du logiciel Libre, tout au plus ils ne sont pas aussi orthodoxes que Richard Stallman et font des choix pragmatiques pour l'intérêt des utilisateurs. Ils n'imposent pas aux utilisateurs la présence de pilotes proprio, ils en facilitent l'installation parce que sans cela certains Ubuntistes ne pourraient même pas avoir un écran à la bonne résolution, ni jouer à Nexuiz sur leur toute nouvelle bête de course à 1500€ avec une carte NVidia de fou.

Le Libre, ce n'est pas uniquement l'orthodoxie, c'est aussi le pragmatisme et le choix de faire des concessions sans lesquelles on resterait sur du 100% propriétaire (non, installer Firefox sur un Windows 7, ce n'est pas un acte de soutien au logiciel Libre). Et que dire des gens qui quittent Ubuntu en se fendant d'un billet critiquant l'apologie du logiciel proprio soit-disant perpétrée par Ubuntu, tout ça pour finalement aller sur une autre distribution où tout est pareil (Fedora), ou sur une autre où les utilisateurs installent quand-même le pilote proprio ATI, mais en perdant une demi-journée à suivre quatre tutoriels pour le faire (merci Archlinux ou Frugalware, où on est "plus proche du système" -- en plus on peut aussi être proche du système sur une Ubuntu, on a le choix, contrairement à quasiment toutes les autres distributions qui n'offrent tout simplement pas les mêmes facilités).

Canonical supporte trop Ubuntu

Wow, quel surprise, Canonical développe des logiciels libres dans le but d'améliorer Ubuntu, ce qui laisse sur le côté de la route les autres distributions le temps qu'elles intègrent elles-mêmes les nouveaux produits, sans l'aide de Canonical... Je ne savais pas que RedHat avait une équipe dédiée à l'intégration de leurs nouveautés dans Ubuntu. Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe, RedHat développe des machins pour RHEL et Fedora, puis Canonical se les approprie. Inversement, les autres distrib s'approprient ce que Canonical développe si ça les intéresse.

Canonical libère tous le code des applications qui sont installées sur Ubuntu, et je ne vois pas trop ce qu'on pourrait critiquer à ce propos. Ce que font les petits développeurs avec leurs applications libres indirectement liées à Ubuntu, ça ne regarde pas Canonical. Que je sache, on ne traite pas Microsoft de gros connards parce qu'un mec a décidé de créer un programme libre qui ne fonctionne que sur Windows. Si un programme a un bug qui fait qu'il fonctionne parfaitement sous Ubuntu, mais pas sous Frugalware, et que le développeur utilise exclusivement Ubuntu pour développer, ce n'est pas la faute d'Ubuntu ni celle de Canonical, mais celle du développeur ou de l'utilisateur qui ne sait pas patcher un logiciel avant de le packager.

Le problème des services Web

C'est ici qu'on touche selon moi le point le plus délicat. C'est ici que Canonical respecte la technique du Libre, mais pas son esprit (même RMS avait un discours ambigüe à ce sujet il y a quelques temps). Ubuntu One, le machin de partage et de synchronisation de fichiers, est certes basé sur un programme libre sur le client, mais la partie serveur est propriétaire. On ne peut donc pas installer son propre serveur "Personal One" pour s'affranchir du transfert de ses données sur les serveurs de Canonical. Un fichier que l'on donne à Canonical de cette manière est tout aussi peu contrôlé que si on l'ouvrait avec un logiciel aux sources fermées. On est toujours maître de son propre ordinateur, mais plus de ses fichiers. Je trouve cela bien embêtant et c'est ici que je prends le plus de distance avec les actions de Canonical.

J'espère qu'un jour Canonical et Ubuntu décideront de favoriser l'utilisation de leurs technologies Libres mais sur notre propre Cloud indépendant, sur notre propre nom de domaine, sur nos machines connectées au net, sur des technologies décentralisée, etc.

Conclusion

Je pense qu'Ubuntu est victime d'un mauvais procès, souvent dû plus au comportement de ses utilisateurs qu'à celui des décideurs de Canonical. Même s'il reste des points à améliorer, je reste persuadé que Ubuntu est la distribution GNU/Linux la mieux placée pour rendre l'OS alternatif plus populaire, tant auprès des geeks, que des non-geeks ou des entreprises. La gendarmerie ou le ministère de l'agriculture n'en a rien à faire que le pilote ATI soit non Libre, tout ce qui compte c'est que ça fonctionne parfaitement, sinon autant rester sous Windows. De toutes façon, ils installent Adobe Reader sous Ubuntu...

Je fais des sacrifices pour rester orthodoxe, mais je comprend que d'autres soient pragmatiques. Ubuntu permet toujours ce choix.

mardi 14 juillet 2009

Micro-paiements et micro-donations

Il y a quelques temps, je me suis un peu intéressé aux systèmes de micro-paiements comme solution au financement des logiciels libres. Tout est parti d'un billet sur les sources de revenus de Canonical (l'éditeur de Ubuntu).

Ubuntu Logo

Dans ce billet, je remarque que tout le financement du développement se fait de manière indirecte. Il y a d'abord le généreux don de Mark Shuttleworth à l'origine du projet, puis un ensemble de services dont les bénéfices financent Canonical. Shuttleworth semble confiant et annonce un équilibre financier d'ici un à deux ans.

Un détail me turlupine tout de même : à aucun moment l'utilisateur ne finance directement le développement des logiciels qu'il utilise. Les professionnels achètent des contrats de support 24/7, les particuliers s'offrent des porte-clés et des balles en mousse avec un logo Ubuntu, ou souscrivent à un service de synchronisation en ligne, mais ils n'ont pas la possibilité de donner de l'argent spécifiquement pour que le logiciel s'améliore.

Si je souhaite participer financièrement au développement d'Ubuntu, il serait bien que je ne sois pas obligé de voir 90% de la somme que j'investis partir dans la fabrication et le transport d'un t-shirt. Pourquoi n'est-il pas prévu que les utilisateurs puissent faire un don à Canonical, et que l'argent soit ensuite reversé à tous les projets utiles ?

Canonical possède déjà, grâce à sa plateforme collaborative Launchpad, un moyen d'identifier chaque utilisateur (enfin, juste ceux ayant créé un compte), qui peut être associé au système de soumission des statistiques d'utilisation des paquets dans apt/synaptic (ici encore, optionnel) pour savoir quels sont les programmes les plus utilisés. Chacun décide de donner ou de ne pas donner, que ce soit 2€, 5€ ou 10€ par an, c'est toujours plus qu'actuellement et cela pourrait probablement faire beaucoup de bien. Canonical centraliserait l'argent et le redistribuerait selon son bon vouloir ou selon un système définit à l'avance.

Le financement des logiciels libres est un problème complexe, je ne comprends pas pourquoi personne ne tente d'organiser un système de financement quasiment direct du développement par les utilisateurs. Je pense que c'est une occasion ratée de la part de Canonical, et que cela participe à la croyance qu'un logiciel libre est forcément gratuit et que personne ne le finance (et donc, selon certains, que c'est un modèle qui produit des programmes de moins bonne qualité).

P.S. Dans mes recherches, je suis tombé sur deux articles intéressants sur le micro-paiement (dans le domaine des publications en lignes, ) : ici et .

lundi 8 juin 2009

Mononono

Selon le site BoycottNovell.com, c'est la guerre entre les distributions GNU/Linux et Mono, la version multi-plateforme de la technologie Microsoft .NET. Cette technologie est extrêmement critiquée, d'une part parce qu'elle est contrôlée par Microsoft, et bien que Mono soit sous licence libre, la technologie en elle-même est protégée par de nombreux brevets. Les accords de licence qui lient Microsoft et Novell (qui développe Mono) protègent explicitement cette dernière, mais pas le reste de la communauté. D'autre part, Mono, est un peu similaire à Java, que ce soit en terme de langage, de fonctionnement, et de performances. Cela prend beaucoup de place sur une distribution de base (entre 5 et 10% de la taille d'une ISO d'installation, pour seulement deux ou trois programmes), c'est relativement lent, et ça prend énormément de mémoire vive.

Fedora et Red Hat ont décidé d'arrêter d'utiliser des programmes Mono par défaut, et OpenSuse, la version gratuite et open-source de Suse, développée par Novell, semble se poser la question de l'inclusion de Mono dans son installation de base. Du côté d'Ubuntu, de nombreuses voix s'élèvent depuis longtemps pour se débarrasser de cette technologie considérée comme une plaie, d'autant plus qu'un débat a été lancé avec la proposition de remplacer, au sein d'Ubuntu, Rhythmbox, le lecteur audio par défaut de Gnome, par Banshee, son équivalent en Mono. Ce dernier se développe plus rapidement, mais il consomme jusqu'à 300 Mo de ram, c'est absolument inacceptable dans une distribution qui se veut grand public (on n'a pas tous 4 Go de ram).

On verra bien ce que ça donne, j'espère qu'on gagnera la bataille contre Mono. Pour l'instant, il suffit de désinstaller complètement cette technologie de nos ordinateurs :

sudo aptitude purge libmono0 mono-common

On peut aussi installer le paquet Mononono, qui est un méta-paquet ne contenant que des conflits avec les paquets de base de Mono, histoire d'être sûr qu'on ne le réinstallera pas par inadvertance :D .

vendredi 5 juin 2009

Le monde libre a vaincu « The Axis of Evil »

Derrière ce magnifique titre se cache une réjouissante réalité. Non, la Corée du Nord n'est pas redevenue un pays démocratique (elle prévoit toujours de trouver un prétexte dans une quelconque action de ses voisins du sud pour aller péter la gueule à leurs ennemis Japonais, à coup de missile longue portée). Non, les Américains n'ont pas résolu le problème que pose les terroristes islamiques (ils y travaillent, semble-t-il plus efficacement que ces huit dernières années, c'est-à-dire par le dialogue, mais ils en sont encore loin). Non, l'évènement qui me fait écrire ce billet est tout autre, bien plus important : j'ai vaincu le bug de la division approximée à un entier en python dans un de mes scripts \o/.

Ouais, ok, c'est une bidouille ridicule qui m'a sorti de ce « bourbier », ça m'a pris deux minutes à trouver, et ça n'a sauvé la vie de personne. Néanmoins, je me plais à croire que j'ai sauvé le monde et que mon action héroïque répandra le bonheur sur terre pour les générations futures.

Mais pourquoi je vous parle de ça, déjà ? Ah, oui, c'est parce que je suis tombé sur un billet de Nicolargo, sur le Planet Libre. Il y présente un logiciel baptisé Desktop Drapes qui permet de changer automatiquement son fond d'écran à intervalles réguliers en en choisissant un au hasard dans un dossier. Gros problèmes : il tourne en permanence (et donc prend de la ram), il ne gère qu'un seul écran, et il est codé en Mono (Ah, non, pas ça, c'est mal le Mono).

N'ayez crainte, ce n'est pas la fin du monde, et j'ai une magnifique solution pour vous : DuallPaper, le gestionnaire de wallpaper pour les dual screen.

Disponible dans toutes les bonnes crèmeries, enfin, au moins dans la mienne, ici.

On configure rapidement les quelques options, on le rend exécutable, on ajoute un cron, et hop, on n'en parle plus :-) .

Ce script tourne sur mon ordi depuis quelques semaines déjà. En voyant le billet de Nicolargo, ça m'a motivé pour ajouter quelques améliorations et pour nettoyer le code. J'ai ajouté une gestion d'une erreur récurrente (PIL ne gère pas les images PNG entrelacées, ça faisait planter le script. Maintenant il gère l'erreur en envoyant un message d'erreur et en choisissant une autre image), activé une option (pour maintenir le ratio d'une image, histoire d'éviter d'avoir des images 4:3 écrasées dans un widescreen, ou inversement), et j'ai condensé le code et mis des commentaires utiles.

Il n'y a pas de GUI, mais c'est léger, c'est rapide, ça ne prend pas de ram (sauf pendant dix secondes, quand le cron le lance), et c'est en python (tellement mieux que le Mono).

Je ne sais pas si ça sera jamais utile à qui que ce soit d'autre que moi, mais je pense que ça pourrait inspirer d'autres petits codeurs en herbe qui ont des besoins similaires.

mercredi 11 mars 2009

John C. Dvorak Likes Linux

C'est assez énorme pour que ça vaille la peine d'en parler : John C. Dvorak, un tech-journalist assez connu pour son aversion pour un peu tout ce qui existe, vient d'écrire un article dans lequel il clame son amour pour Ubuntu Linux (article dans lequel il en profite pour dire du mal de Windows et du bien de GNU/Linux et de MacOS :-).

Allez, c'est lui qui le dit : « The critical mass has been reached. Go download Ubuntu 8.10 and see for yourself what the fuss is about. You won't regret it ».

mercredi 11 février 2009

Test de OpenSuse 11.1

Au FOSDEM il y avait un certain nombre de stands qui proposaient gratuitement des liveCD, et j'en ai récupéré quelques-uns pour les tester, dont un OpenSuse 11.1.

Ça faisait quelques temps que je voulais voir d'autres trucs que Ubuntu ou Debian, donc j'ai profité d'un reboot de mon ordi pour lancer le LiveCD (LiveDVD, en fait) d'OpenSuse.

J'ai choisi de booter sur un environnement Gnome, histoire de comparer avec ce que je connais déjà bien. Globalement la distribution fonctionne bien, en particulier en terme de WiFi ou de gestion du double-écran. Le système était un peu lent, de manière générale et plus particulièrement quand je changeais une configuration (un utilitaire se lançait pour vérifier la validité des nouvelles options, c'est inclus dans Yast), mais je pense que c'était imputable plus au LiveCD qu'à la distribution elle-même.

Je n'ai pas pu tester l'installation/mise à jour des logiciels, à cause du LiveCD, donc je ne pourrai pas comparer leur système à apt-get/aptitude/synaptic. J'ai tout de même remarqué un certain nombre de différences par rapport à Ubuntu.

Les deux principales différences sont l'utilisation des outils avancés de Gnome (un menu pas classique, plus ergonomique pour les tâches quotidiennes, mais moins pratique pour aller chercher une application rarement lancée, avec en plus l'utilisation du panneau de configuration unifié de Gnome), et quelques différences dans les logiciels installés.

Dans les logiciels installés par défaut, OpenSuse utilise Banshee à la place de Rhythmbox, ce qui est logique car Novel soutient les logiciels écrits dans le langage qu'il développe (Mono). L'utilitaire Tomboy (prises de notes, aussi en Mono) est mis en avant sur la barre des tâches, et une appli de gestion de ToDo List, Tasquel (que je ne connaissais pas), est installée par défaut. On trouve aussi de nombreux logiciels un peu plus spécifique à une utilisation en entreprise (gestion de LDAP, de postfix, de Kerberos, etc.). Ubuntu, plus orienté vers les particuliers, a supprimé ces fonctionnalités qui surchargent le système et ne sont utiles qu'aux utilisateurs avancés ou faisant partie de réseaux d'entreprises.

Au final, si rien ne m'a déçu dans cette distribution, rien ne m'a enthousiasmé non plus. Ça ne me dérangerait aucunement de quitter Ubuntu pour passer à OpenSuse, je pourrais y faire exactement la même chose. Malgré tout, ça ne m'apporterait pas grand chose, et ça m'obligerait à apprendre à gérer les quelques différences minimes (emplacement de certains fichiers de conf par exemple), donc je n'ai pas particulièrement envie de migrer dessus pour le moment.

Les avancées majeures des distributions Linux, ce sont les projets tels que Gnome, KDE ou le noyau Linux qui les font. Les distributions ne font qu'intégrer les nouveautés, et elles le font toutes plus ou moins de la même manière et en même temps (sauf Debian :D).

Prochain test : OpenSolaris

lundi 2 février 2009

Le financement des logiciels

Cela fait extrêmement longtemps que je cherche à faire un billet sur ce que je pense de la viabilité économique des logiciels libres, de leur financement, et du rapport entre ce financement et les performances de ceux-ci ou de la qualité de leur développement. Je vais finalement faire une série de billets, pour essayer de mettre au clair mes pensées. Je le fais autant pour expliquer ma position à « mes » lecteurs que pour savoir moi-même exactement ce que je pense.

Je ne suis pas un économiste, je ne suis pas un vrai développeur, je suis encore moins un développeur professionnel. Je ne suis qu'un étudiant qui n'a pas encore de réels impératifs financiers, j'ai donc du mal à faire le tri entre tous les sentiments qui m'animent. Avant de mettre mes pensées sur papier, il faut que j'arrive à séparer celles qui sont la conséquence d'un extrémisme libriste, dans le style révolutionnaire communiste, et celles qui sont réfléchies, posées, découlant d'une analyse d'un maximum de facettes de la situation actuelle.

Une partie de moi a tendance à dire « Tout logiciel doit être libre et gratuit, et un développeur ne peut pas demander de rémunération. Ce serait contraire à l'esprit du logiciel Libre ». Ce n'est évidemment pas un discours constructif, il faut prendre en compte les nécessités financières du développement d'un logiciel de taille respectable et de qualité.

Un petit projet codé par une seule personne ou un petit groupe de développeurs, sur leur temps libre, peut se permettre d'être complètement gratuit. C'est l'équivalent d'un particulier qui décide de se porter volontaire pour une association caritative (croix rouge, wwf, resto du cœur…), ou bien pour un club sportif d'un de ses gamins. Un investissement désintéressé de son temps libre, pour faire vivre un projet, une cause, un idéal.

Le problème est tout autre pour des projets plus gros. Si un projet ne peut pas être mené à bien en ne mettant à profit que le temps libre d'un généreux codeur, aussi génial soit-il, s'il faut une équipe de codeurs à plein temps, il faut bien trouver une source de financement. Il faut payer les développeurs, leur permettre de manger et de payer leur loyer, etc. On trouve, dans cette catégories de projets, le noyau Linux, OpenOffice.org, Firefox, et bien d'autres. On ne peut dans ce cas plus considérer, bien que le projet soit sous GPL, que le logiciel doit forcément être gratuit.

Un autre problème survient quand un développeur bénévole, bien que très efficace et productif, n'est pas en mesure de faire progresser son projet chéri autant qu'il le devrait car il aurait besoin de plus de temps libre, mais qu'il doit bien garder son boulot. Il serait intéressant de pouvoir lui trouver une source de financement pour qu'il n'ai plus besoin que d'un boulot à mi-temps pour vivre, ou bien, dans le cas d'un projet en groupe, pour financer un des développeurs à temps plein, les autres développeurs gardant leur statut de généreux contributeurs bénévoles sur leur temps libre.

Je suis un grand amoureux du logiciel Libre et de sa philosophie, autant en tant que développeur/bidouilleur qu'en tant que simple utilisateur, et j'aimerais que les gens qui lisent mon blog comprennent pourquoi je m'accroche à une Ubuntu imparfaite, pourquoi je ne retourne pas sous le XP que j'ai acheté avec mon ordinateur, pourquoi je crois que le libre est un écosystème viable et qu'il ne faut pas être défaitiste dans le style « Bah, Linux c'est bien pour les geeks et pour bidouiller, mais quand il s'agit de faire des vrais trucs un MacOS c'est tellement plus confortable, osef du libre, le principal c'est d'avoir des vraies fonctionnalités ». Dans les prochains billets, je vais essayer d'expliquer quelles sont les sources de financement auxquelles je pense et que je considère comme sensées, viables, et permettant de faire avancer le logiciel libre.

Maemo 5

On commence à avoir de plus en plus de détails sur ce que sera la prochaine tablette internet de Nokia, propulsée par le système d'exploitation GNU/Linux Maemo.

Les deux principaux changements sont, à mes yeux, matériels (les autres avancées sont des conséquences de ces changements). La nouvelle tablette devrait avoir un processeur plus puissant, et une connectivité 3G. J'imagine qu'il y aura toujours une connectivité WiFi. Si tout cela se fait dans la même compacité, avec une autonomie égale (autour de 6 heures en navigation WiFi pour le N810, plus de 10 jours en mode veille), c'est du tout bon.

La connectivité 3G sera intéressante pour la mobilité, parce que le WiFi ça ne se trouve pas partout. C'est payant, mais c'est pratique.

Le processeur plus puissant sera très très très intéressant car un des reproches que je fais à la tablette est de manquer de réactivité sur les applications un peu lourdes, comme le navigateur internet. Bien évidemment, ça sera intéressant aussi pour les performances multimédia, en particulier la lecture de vidéos de meilleure qualité qu'actuellement (il faut réencoder les vidéos pour pouvoir les lire sur le N810, c'est peu pratique).

Il reste malgré tout quelques problèmes que j'aimerais voir adressés : d'un point de vue matériel, un écran tactile multitouch, et d'un point de vue logiciel une interface plus adapté au doigts (souvent les boutons sont petits et nécessitent l'utilisation du stylet alors qu'il pourraient prendre toute la surface de l'écran au lieu d'une petite fenêtre « modale » au centre).

dimanche 25 janvier 2009

Joe Sixpack et GNU/Linux

Llnk a partagé un article intéressant abordant la question de la relation entre les distributions Linux et « Joe Sixpack », censé représenter l'utilisateur moyen d'un ordinateur.

L'auteur de l'article est exaspéré de voir que beaucoup de journalistes de la presse informatique généraliste considèrent que « Linux est super et a fait plein de progrès, mais il n'est pas prêt pour le grand public pour la raison X ou Y ».

Quand on lit leurs articles, toujours selon l'auteur, on a l'impression que Linux devrait s'excuser d'avoir ses défauts, de n'être pas parfait. Il considère au contraire que Linux a de très nombreux avantages dont il peut être fier. Voici une liste, toujours selon lui, de ses avantages :

   * Frequent incremental releases
   * Continual improvements
   * Dominates super-computing
   * Dominates on the server
   * Dominates the embedded realm
   * Dominates in real innovation
   * Dominates in flexibility and customizability
   * Dominates in user-friendliness
   * Does not fuel the World Wide Botnet
   * Genuine innovation comes from Linux and FOSS
   * Bigger on the desktop than it is given credit for

Certaines de ces affirmations sont légèrement sujets à discussion, mais le principal est là.

Linux est le meilleur des systèmes d'exploitation

Pour moi, Linux est le meilleur des systèmes d'exploitation[1], pour plusieurs raisons.

  • C'est le seul qui soit gratuit[2]. Quand je vois la situation financière de millions de personnes en France, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne s'active pas plus pour faire en sorte qu'elles ne soient pas obligées d'acheter un Windows avec leur ordi.
  • C'est le seul qui respecte l'utilisateur. Windows encule les utilisateurs à sec, et MacOS met du lubrifiant, mais c'est pour pouvoir aller plus profond (excusez de la vulgarité de cette formulation, mais j'ai trouvé ça approprié).
  • C'est le seul qui s'installe sur un PC de base quasiment sans intervention de l'utilisateur, et qui est utilisable directement avec toutes les applications nécessaires.
  • C'est le seul qui est livré dès le départ avec les drivers pour gérer plus de 95% du matériel existant. MacOS fonctionne différemment donc c'est pas vraiment comparable, mais Windows est catastrophique dans sa gestion des pilotes (que ce soit XP, ou vista, il faut toujours mettre un CD d'installation pour brancher une imprimante par exemple…).
  • C'est la seule qui propose un gestionnaire d'installation de programme centralisé.
  • C'est le seul qui soit configurable à souhait au niveau du thème. Un MacOS ça ne se configure pas (à part changer légèrement une couleur), et Windows idem (sauf à installer un pack de crack dangereux pour pouvoir skinner le thème, mais c'est super galère et ça casse tout).
  • C'est le seul qui offre une pléthore de gestionnaires de bureaux pour tous les goûts, des plus complets aux plus légers. Sur les systèmes concurrents, il y a un seul environnement disponible.
  • C'est le seul qui peut s'adapter sur des toutes petites machines tout en étant encore mis à jour régulièrement.
  • C'est le seul qui permet d'être customisé par les vendeurs de matériel, gratuitement et facilement. Même un particulier peut créer sa propre distribution.
  • Il n'est que peu sensible aux attaques de virus. C'est peut-être un avantage qui serait moins vrai si il avait 50% de parts de marchés, mais c'est tout de même vrai à l'heure actuelle.
  • Etc.

Windows ou MacOS ont des avantages, mais ce n'est pas fondamental. Je m'explique. L'informatique grand public a 30 ou 40 ans. Replaçons nous en 2002, il y a 6 ans. Comparons une distribution Linux d'aujourd'hui à ce qui se faisait à l'époque.

Windows XP ou MacOS X n'était pas fondamentalement plus ergonomique à l'époque qu'une Ubuntu ou une Fedora moderne. La gestion des pilotes sous XP, qui venait de sortir, était bien plus problématique qu'aujourd'hui. Le système était moins stable, était bien moins sécurisé (et oui, avant le SP2 il y a eu un SP1, et un "SP0"), donc un Linux actuel est largement plus utilisable.

6 ans, c'est pas très long. On avait à l'époque 16 ou 17 ans. Vous n'allez pas oser m'affirmer que ce qui était accepté comme problèmes avec XP il y a 6 ans ne serait pas acceptable dans une distribution Linux d'aujourd'hui, si ?

Les distributions GNU/Linux ont peut-être quelques petites années de retard dans certains domaines, mais c'est largement surmontable, et elles sont largement aussi bonnes dans la plupart des cas, quand elles n'ont pas dix ans d'avance sur certains détails plus ou moins importants.

Si on ajoute à ça mes deux premiers arguments, qui sont la gratuité et le respect de l'utilisateur, je considère qu'aucun argument n'est valable pour essayer de démontrer que Linux n'est pas prêt pour le grand public.

Ma mère, Joe Sixpack Jane SixCupOfTea, est absolument incapable d'installer un Windows à l'heure actuelle. Elle devrait réussir à installer l'OS de base (à partir de vista, parce que XP c'est à moitié en mode texte au début, elle ne pourrait pas le gérer), mais elle serait bloquée devant un bureau vide, sans applications. Elle serait obligée d'utiliser IE, chercherait Firefox ou Office sur internet, tomberait sur un site de Warez, et participerait joyeusement à la puissance d'un botnet quelconque.

Notes

[1] Ok, Linux c'est un noyau, pas un O.S.

[2] Je met volontairement les BSD de côté, même moi j'ose pas tenter d'en installer une

mardi 20 janvier 2009

On y vient, doucement

Il n'a pas fallu longtemps pour avoir les premières annonces de projets liés à la nouvelle licence de Qt. Il semblerait que Ubuntu mobile s'intéresse un peu plus qu'avant à Qt pour la création de son interface. C'est rendu possible par la toute nouvelle compatibilité entre la licence des anciennes technologies (basées sur Gnome Mobile) et celle de Qt.

La technologie actuellement utilisée (Hildon, basée sur GTK, que l'on trouve aussi dans le N810) devrait être mise en concurrence avec un environnement en Qt. Que le meilleur gagne :-)

samedi 17 janvier 2009

Flash et Mono, même combat ?

Je me pose quelques questions à propos de ce qu'on doit penser de Mono, l'implémentation libre de .NET. En effet, si on suit la logique de la FSF, on devrait éviter d'utiliser ce genre de technologies plus ou moins « fermés », plus ou moins « propriétaires » et contrôlées par Microsoft (c'est pas moi qui le dit, c'est RMS lui-même).

Le problème, c'est que à propos d'une technologie un tantinet plus fermée que Mono, j'ai nommé Flash, la FSF et Stallman militent pour le développement et l'utilisation de son implémentation libre Gnash.

Y aurait-il là un double discours, avec d'un côté un refus d'utiliser une technologie parce que ses spécifications, bien que publiques, ne sont pas « Libres », et de l'autre, une incitation à utiliser une technologie à peu près équivalente mais dans son implémetation libre ?

Je dois avouer que je m'y perds un peu et je ne sais que penser, ni comment interpréter ces deux discours. Peut-être RMS tient-il un tel discours à propos de Flash parce qu'il sait qu'on ne peut plus l'éviter, alors que pour Mono, on peut toujours…

jeudi 15 janvier 2009

Qt sous licence LGPL

L'annonce qui a fait le plus de bruit aujourd'hui dans le monde des logiciels libres, c'est la mise sous licence LGPL du framework Qt. Ils en parlent un peu partout sur les blogs et les sites d'info technologique (pfiou, c'est dur de faire tout plein de liens — vous remarquerez que je laisse l'annonce officielle pour la fin — vous remarquerez aussi que j'avais dans ma phrase un mot de trop par rapport au nombre de liens que j'avais trouvé — j'ajouterai que je n'ai dans mon Google Reader aucun blog orienté Qt ou KDE, donc tout ça c'est juste de planet Gnome ou planet Ubuntu :-).

Un peu de background

Les débuts

Qt a été créé il y a plus de 15 ans par Trolltech, et est depuis très longtemps sous une licence multiple : GPL et propriétaire (et très chère, autour de 5000$ par développeur et par plateforme si j'ai bien compris). Les développeurs avaient donc le choix entre payer très cher pour utiliser Qt pour faire un logiciel propriétaire (comprendre « pas sous GPL » — il était donc impossible pour un petit développeur de faire un logiciel Qt propriétaire), ou faire un logiciel sous GPL. C'est d'ailleurs le cas de l'environnement de bureau KDE et de tous ses composants (sauf les librairies KDElib ne dépendant pas Qt, qui sont sous LGPL).

Le rachat par Nokia

Nokia a fait l'acquisition de Trolltech il y a quelques mois. La firme Finlandaise, bien que leader mondiale sur le marché des téléphones mobiles, se retrouve bien embêtée par l'arrivée de Apple, avec son iPhone et son AppStore performants (et peut-être aussi par celle de Google avec Androïd, voire du possible renouveau de Palm). Nokia a des téléphones, mais pas de plateforme logicielle vraiment intéressante, ni d'écosystème de développeurs autour de ceux-ci. C'est pour cela qu'elle a racheté complètement Symbian (qu'elle est en train de le rendre open-source) et qu'elle a fait l'acquisition de Qt.

La véritable force de l'iPhone, c'est la myriade de développeurs qui s'investissent dessus pour créer des applications. Nokia a donc besoin de créer le même mouvement autour de sa propre plateforme. C'est pour ça qu'il open-sourcent Symbian, une plateforme open-source attirant plus de développeurs (à potentiel technique ou parts de marché égales). De même, pour facilité le développement d'applications, ils ont acheté Qt, sont en train de le porter sur Symbian, et y ajoutent une licence LGPL qui permet à tous les développeurs de l'utiliser gratuitement.

Ce que signifie réellement ce rachat

Les développeurs auront désormais la possibilité de créer des applications propriétaires en Qt sur Symbian, Androïd ou Palm (vu que ce sont des Linux), ainsi que sur tous les grands systèmes d'exploitation, car Qt est vraiment multi-plateforme. Cela diminuera leurs couts tout en augmentant la portée de leurs applications, ils devraient être contents.

Nokia devrait voir sa plateforme adoptée, ce qui veut dire que ses téléphones seront plus intéressants. Peu importe de ne pas faire de bénéfices avec Symbian et Qt, de toute façon ils vendent des téléphones, pas des logiciels. C'est soit ça, soit ils se laissent bouffer par l'iphone sur le marché des smartphones grand publics.

Si tout fonctionne bien, Symbian, l'OS nouvellement libre, devrait s'améliorer, donc le libre progressera. De même, Qt étant plus utilisé (et Nokia ouvrant le code aux contributions extérieures), il ne devrait que s'en améliorer. Une fois encore, le libre gagne.

Les bouleversements que cela crée

Jusqu'à présent, je parlais quasiment exclusivement de ce qui allait changer dans le monde des téléphones mobiles, smartphones et autres appareils portatifs, mais ce changement va avoir des conséquences sur les ordinateurs de bureau.

Gnome

Gnome est le « concurrent »[1] historique de KDE. Il n'est pas basé sur Qt, mais sur GTK+. En effet, au tout début Qt n'était pas libre, un environnement de bureau libre ne pouvait donc pas l'utiliser.

GTK+ a toujours été sous licence LGPL. Cela a permis de créer une sorte d'écosystème impliquant des petites boites qui développaient des applications en GTK+, et qui participaient au développement de celui-ci. C'est d'ailleurs l'argument principal qu'avançaient les développeurs Gnome ou GTK+ pour expliquer pourquoi ils ne voulaient pas développer en Qt. La GPL était trop restrictive pour eux et pour les boites qui les employaient.

Le problème, c'est que malgré cette implication d'entreprises commerciales censées apporter de l'argent, GTK+ n'a jamais été aussi performant que Qt, et a toujours été plus difficile à utiliser que ce dernier[2]. Le modèle économique de Qt semble donc avoir été plus efficace.

Cela tuera-t-il Gnome et GTK+ ?

Il semble assez clair (je m'avance peut-être un peu) qu'il est désormais plus intéressant pour une entreprise ou un développeur d'investir son argent ou son temps dans le développement d'applications en Qt que de faire la même chose en GTK+.

Je ne pense pas pour autant que ça va tuer GTK ou Gnome. Tout d'abord, avec les réflexions qui ont lieu en ce moment pour la création de Gnome 3, il est possible qu'ils sortent des concepts très intéressants et des fonctionnalités que KDE ne pourrait pas proposer, peu importe les considérations techniques au niveau du framework utilisé. D'ailleurs, c'est déjà vrai à l'heure actuelle et c'est ce qui me fait préférer Gnome à KDE. Gnome est plus simple, plus utilisable que KDE. Il est plus facile à prendre en main et à découvrir. KDE propose quelques fonctionnalités assez fun, comme les widgets sur le bureau ou l'intégration de base des effets 3D, mais il est vraiment trop complexe à utiliser. Sa souplesse et sa profusion d'options en font peut-être un très bon environnement pour certains, mais selon moi un débutant sous Linux ne peut absolument pas utiliser KDE (c'est d'ailleurs pourquoi Ubuntu a choisi Gnome et non KDE comme environnement par défaut)[3].

D'autre part je ne vois pas pourquoi, l'attention de certains développeurs étant redirigée vers Qt et KDE, cela devrait absolument détruire Gnome et GTK+. Les principaux développeurs de ces deux projets ne vont pas les abandonner du jour au lendemain. Ils maitrisent leurs technologies, et ont beaucoup investi dedans. Si Gnome devait en pâtir, ça se ferait petit à petit sur le long terme. On a encore de nos jours de nombreuses applications en tcl/tk ou wxWidget, je ne vois pas pourquoi les applications en GTK+ devraient disparaitre d'ici à un ou deux ans… De plus, le Libre fonctionne sur un système d'émulation, où les développeurs utilisent les technologies qui leur conviennent, pas celles qui conviendraient mieux à la majorité des utilisateurs (venant de Windows qui plus est…) ni celles qui sont les plus jolies.

Selon moi, on n'aura donc au pire qu'un ralentissement progressif du développement de Gnome et GTK+.

Qnome ?

Mark Shuttleworth, le créateur de Ubuntu, a affirmé il y a quelques mois qu'il serait tout à fait possible de créer un environnement de bureau basé sur Qt, mais respectant l'esprit de simplicité pour l'utilisateur qui modèle le développement de Gnome. Il disait que c'était techniquement possible, et que rien ne s'y opposait si ce n'était la licence un peu restrictive de Qt.

À l'époque, je crois que c'était une simple affirmation sans volonté de se lancer dedans, ni d'inciter d'autres personnes à s'y investir, mais à partir de maintenant, avec la nouvelle licence de Qt, cela ne m'étonnerait pas que des développeurs se lancent dans un « Qnome », ou dans un « Knome ».

Il y a deux ou trois jours, j'étais d'ailleurs en train de me renseigner sur le sujet (vraiment par hasard, je n'avais pas prévu l'annonce de Nokia), car il y a plusieurs environnements de bureau basés sur GTK+ (Gnome, LXDE et Xfce, peut-être d'autres que je ne connais pas), mais un seul basé sur Qt (KDE). J'ai bien cherché, mais je n'en ai pas trouvé d'autres. Il y a bien eu un projet nommé KDE-light il y a quelques années, mais il a visiblement été abandonné.

Si un « Qnome » était lancé, je pense que ça entrerait vraiment en concurrence avec Gnome, bien plus que ne pourrait le faire KDE ou l'apparition de logiciels propriétaires en Qt, quelle que soit sa licence. Deux environnements basés sur des technologies différentes, mais partageant les mêmes objectifs ne peuvent que se marcher sur les pieds en terme de « parts de marché ».

Notes

[1] Dans le monde du libre, il n'y a pas vraiment de concurrence, il y a de l'émulation et une offre de choix variée pour remplir tous les besoins :-)

[2] Principalement en terme de multi-plateforme, mais aussi en terme de fonctionnalités. J'ai vu un peu les deux, et je dois avouer que je préfère vraiment Qt (par contre, j'affirme des choses que je n'ai qu'entendu, donc ne lancez pas une flame war ^^).

[3] Encore une fois, ce n'est qu'une impression personnelle, mais je ne suis pas le seul à voir ça de cette façon

samedi 3 janvier 2009

Connards du libre

Cela fait longtemps que je dois faire un petit billet sur le thème « Les connards du Libre ». Je l'avais décidé il y a très longtemps, je me l'étais rappelé il y a longtemps, et je ne m'y mets que maintenant. C'est la lecture d'un article traduit sur le Framablog qui me l'a rappelé.

Rappel des faits

Début novembre, l'APRIL a lancé une campagne d'adhésion et a choisi Tristan Nitot, président de Mozilla Europe pour représenter cette campagne.

Jusque là, on se dit que tout va bien. Une grosse association de défense du libre choisit une des personnalité française les plus connues dans le milieu pour la représenter, rien de plus normal.

Seulement, lors de l'annonce sur LinuxFR, la nouvelle a été assez mal accueillie. Le premier commentaire a d'ailleurs critiqué ce choix de personnalité, estimant que Tristan Nitot ne représentait pas les idéaux de l'APRIL.

A suivi, sur le Standblog, ainsi que sur d'autres blogs, un mouvement de protestation, sur le thème de « Connards du Libre », contre cette catégorie de personnes qui ne viennent commenter sur LinuxFR que pour critiquer, troller, râler.

Analysons un peu la situation

Il est vrai qu'il y a un certain nombre de problèmes dans la communauté du libre. Le premier point traduit dans le Framablog le dit clairement : de nombreux utilisateurs se trompent d'ennemis, et se mettent à critiquer sans réelle justification tous les projets qu'ils n'utilisent pas. Il y a ainsi de très nombreux trolls dans les commentaires de LinuxFR.

Je ne leur jette pas pour autant la pierre. Personne n'est parfait, et la plupart du temps ces personnes ne trollent que parce qu'elles n'ont pas une connaissance assez vaste de l'ensemble des projets dont elles parlent. D'ailleurs le point 6 de l'article mentionne le fait que « il semblerait que ceux qui passent leur temps à cracher sur Microsoft ne contribuent jamais à aucun projet ».

Même si Tristan Nitot mentionne que ces « Connards du Libre » sont une minorité, il y a quelque chose dans sa façon de décrire les choses qui me dérange. On a l'impression, en l'écoutant, qu'il n'y a que dans le libre qu'il y a ce genre de personnes ou ce genre de comportements. Or, ce n'est pas du tout le cas, il y a autant de gros cons dans le monde de Windows ou dans celui de Mac OS.

Les fan-boy Apple sont tout aussi chiants que les trolleurs sur LinuxFR. Si quelqu'un va sur un forum Mac pour dire que « Linux c'est bien, mangez-en », il ne faut pas attendre longtemps pour voir apparaître de nombreux messages de haine envers Linux de la part des Fan-Boy Apple. Si un utilisateur de MacOS vient sur LinuxFR et prétend devenir le représentant national de la cause du Libre en France, il ne faut pas s'étonner d'avoir ce genre de réactions.

Le vrai problème

Le problème est malheureusement bien plus profond qu'un simple troll. Tristan Nitot a beau être un représentant idéal pour Mozilla, il n'en reste pas moins un utilisateur de MacOS, et ça se sait. Son discours est le suivant : « Firefox c'est bien, mangez-en » (jusque là tout va bien, car même si Firefox n'est pas parfait, il pousse quand même tous les navigateurs dans la bonne direction). Si on analyse son discours un peu plus loin, on obtient quelque chose du genre : « Firefox c'est bien, le logiciel libre c'est bien, mais je n'utilise pas Linux parce que c'est pas assez bien. Je préfère utiliser MacOS, car même si je perds ma liberté et si ce faisant je soutiens la mentalité liberticide de Apple, je préfère gagner un peu d'autonomie et de confort sur mon ordi personnel ».

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je ne vois pas comment un utilisateur de logiciel libre, adhérant à l'APRIL, connaissant les problèmes auxquels fait face la philosophie du Logiciel Libre, peut accepter d'être représenté de manière plus ou moins officielle par quelqu'un tenant ce discours. Il est pour moi tout à fait normal que des commentateurs sur LinuxFR critiquent la décision de l'APRIL de choisir Tristan Nitot. C'est d'ailleurs en substance le point 9 de l'article du Framablog dont il est question, sauf qu'au lieu d'accepter d'avoir un peu de logiciel privateur dans un environnement libre, Tristan Nitot affirme qu'il est acceptable d'avoir un environnement privateur, du moment qu'on a un peu de libre par dessus…

Si c'est ça, être un « Connard du Libre », et bien sachez que je serais très fier d'être considéré comme tel. Je n'ai pas participé aux commentaires de l'annonce LinuxFR, mais j'en aurait été capable et mon discours n'aurait pas plu à Tristan Nitot.

jeudi 1 janvier 2009

Petit passage à KDE

Depuis quelques jours, je suis passé sous KDE. Les raisons qui m'y ont poussé sont multiples :

  • Je voulais tester autre chose que Gnome (pour avoir une meilleure vue d'ensemble des environnements de bureau. J'ai testé xfce il y a quelques semaines) ;
  • Je voulais tester KDE4 (j'avais testé KDE3.5, je n'avais vraiment pas aimé) ;
  • Firefox me fait chier à ne pas être intégré dans Gnome, et comme je ne trouve pas de navigateur acceptable en GTK, je me suis décidé à tester Konqueror ;
  • Après mes débuts en programmation, je me suis dit qu'il serait peut-être bien d'apprendre un vrai langage, plutôt qu'un langage de script (python, ruby, etc.), et que le GTK c'est pas le top. Comme Gnome est codé en C, et que je préférerais apprendre un langage objet un peu plus fun, je me dit que KDE, en C++, me conviendrai mieux. De même QT a l'air plus cool à coder que GTK, et est véritablement multi-plateforme.

Donc allons-y pour KDE+QT+C++. Pour l'instant je n'ai pas beaucoup avancé dans le C et le C++. Je suis le tuto sur le site du zéro, mais comme je passe mon temps à tripatouiller les préférences de KDE, je n'en suis qu'au début du tuto sur le C, et je n'ai pas du tout touché à QT :-(.

J'ai installé KDE en parallèle à Gnome, en installant le méta paquet kubuntu-desktop. C'est un peu bourrin, mais au moins j'ai accès à toutes les applications. En plus, cela me permet, quand je suis sous KDE, d'avoir accès à toutes mes appli Gnome (gestionnaire de mot de passe, bookmarks dans firefox, etc.).

Mes premières impressions de KDE sont assez mitigées. Le bureau est bien et beau, surtout avec les effets 3D activés, mais j'ai toujours du mal avec le thème de base de QT. Il manque de relief et les différents éléments dans les fenêtres sont parfois difficiles à discerner. Je n'ai pas vraiment testé d'autres thèmes, on verra bien ce que ça donnera.

Il est bon d'avoir beaucoup d'options pour pouvoir personnaliser son environnement, mais là il y en a peut-être trop. Certains comportements par défaut ne me plaisent pas, et il est très difficile de trouver l'option en question. On se perd très rapidement dans les différentes sections du panneau de configuration. Gnome offre beaucoup moins de personnalisation, mais a des comportements par défaut qui sont plus logiques (je me trompe peut-être, vu que j'ai passé trois ans sous Gnome, donc on verra avec le temps).

KDE4 manque globalement de maturité et de stabilité. Il est largement utilisable, mais il y a des petits détails ici ou là qui sont gênants (une appli qui plante, du texte qui s'affiche n'importe comment, etc.). Mes premiers essais de Konqueror semblent à peu près concluants, mais comme je ne l'ai pas vraiment configuré je ne peux pas encore vraiment le critiquer.

samedi 22 novembre 2008

Modifications de comportement dans le prochain Firefox

Je viens de lire un billet d'un gars qui se plaint du fait que certains éléments de Firefox sont modifiés à chaque nouvelle mise à jour.

Je suis d'accord avec lui sur certains points : de nombreux utilisateurs sont déçus d'un nouveau comportement lorsqu'un logiciel est mis à jour. Par contre, ce bloggeur voudrait disposer de la nouvelle version, avec les améliorations de performance, sans les modifications de comportement. ensuite, il critique le fait que ce soit des comportements par défaut d'autres navigateurs, tels que IE, Opera ou Safari, et affirme que s'il voulait ces fonctionnalités, il utiliserait un de ces trois navigateurs.

Et là je ne suis pas du tout d'accord avec lui. Il n'y a que peu de changements faits à chaque nouvelle version du navigateur. Si les développeurs de Mozilla ont décidé de faire ces changements, c'est qu'ils sont demandés par énormément de gens, et qu'ils sont nécessaires pour que plus de monde utilise le navigateur. Le fait que les fonctionnalités soient disponibles grâce à des plugins ne veut pas dire qu'elles ne doivent pas être mises par défaut. Les fonctionnalités qui ne plairont pas à une majorité d'utilisateurs ne sont jamais intégrées de base, donc personnellement je fais confiance à Mozilla. S'il existe vraiment beaucoup de monde qui ne veut pas de ce changement, une extension peut sûrement être créée pour remettre en place l'ancien comportement.

De plus, le fait qu'une fonctionnalité provienne d'un autre navigateur ne veut pas dire qu'elle est mauvaise, et si c'est une bonne fonctionnalité, ça ne justifie en rien l'utilisation de l'autre navigateur, étant donné qu'il est propriétaire et qu'on peut y être opposé pour d'autres raison que de simple fonctionnalités.

Tout ça pour dire que considère que Firefox est le meilleur des navigateurs. Webkit est peut-être le meilleur des moteurs de rendu, mais en tant que navigateur Firefox est meilleur. Son seul handicap est Gecko et sa consommation de ram, mais je n'ai pas trouvé d'alternative acceptable sous gnome. J'ai passé quelques jours avec Epiphany, sa version Gecko est aussi lourde que Firefox, en étant moins ergonomique, et la version webkit n'a quasiment aucuns plugins, donc est complètement anti-ergonomique. Je n'ai pas testé les autres navigateurs en GTK, mais je ne me fais guère d'illusion.

dimanche 16 novembre 2008

Petit essai de Xubuntu

J'ai fait un petit essai de Xubuntu aujourd'hui, histoire de voir ce que ça valait. J'avais espoir de trouver un système léger et ergonomique, mais j'ai été très déçu.

Xubuntu n'est pas sensiblement plus léger qu'Ubuntu, en terme d'utilisation de mémoire. C'est sûrement dû au fait que la moitié des programmes installés par défaut sont des programmes Gnome, dont un certain nombre de services d'arrière-plan. De plus, toutes les applications propres à xfce, bien que très légères et très réactives, sont extrêmement peu ergonomiques. Il n'y a pas d'options là où on le voudrait, il n'y a pas de glisser-déposer, etc. Bon, au moins, c'est plus réactif, mais un Gnome dont on a supprimé une partie des services fait à peu près aussi bien.

Ce n'est pas pour moi, je suis retourné sous Gnome au bout de quelques heures.

samedi 1 novembre 2008

Carte WiFi PCMCIA compatible Linux

Comme vous l'aurez peut-être remarqué, j'ai de gros problèmes de WiFi avec mon ordi sous Ubuntu. Il ne m'a pas fallu très longtemps pour comprendre, via quelques rapides recherches sur internet, que le problème venait du pilote de ma carte WiFi interne, une Intel 2200bg etc. , dont le pilote sous Linux est ipw2200. En gros, la carte fonctionne, elle est reconnue, elle arrive à se connecter aux réseaux WiFi, même avec WPA et WPA2, et je peux aller sur internet. Par contre, dès que je commence à générer beaucoup de trafic (Multiposte de Free, ou téléchargements de podcasts, genre diggnation), ou que d'autres personnes utilisent beaucoup le réseau, je perds la connexion. Elle se coupe, plus rien ne passe, et je dois la relancer. Quand je suis en train d'essayer de faire de l'admin à distance sur un serveur, avec plusieurs connexions ssh et des tunnels en chaine, c'est vraiment invivable.

Je suis donc allé à la FNAC pour acheter une carte WiFi externe. J'avais choisi un modèle au préalable sur internet : une D-Link DWA 610 System RT2561/RT61 rev B 802.11g (c'est comme ça qu'elle apparaît sur mon ordi, désolé pour tous les détails mais ça pourrait aider quelqu'un qui fait une recherche Google). Cette carte fonctionne magnifiquement bien sur mon Ubuntu Intrepid. je suis rentré de la FNAC, je l'ai sortie de la boite, je l'ai insérée dans le slot PCMCIA, et 10 secondes plus tard j'étais connecté au wifi de ma maison. Même pas besoin de rebooter ou d'activer un module, ça a fonctionné directement. Et bien sûr, depuis je télécharge plein de trucs, je regarde la télévision, et ça ne coupe pas :-).

Ah, et sur la boite de la carte, il y a un beau logo GNU/Linux (enfin, plutôt un logo Linux, mais bon…), en tout premier, sur le devant de la boite, au dessus des logos Vista et XP :-) Vive D-Link.

jeudi 30 octobre 2008

Ce que Gnome ne devrait pas faire

Il y a des choses que Gnome devrait faire, il y en a d'autres qu'il ne devrait pas faire, et continuer à supporter Evolution en fait partie.

Bon, je m'explique : Evolution est le client mail que j'utilise, et il fait à peu près tout ce que je veux de manière correcte, et je n'arrive pas à utiliser un autre client. Les autres clients, ça veut dire Thunderbird et Claws Mail (j'en ai testé un ou deux autres, mais j'avais encore moins été satisfait). Le premier n'est pas un client fait pour Linux, il ne s'intègre pas du tout à Gnome (la plupart des plugins vraiment bien ne fonctionnent que sous Windows), et le deuxième est bien trop complexe, avec une interface surchargée et un nombre d'options incroyable. Cela fait donc d'Evolution le meilleur client mail disponible sous Gnome, à mes yeux, et aux yeux des développeurs de Gnome et de Ubuntu, puisque c'est celui qui y est inclus.

Le problème, c'est qu'avec l'apparition de nouveaux usages d'un ordinateur, avec le développement de nouvelles applications, il est important de disposer d'applications extrêmement modulaires, de façon à pouvoir être intégrées les unes aux autres. Evolution devrait gérer uniquement les mails, pas le calendrier, les contacts, les notes ou une liste de tâches à effectuer. Pour les contacts, le problème est le même avec Gmail : on peut très bien avoir des contacts dont on n'a que l'adresse postale, ou que le numéro de téléphone, mais un client mail est souvent inadapté à la gestion de ce genre de contacts. On peut aussi avoir une liste de contacts de messagerie instantanée (ou plusieurs), et là encore la configuration actuelle ne permet pas d'intégrer efficacement les deux services. Le carnet d'adresses d'Evolution devrait être séparé, de manière à ce que d'autres applications puissent l'utiliser plus librement. Il en va de même avec le calendrier, il faut le détacher et en faire une application à part entière. Evolution y aurait toujours accès, mais d'autres applis pourraient y accéder bien plus facilement. Bien évidemment, j'ai le même avis en ce qui concerne les notes, ou la liste des tâches.

Le problème c'est qu'Evolution est annoncé comme étant un Groupware, et non un client mail. Il est donc normal que lorsqu'on cherche à aller voir ses mails, on se retrouve à lancer l'ensemble des fonctionnalités, mais c'est dommage. Ça crée une application plus lourde que si elle était découpée en plusieurs morceaux, et ça n'apporte pas de réel avantage. L'intégration doit se faire au sein de l'environnement de bureau complet, pas uniquement à l'intérieur d'une application. Le développement d'applications indépendantes disposant d'API puissantes pour intéragir entre elles est bien plus profitable à un projet libre qui se veut modulaire et évolutif qu'une grosse application monolithique telle qu'Evolution.

Prendre efficacement le contrôle de mon ordi

Quand je suis passé à la version beta d'Intrepid Ibex, la nouvelle version d'Ubuntu (qui va sortir en version définitive aujourd'hui-même), je n'avais pas reconfiguré l'ensemble de mon bureau, et en particulier mes raccourcis clavier. Les raccourcis clavier sont quelque chose d'important quand on effectue régulièrement la même action ou qu'on ouvre souvent certaines applications.

Dans mon cas, les raccourcis en question concernaient l'ouverture d'une console, que je met toujours en Super+x (enfin, en azerty, parce que en bépo je dois mettre Super+y), et des raccourcis pour passer une fenêtre au premier plan en permanence, ou pour la faire apparaître sur tous les espaces de travail (c'est extrêmement utile pour les vidéos/films/séries quand on ne peut pas les passer en plein écran mais qu'on ne veut pas qu'elle disparaissent derrière une autre application). Je viens donc de remettre ces raccourcis en place, et ça change la vie. Plus besoin d'aller cliquer pour ouvrir une console (de toute façon, si on ouvre une console on va avoir besoin de taper au clavier, donc autant s'y préparer le plus tôt possible), ni d'aller dans un menu pour cocher une option de comportement de mes fenêtres vidéos.

Par contre, et là où ça commence à devenir intéressant, c'est que je me suis dit que si c'était super utile pour ces deux ou trois actions, pourquoi ne pas assigner d'autres raccourcis pour d'autres actions que j'effectue bien plus souvent, même si je n'en ressentais pas le besoin. J'ai donc ajouté des raccourcis pour lancer Firefox, Nautilus, Evolution, et d'autres pour exécuter des scripts que j'utilise souvent (comme celui qui me sert à relancer mon wifi quand il plante). Et hop, plein de place libérée sur le panel qui me sert à entreposer mes liens de lancement rapide.

Encore plus intéressant, je me rappelle alors qu'il y a des gens qui utilisent des lanceurs spécialisés pour faciliter tout cela, et lancer des applications ou ouvrir des documents sans y avoir associé de raccourcis clavier. Je cherche un peu sur Google, qui me rappelle l'existence du raccourcis Alt+F2 (mais il n'est vraiment pas très pratique), puis je tombe sur ce que je cherchais : GnomeDo (je crois qu'il y a un programme équivalent sous MacOS qui s'appelle Quicksilver). Je suis donc en train de tester ce programme.

Son principe est simple. Une fois lancé (on peut le lancer au démarrage de la session), on l'invoque avec un raccourcis clavier (par défaut +Espace, c'est super facile à retenir et à effectuer), on a une sorte d'invite de commande, dans laquelle on tape le nom d'une application, ou une partie du nom d'une application, voire le nom d'un fichier. On peut naviguer très rapidement avec Tab et les flèches pour modifier l'action si celle par défaut n'est pas celle voulue, et quand on tape sur Entrée, il lance l'application, exécute le script, ou ouvre le document choisi avec l'application demandée. En une fraction de seconde on a fait ce qu'on voulait, là où on mettait plusieurs secondes à le faire en devant naviguer dans des menus ou dans un navigateur de fichiers. C'est classe, c'est efficace, c'est rapide, et il y a plein de plugins pour ajouter le support de dizaines d'autres fonctionnalités (ouvrir des mails, envoyer des messages instantanés, etc.), je sens que je vais bien m'amuser à les tester.

mardi 30 septembre 2008

Comment gagner 580 Mo sur son disque dur ?

Tout simplement en virant les anciens noyaux encore installés. Je n'y avais pas touché depuis l'installation du système en avril dernier, j'avais donc trois noyaux et leurs dépendances respectives qui trainaient là, inutiles et prenant de la place. En les virant j'ai gagné 580?Mo. Un jour ou l'autre il faudrait que le système propose de supprimer les noyaux trop vieux lors des mises à jour (en gardant le nouveau et l'avant dernier seulement, ça permettra à monsieur et madame Michu, qui n'ont aucune notion de ce qu'est un noyau, et qui gardent la même version du système pendant plusieurs années, de ne pas perdre plusieurs Go de place à cause de noyaux vieux comme le monde.

- page 1 de 2