Le nouveau visage de l’industrie musicale ?

Le site Rue89 vient de sortir un petit dossier en quatre parties traitant du MIDEM, un salon de l’industrie musicale :

En le lisant, certains éléments m’ont semblé intéressants.

Il s’est vendu plus de 66 millions d’albums en France l’année dernière. Cela représente donc à peu près un album par personne. Comme j’en ai acheté entre dix et quinze, je suis un très mauvais pirate… Ce n’est pas avec moi qu’ils arriveront à représenter une caricature de pirate qui fait du mal au monde de la musique.

Le reste de la première partie confirme ce que je pensais. Tout d’abord, les maisons de disque s’en mettent plein les poches grâce aux produits dérivés et aux concerts. Ensuite, les disques qui perdent le plus de revenus sont les singles ou CD deux titres, vendus principalement en grande surface, et comme en général c’est plutôt de la très mauvaise musique (illona mitrecey, pinochio, crazy frog et autres), ce n’est pas très grave. Ensuite, ils sortent deux ou trois généralités pour dire que le CD suit la même voie que le vinyle et pour basher sur les DRM (comme s’ils avaient toujours été contre et qu’ils nous délivraient courageusement).

La deuxième partie nous rappelle qu’il y a des procès, et qu’il va devenir nécessaire pour les internautes de télécharger illégalement leur musique sur rapidshare (de toute façon, quelqu’un ne voulant pas payer sa musique ne la paiera pas, il faut juste qu’il trouve un moyen de le faire sans être attrapé). Ensuite, on voit d’autres exemples de produits dérivés que l’industrie musicale est en train de monétiser (comme vendre des clips musicaux… mmmmh… il y a des gens qui achètent des clips musicaux ?). Qui a dit que c’était la crise ?

La troisième partie parle des nouveaux acteurs, maisons de production innovantes, diffuseurs, etc. Visiblement, ce n’est pas la crise pour eux, puisqu’il en pousse comme des champignons. On remarquera tout de même que tous ces nouveaux venus tournent autour de l’internet et ou du portable, preuve que les reproches faits à l’industrie du disque ces dernières années portent peu à peu leurs fruits. Internet est un potentiel, pas un problème, ils commencent seulement à s’en rendre compte (enfin, c’est plutôt d’autres personnes qui s’en sont rendu compte, et qui en profitent au dépend des anciens acteurs).

La quatrième et dernière partie du dossier, traitant de la gratuité et du financement par la publicité, est celle qui me semble la plus problématique. Ils donnent l’exemple de deux des plus gros acteurs qui se financent par la pub : Deezer et Airtist. Deezer génère moins de 150.000€ par an de revenus pour la SACEM, et Airtist, bien que plus rentable par titre, n’a généré en 2008 que 50.000€. C’est vraiment très peu, et jamais les producteurs ne s’en accommoderont. Ce n’est pas plus mal d’ailleurs, car je n’aime pas le financement « par la pub », d’une manière générale. Ça augmente le prix d’autres produits, en générale des produits alimentaires, et ça insère des intermédiaires dans les chaines de financement des artistes.

Et pour finir en beauté, voici une super citation intelligente :

tant que le téléchargement illégal existera, faussant les mécanismes du marché, il sera difficile de trouver le juste prix de la musique en ligne.

On prend le téléchargement illégal comme la cause de tous les maux de cette industries, et non comme la conséquence inévitable de ses faiblesses et de l’avidité de ses acteurs, comme ça on a un coupable facilement identifiable… Bordel de merde, vendez de la musique digitale à 50ct le morceau, sans DRM, sans faire de pub et en supprimant les intermédiaires et les coûts inutiles (distributeurs et autres), ça fera masse d’argent pour les artistes/techniciens/producteurs. Ça cassera les habitudes de piratage des gens, et ils iront toujours aux concerts pour vous faire gagner encore plus d’argent si vous êtes bons.

Il faut arrêter de prendre les gens pour des débiles, à leur vendre des morceaux à 1€30 dont le tiers ou la moitié va au distributeur final, alors que l’artiste lui-même serait presque capable de louer une dédibox et de récupérer plus d’argent en vendant ses morceaux lui-même à 30ct…

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